‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 1Chapitre 306 sur 338 · BIRS-NIMRTJD, RUTÏTES DE LA TOUR DE BABEL · texte numérisé non relu

BIRS-NIMRTJD, RUTÏTES DE LA TOUR DE BABEL

que les Chaldéens auraient été redevables de leur initiation dans la division du temps. Pour de pareilles besognes il leur fallait indiquer les heures de travail et les heures de repos, choisir également un jour pour la complète cessation des efforts musculaires et la reconstitution, de l'énergie : ce fut le sabatu, le « sabbat », que l'on consacra d'abord très simplement à la récupération des forces, et qui, plus tard, chez les juifs, et spécialement chez les chrétiens fanatiques, allait être transformé en jour de prière, de macération et de mortel ennui. Les nécessités du travail avaient si bien réglé la vie chez les Chaldéens que les dieux eux-mêmes étaient censés se reposer le septième jour. Ainsi le monde fut créé en six jours, et le septième jour, Dieu se délassa de son

REl'OS HEBDOMADAIRE

œuvre, considérée comme accomplie. De même, suivant la légende babylonienne, non exactement reproduite à cet égard par les livres hébreux, le déluge prit fin le jour du sabbat, après six jours d'ouverture des « bondes célestes » : les nuages, travailleurs obéissants, avaient, eux aussi, droit à reprendre des forces. Le mythe créant la divinité ne pouvait que lui donner les mœurs de l'homme lui-même.

Avec son cortège de connaissances et de notions exactes sur la division de l'espace et du temps, l'art de remuer la terre et d'entasser la brique que les Chaldéens avaient poussé si loin leur

inspira certainement

un grand orgueil ; la Genèse, reflétant cet esprit, nous raconte que les bâtisseurs de Babel, élevant leurs tours jus qu'aux cieux, avaient surtout l'ambition pourmobile: ils voulaient que leur nom fut répété par toute la terre, et il le fut en effet, car le Créateur, jaloux de leur gloire, descendit tout exprès du ciel pour confondre leurs langages et faire cesser le bon accord.

Rivaux de Dieu, puisqu'ils voulaient faire monter leurs tours jusqu'aux demeures éternelles, lés Babyloniens dépassèrent en tout cas l'humanité entière par les proportions de leurs murailles de défense ; il ,ne paraît pas que même de nos jours, chez nos peuples militaires disposant d'un énorme budget, d'un si grand personnel de soldats et d'une si puissante industrie, une seule ville fortifiée ait des enceintes qui puissent se comparer, pour les dimensions, à celles de Babylone.

Que l'on s'imagine, en effet, un rempart extérieur ayant environ 90 kilomètres en développement, une hauteur de 10 mètres sur une épaisseur de 3o, et 260 tours dominant le parapet du mur. Au nord, un premier obstacle barrait les approches de Babylone sous la forme

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