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OBSERVATIONS ASTRONOMIQUES

les Chaldéens civilisés, groupés en des cités populeuses, n'étaient point des bergers et devaient leur développement intellectuel à leurs mœurs agricoles et sédentaires. Les peuples de leur voisinage, Arabes et Touraniens qui étaient bien des pasteurs nomades, auraient été dans ce cas beaucoup plus favorisés dans leurs études du ciel.

Non, la nécessité est la mère de l'industrie dans la plus haute accep-

Dessin de G. Roux, d'après une photographie.

BABIL (PORTE DE DIEU) SUR L'EtTPHRATE

Massif de briques de 180 mètres de côté et de 45 mètres de haut; reste probable des jardins suspendus construits par Nabuchodonosor (Fr. Kaulen).

tion du mot; elle est la mère de la science, et c'est parce que des marins de Babylone avaient le plus urgent besoin de trouver un point fixe dans le ciel qu'ils découvrirent le pôle céleste, qu'ils observèrent la rotation apparente de la voûte étoilée avec ses constellations diverses gardant toujours leurs distances relatives, et qu'ils apprirent à connaître les planètes ou astres errants. Ils devinrent astronomes parce qu'ils étaient marins, et les Phéniciens furent leurs élèves. Il est vrai que plus tard, lorsque l'oppression eut tué toute initiative chez les popu-

^N^X^XlIi- Océan Célesfe^T^sXj^

lations de la Mésopotamie, lesélèvesayantémigrédel'archipcl de Bahrcïn vers les côles de Syrie et pris pour champ d'action la plus vaste des cinq mers à eux connues, ces élèves devinrent des maîtres : des rois d'Assyrie et le conquérant Alexandre firent équiper des navires par des marins de Tyr et de Sidon 1 ; mais la marche même de la civilisation dans le bassin de la Méditerranée déplaçait forcément les centres d'activité mentale et matérielle.

D'ailleurs les documents sont là. D'après les recherches d'Oppert

sur les inscriptions assyriennes, on peut affirmer que les astronomes de la Chaldée avaient fait des observations suivies sur la lune, le soleil, les étoiles errantes, pendant un espace de temps considérable, ils avaient constaté le retour des éclipses par groupes réguliers. Ils connaissaient très bien la période de 223 lunaisons — 18 ans n jours — , le Saros, et en auraient observé une cent fois plus longue, i8o5 ans ou 22826 lunaisons, comme la mesure du retour normal des éclipses dans le même ordre. L'éclipsé choisie comme point initial d'un de ces cycles, spécialement mentionné, nous ramène à 1 3 4 4 2 années avant l'an 1900 de l'ère usuelle des chrétiens, et l'on admet que cette date correspond à une coïncidence entre une éclipse solaire et le lever de l'étoile Sirius a .

Quoi qu'il en soit, on ne saurait douter que la science chaldéenne ait devancé les connaissances de tous les autres peuples relativement aux divisions du temps, réglées par le mouvement des astres. Le parcours moyen journalier de la lune sur la circonférence de la sphère céleste, régulièrement calculé, coïncidait exactement

1. Friedrich Delitzsch, Wo lag das Paradies ? p. 76. — 2. Jules Oppert, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, séance du 12 sept. 1884.

^"\L Océan Inférieur

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D'après Hommel.

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