BABYLONE
d'Assyrie sont devenus les représentants par excellence cle la royauté absolue. Les tribus de montagnards qui descendent des vallées environnantes sont composées de Kurdes gagnant péniblement leur vie comme bergers et agriculteurs et toujours prêts au pillage quand une occasion favorable se présente : un cbef de bande y trouve facilement des coupeurs de gorges pour l'accompagner dans ses expéditions de guerre ; un souverain y recrute autant de mercenaires sans scrupules qu'il y a d'hommes valides dans la contrée. Ce sont les éléments desquels se servirent les rois d'Assyrie pour organiser des armées impitoyables, prêtes au massacre et à l'incendie. Or, dans cette région ninivite où chaque vallée convergente fournissait le matériel de guerre en chair et jeu os, une puissance militaire telle que le 4 fu* Assur aurait pu disposer également de toutes les ressources scientifiques et industrielles qui lui venaient du midi ; mais il ne paraît point que les Assyriens aient ajouté beaucoup au trésor de découvertes importé de la Chaldée.
Les constructions des rois assyriens n'eurent d'autre motif que la poursuite de la guerre ou la glorification de leurpersonne : les préoccupations de science et de religion n'entrèrent que pour une faible part dans leur architecture. Les restitutions du palais de Sargon, telles que nous les donnent Place et Chipiez, montrent la prodigieuse quantité de travail à laquelle furent soumises les populations pour édifier à leurs maîtres de véritables cités, assez grandes pour contenir des armées de serviteurs et de soldats. L'étendue
(Musée Britannique.) STATUE DU KOI ASSUE-BAN-I-PAL
des terrasses, la perspective superbe des escaliers, la majesté des portes et la hauteur des tours devaient inspirer aux gens du dehors une sainte admiration, mêlée de terreur, envers l'habitant suprême de ces palais, et cette impression était encore accrue parl'aspectgrandioseet terrible des statues colossales d'hommes et d'animaux qui gardaient les entrées. Pour sculpter ces monstres formidables, les artistes assyriens avaient à leur disposition les albâtres et les basaltes des montagnes voisines, et pouvaient ainsi assurer la durée de leurs œuvres, même au milieu de l'amas