‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 2Chapitre 101 sur 364 · KM · texte numérisé non relu

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Comparer cette carte avec celle de la page 133 (N° 130) pour avoir une idée des modifications que deux mille années ont apportées dans le tracé des côtes et des branches du Nil.

avant l'irruption ethnique — celle des Hyksos — qui mit les Egyptiens pendant plusieurs centaines d'années sous la domination étrangère.

L'invasion des Hyksos, que l'on croit avoir été en majorité des pasteurs arabes, renouvela l'influence sémitique, mais sous une forme nouvelle très différente de celle qu'avait eue la civilisation de la Chaldée. D'ailleurs, des éléments très divers paraissent avoir eu leur part dans cette invasion des conquérants orientaux, et l'on pense même que des « Scythes », c'est-à-dire des Mongols,

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auraient pénétré en maîtres dans le territoire égyptien et contribué à former la population nilotique. Les bustes des « rois hyksos » que l'on a trouvés dans les ruines de San, l'ancienne Tanis, avaient été d'abord désignés comme présentant un faciès sémitique et Mariette spécialement les avait décrits comme tels, il attribuait aussi à la population actuelle des bords du lac Menzaleh une apparence sémitique; mais un examen plus attentif, dit Piètrement, aurait démontré qu'il fallait reconnaître à ces différents types des caractères essentiellement mongols \

Quoi qu'il en soit, l'action de l'Asie sur l'Afrique fut si puissante que, même après l'expulsion des Hyksos, à l'époque des Ramessides, les écrivains à la mode se piquaient d'écarter les expressions purement égyptiennes pour les remplacer par des vocables et tournures des langues de l'Asie antérieure. Tous les flatteurs cherchaient à imiter la façon de parler des hauts fonctionnaires sémitiques 5 , de même que trois mille ans plus tard, à la cour de France, les courtisans affectaient de jargonner l'italien afin de plaire aux Goncini et autres aventuriers d'outre-monts. Précisément à l'époque où la domination arabe se faisait sentir sur l'Egypte, une dynastie de conquérants « cananéens », appartenant probablement à la même nappe d'invasion ethnique, était devenue maîtresse de la Babylonie et y avait introduit ses dieux 3 .

Des étrangers vinrent aussi par mer. Outre les Hymiarites, dont les générations successives se propagèrent par les chemins de l'Ethiopie, il se produisit des migrations à travers la mer Rouge, par la route, jadis fréquentée, qui réunit le port de Kosseïr à la grande courbe du Nil. L'histoire mentionne aussi des colonies de Méditerranéens qui s'installèrent dans le delta du Nil. Venaient-ils des côtes delà Cyrénaïque, de la Sicile, de l'Italie, de la Sardaigne, de la Crète ? 11 en arriva en tous cas d'Asie Mineure. Les inscriptions égyptieunes mentionnent les navigateurs Kafti, qui dominaient dans les îles de la Méditerranée et qui vendaient des objets d'art analogues à ceux que Schliemann a trouvés dans les fouilles de Mycènes. Ce furent des Asiates, à n'en pas douter, mais non des Phéniciens, dont l'influence fut postérieure : peut-être le siège de leur puisssance était-il

1. Reçue d'Ethnographie, t. III, 1884, pp. 369-385. — 2. Brugsch, Aus dem Motgenlande, p. 61. — 3. Hugo Winkler, Die Vôlker Vorderasiens, pp. 12, 13.

lï° 135. Edfu et le Défilé de la Chaîne.

(Voir page 156.)

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