‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 2Chapitre 107 sur 364 · REGIME DU NIL · texte numérisé non relu

REGIME DU NIL

fleuve jusqu'au pied des coteaux. Le Nil appuyant sur sa droite, c'est surtout sur la rive occidentale que l'on constate cette inclinaison de la plaine; un canal d'égouttement accompagne le fleuve sur plus de 5oo kilomètres de longueur. Aux basses eaux, pour l'irrigation artificielle, il suffisait de soulever l'eau par-dessus les berges ; on se contentait de vases ou de paniers solidement tressés que soulevaient de gradin en gradin des leviers manœuvres à bras; c'était exactement le même procédé que celui des châdûf, employés encore tout le long du Mil par les pauvres fellâhin. La science de l'hydraulique n'était pas encore assez avancée , aux temps des Pharaons, pour que l'on pût construire en amont du delta un barrage pareil à celui qui règle maintenant le débit des branches fluviales en relevant de 4 mètres le plan d'eau ; de même les Egyptiens ne pouvaient songer à l'œuvre colossale, actuellement accomplie , consistant à donner un régime fixe aux eaux de

la Nubie par le barrage de la première cataracte ; d'ailleurs les seuils étant plus élevés à cette époque, la nature avait partiellement réalisé ce que le travail de l'homme parfait aujourd'hui.

Mais il est une œuvre des ingénieurs égyptiens que jusqu'à nos jours les savants modernes n'ont pas su restaurer : c'est le lac Mœris, la « mer en entier creusée et faite de main d'homme », dont le péri- II 9

CHADïïF DES BOEDS DIT NIL

EGYPTE

mètre développé atteignait la même longueur que la côte du delta 1 . Les reconstructions idéales que font les archéologues de cette « merveille des merveilles » ne s'accordent pas entre elles, mais l'existence de l'ancien réservoir n'est point douteuse. En cette région de l'Egypte, l'industrie moderne fut certainement distancée par les

Cl. Bonfils.

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