‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 2Chapitre 127 sur 364 · VILLAGE ST7B LE NIL, MAISONS SUBMONTÉES DE PIGEONNIERS · texte numérisé non relu

VILLAGE ST7B LE NIL, MAISONS SUBMONTÉES DE PIGEONNIERS

les âmes des morts, ayant vécu dans l'effroi, se réveilleront dans l'épouvanté \ Et des caveaux, ce vertige de la mort monte à la surface, poursuit l'homme dans tous les actes de sa vie, assiste même à ses banquets. Durant les festins on promenait un cercueil autour de la table, pour rappeler aux convives combien courte est la vie. Puis vint l'époque d'évolution finale où toutes ces pratiques ne sont plus que des survivances dépourvues de signification, où les inscriptions des stèles parlent une langue oubliée, où des idées toutes nouvelles, celles de la vie joyeuse et libre, se mêlent à celles de la mort, et, comme un rayon de lumière, pénètrent dans le noir caveau. C'est ainsi que peu de temps avant la conquête romaine, un grand prêtre qui venait de perdre sa femme rédigea pour elle une inscription dont la phraséologie pieuse rappelle les graves enseignements d'autrefois, mais à laquelle s'ajoute cette exhortation singulière : « Ne t'arrête point de boire, de manger, de t'enivrer, de faire l'amour; ne laisse point entrer le chagrin dans ton cœur. »

Page 1