‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 2Chapitre 144 sur 364 · ARTS INDUSTRIELS · texte numérisé non relu

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phrase. Et pourtant, le firmament céleste était considéré comme une voûte de fer et non de cristal, ainsi que d'autres peuples l'ont imaginé 1 . La couleur du ciel a peut-être dicté aux Egyptiens l'emploi du pigment bleu qu'ils appliquaient aux objets en fer dans les figures coloriées.

On sait aussi maintenant, d'une manière indubitable, que les

Cl. David Gardiner.

LABOURAGE DAHS LA PLAINE DE MEMNONTA

Egyptiens connaissaient la fabrication de la porcelaine, c'est-à-dire de produits céramiques à pâte compacte et translucide. Brongniart attribuait une origine chinoise à tous les échantillons de porcelaine que l'on a trouvés en Egypte, mais un fragment de statuette funéraire, évidemment de fabrication locale, que l'on a trouvé à Sakkarah, près de Memphis, prouve que l'auteur du Traité de céramique se trompait. Cette statuette porte des inscriptions hiéroglyphiques, et sa composition est absolument différente de celle des porcelaines chinoises, elle est colorée en bleu pâle par du cuivre. D'ailleurs, la pâte humide en était peu plastique à cause de sa faible teneur en argile et ne pouvait convenir que pour le moulage d'objets de forme très ramassée, comme l'étaient les statuettes égyptiennes 2 .

1. Devéria, Mélanges d' Archéologie égyptienne et assyrienne, p. 9. — 2. De Morgan; H. Le Châtelier, Revue scientifique, 1899, II, p. 311.

Les alluvions du Nil, les hypogées des collines riveraines et les éboulis des rochers livrent aux chercheurs des objets de plus en plus nombreux permettant de constater que les constructeurs des édifices joignaient à leur science réelle l'aide d'ouvriers très habiles, géomètres, maçons, sculpteurs, fondeurs, émailleurs, peintres, ciseleurs, décorateurs, et Ton sait combien haute était leur ambition. En parlant des temples élevés par lui, Ramsès mentionne surtout les « pierres éternelles » qu'il dressa pour la gloire des dieux et pour la sienne propre.

Ainsi que le dit Charles Blanc 1 , un peuple aussi préoccupé de la vie future que l'était celui d'Egypte, et qui momifiait ses cadavres en vue de l'éternité, devait surtout se préoccuper, dans son architecture, de donner à ses monuments de très larges assises pour en assurer la solidité et la durée sans fin : tout dans ces constructions était robuste, épais et court. Cependant, un très grand nombre de bâtiments énormes ont disparu, à commencer par le Labyrinthe, la ville funéraire fondée par Àmenemhat III et qui d'après Hérodote contenait plus de 3 ooo chambres. On peut se demander aussi, avec W. Willcocks, si cette vaste construction, dont on ne reconnaît plus que l'emplacement, indiqué par un village de briques, près de la pyramide de Hawara à l'entrée du Fayum, ne remplissait pas le rôle de régulateur des eaux à l'entrée et à la sortie du lac Moeris. De nos jours, des maisonnettes sont parsemées sur les décombres delà pierre et du béton, occupant une prodigieuse étendue du sous-sol. On constate que tous les temples de Karnak et de Luksor, auxquels on ajouterait plusieurs autres temples thébains de la rive gauche, tiendraient dans l'espace que recouvrait autrefois le Labyrinthe. Pline nous raconte que, pendant des siècles, cet édifice étonnant servit de carrière pour tout le district environnant : un peuple d'excavateurs s'était fondé une véritable ville à côté des fouilles \

La démolilion par la main de l'homme, travail directement régressif, bien que souvent indispensable, telle est la cause principale de la disparition de tant de « pierres éternelles » dont parlent les Anciens. Ainsi, les temples d'Eléphantine furent démolis en 1822 comme matériaux à bâtir, l'arc de triomphe d'Antinoë fournit la piex-re

1. Grammaire des Arts du Dessin. — 2. Flinders Pétrie, Ten Years Digging in Egypt. pp. 91, 92.

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