‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 2Chapitre 16 sur 364 · POPULATIONS DE LA. SYBIE · texte numérisé non relu

POPULATIONS DE LA. SYBIE

ment parmi les Sémites. Les langages, les types se ressemblent du nord au sud, et l'on a motif de croire que le berceau commun de la race se trouve peu éloigné, sur les avant-monts du ïaurus arménien. C'est de là que, pendant la succession des âges, seraient partis les émigrants, quittant pour de plus vastes patries — d'un côté le Pays des Fleuves, de l'autre le littoral marin — leurs vallées trop étroites.

Une légende juive, recueillie par la Genèse, dit qu'Abraham, l'ancêtre mythique des Hébreux, résida longtemps au pays de Haran ou Caran.

Il est vrai que, par suite d'une confusion évidente de traditions, le même Abraham ne se distinguait guère du « Père Orkham d'UrenChaldée, mais tout le contexte et l'ensemble du récit relatif à la vie du patriarche hébreu montrent bien que les Juifs considéraient comme le père de leur race, non le roi d'une cité chaldéenne mais un chef de bergers, errant avec ses troupeaux dans les solitudes de la Gis- Euphratide. Les pâturages qu'ils disent avoir été parcourus par leurs aïeux commencent immédiatement au sud du pays de Haran, la terre II 2*

« PIEBRE DEBOUT », DE MEB.SINA

(Voir carte n° 98, page 11.)

Certains voyageurs attribuent à ce menhir, phénicien peutêtre, une hauteur d'une -quinzaine de mètres, d'autres 7 à 8 seulement.

PHENICIE

patrimoniale où Abraham avait vécu, où son fils Isaac et son petitfils Jacob avaient pris femme. Le bourg de Hâran \ qui existe encore sur le Nahr-Belik, fort ruisseau tributaire du haut Euphrate, occupe très probablement le centre de cette ancienne patrie des Sémites hébraïques.

Le Haran, que contourne à l'est la boucle du grand fleuve, à sa sortie des montagnes, est situé à la base de»

avant - plateaux des monts d'Arménie, là où les derniers renflements du sol vont se perdre dans la plaine.

C'est donc un lieu d'étape par excellence pour les habitants des hautes vallées, mais il est en outre sur la grande voie historique tracée par la nature entre les degrés extérieurs du plateau d'Iran et les portes de Cilicie. Haran est ainsi placée au point de divergence de deux lignes de commerce et de migration, dont la principale, dirigée vers le sud-est, emprunte le cours du Tigre, et par ramification celui du bas Euphrate, tandis que l'autre, pointant vers le sud et le sud-ouest, se détache du haut Euphrate à son coude occidental extrême et longe le revers intérieur

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