ARRIVEE DES ROMAINS
tice, il transformait en religion son mépiis des cultes grecs et de tout ce qui leur était cher. Les Romains s'adressaient donc bien en prenant les Etoliens pour alliés dans leurs entreprises de conquête, ce qui ne les empêcha pas ensuite de se retourner contre eux et de les écraser, de les réduire à une impuissance absolue.
Mais avant que le drame de la fin ne s'accomplit en sa terrible bru-
ci. Mansell.
FRISE DTT PASTHENOST, CHEVAL AU GALOP
talité, l'ironie du sort devait se produire aux dépens de la pauvre nation condamnée. En l'an 196, trois siècles après Maralhon, devant la foule accourue pour les jeux isthmiques, au pied de l'Àcrocorinthe, un héraut proclame la pleine liberté de tous les Grecs, la ligue fraternelle des cités sous la protection des légions romaines, vouées désormais au soutien du bon droit. Avec cette furie de bassesse et d'abjection qui précipite les multitudes sous les pas des vainqueurs, tout ce peuple assemblé, heureux de recevoir le simulacre des biens qu'il était trop lâche pour conquérir lui-même, poussa de tels cris
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d'acclamation vers le ciel que « les oiseaux en tombèrent », dit la légende ; mais le demi-siècle ne s'était pas écoulé qu'au même endroit le consul Mummius venait sans phrases porter la ruine et la mort- La Grèce n'était plus qu'une province romaine, il lui restait un nom, chèrement gagné par ses dernières luttes, « Achaïe », et l'immortelle influence qu'elle avait acquise dans les sciences, les arts et tout le mouvement de la pensée. Thucydide, qui assista aux terribles événements de la guerre du Péloponèse et put reconnaître en partie les causes de la future décadence hellénique, avait tenu le langage fier qui convenait à un Athénien : « S'il faut que nous dégénérions un jour, car tout est destiné à décroître, il en restera du moins un éternel souvenir i?. Il eût pu ajouter « un éternel exemple ».
L'œuvre de la Grèce dans l'histoire du monde a été surtout de concentrer en soi et d'élaborer tous les éléments de progrès convergeant de l'Egypte et du monde oriental, du Paripamisos au Caucase. En cet espace insulaire et péninsulaire étroit, se sont successivement déversés, comme en un creuset pour s'y refondre à nouveau, les mythes et les idées, les industries, les sciences et les arts nés, pendant le çouts des âges, dans un pourtour immense de terres habitées par des populations de races différentes et du génie le plus divers, Hamites et Sémites, Aryens et Touraniens. Les petites tribus ancestrales des Hellènes étaient encore dans leur barbarie primitive lorsque l'Egypte, la Chaldée sculptaient déjà des statues, gravaient des écritures sacrées et dressaient des temples ; mais, en se propageant vers l'Ouest, ces deux grandes civilisations locales devaient sa rencontrer sur les côtes de la Phénicie, et les flottes du peuple commerçant, portant ce que l'homme a jamais trouvé déplus précieux, le trésor par excellence, le livre, avaient nécessairement pour première étape, dans le voyage sur la longue Méditerranée, les îles et les presqu'îles du monde grec. Là, ces navigateurs de l'Orient trouvaient des colons venus d'autres pays, des rivages de l'Asie Mineure et des bords de la mer Noire : de proche en proche, par les récits et les légendes qui se portaient de peuplade en peuplade sur les routes du lent trafic, La Grèce reçut et mit en œuvre tout l'avoir intellectuel acquis déjà par les peuples assis en amphithéâtre dans le monde environnant, des Ethiopiens du Haut Nil aux Scythes du Borysthène.