‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 2Chapitre 236 sur 364 · SCIENCE ET ART · texte numérisé non relu

SCIENCE ET ART

Les divers ordres d'architecture classique furent aussi, par respect pour le génie hellénique, reproduits sans originalité sur tous les sols et dans tous les climats, et souvent sans choix raisonné entre les deux styles transmis par les Athéniens aux peuples leurs successeurs : le corinthien avec son chapiteau en corneille de feuilles d'acanthe date réellement de l'époque romaine ; la cariatide, bien qu'appartenant à la conception hellénique, n'eut jamais qu'un emploi restreint. L' « ordre dorique », forme d'art dont on retrouve surtout les origines dans le style mycénien, reçut ce nom parce que les Doriens étaient les dominateurs des contrées du Péloponèse où surgirent le plus anciennement des temples de ce type architectural 1 , on peut

le considérer Comme Musée de Chantilly. Cl- Giraudon..

hellénique, national par statuette es terke cuite de tasagra

excellence. Directement,

il ne doit rien à l'Egypte; avant que les Grecs se répandissent dans la vallée du Nil, la forme du temple dorique était parfaitement arrêtée

1. 0. Perrot et Ch. Chipiez, Histoire de V Art dans V Antiquité, t. VII, pp. 348, 349.

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dans ses grandes lignes. L'ouverture de l'Egypte aux marins hellènes ne put avoir sur les progrès de l'architecture de la Grèce et des îles que des effets très indirects et très généraux, par l'étonnement que produisit la vue des énormes édifices riverains du Nil et par l'esprit d'émulation qu'il fit naître chez les artistes grecs 1 . Le temple dorique n'est autre chose que la « maison royale > des temps homériques, entourée d'une colonnade pour en accroître la majesté divine. Ce mode architectural n'emprunta rien aux pratiques de l'étranger : il est bien le fils aîné du génie de la Grèce.

Quant à Fart ionique, né dans la Grèce de l'Asie, son nom est bien justifié au point de vue de l'histoire, puisque ce furent des Ioniens d'Asie qui grécisèrent les formes locales de la. construction. Eoliens et surtout Ioniens du littoral s'étaient rencontrés avec Phéniciens et Cypriotes ; par la Cappadoce et autres pays de l'intérieur, ils s'étaient même trouvés en rapports avec l'Assyrie et la Perse. Parmi les formes architecturales qui appartenaient déjà au monde de l'Asie Antérieure bien avant la naissance du mode ionique, la volute était un ornement très répandu, que les bâtisseurs ioniens empruntèrent certainement à leurs prédécesseurs en civilisation. De même, la colonne ionique ressemble à celle de l'Asie par sa plus grande^ légèreté relativement à la colonne dorique : bien que les palais connus de la Perse soient très postérieurs aux plus anciens monuments de rionie, on a des raisons de penser que leurs colonnes, si élancées en comparaison de celles de tous les ordres grecs, continuent les traditions iraniennes et reproduisent les formes d'une architecture antérieure, comme celle du Mazanderan, où des troncs d'arbres, et non de lourds piliers de pierre, supportaient les toitures. A ces influences de la construction des Perses, la colonne ionique doit sa forme élégante de même que le profil de sa base et les cannelures nombreuses de son pourtour ; mais ce fut des Athéniens triomphants après les guerres médiques qu'elle reçut son caractère universel : il en fut de même pour l'ordre dorique, jadis réservé aux édicules élevés par des gens du Péloponèse à Thèbes et autres lieux de pèlerinage. Quand, à Athènes devenue la vraie métropole de tous les Grecs, affluèrent tant de savants architectes venus de toutes les parties

1, Même ouvrage, t. VII, pp. 654 à 667.

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