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Biddulph, Proceedings, R. geographical Society

376 ' l'homme et la TERRE. — ILES et rivages helléniques

à en juger par l'aspect cunéiforme de plusieurs signes. On a pu déchiffrer ces syllabaires, grâce aux nombreuses inscriptions bilingues, cypriotes et phéniciennes, cypriotes et grecques, découvertes en diverses parties de l'île.

Les pèlerins venaient en si grand nombre des terres environnantes que l'on entendait parler tous les idiomes dans les bosquets des villes saintes consacrées à la déesse : Idalion (Dali) ou le Sanctuaire de la Reine. Amta Khadasta (Famagusta) ou la « Sainte Femme >-, Amathonte (Hamath), autre lieu consacré à Cypris, Paphos (Bafa), où l'on adore toujours la « Sainte Mer ». On portait à ces lieux sacrés d'innombrables offrandes, statuettes, vases et bijoux, que recherchent main tenant les collectionneurs et les artistes. Le plus ancien monument connu de l'île fat une image taillée du roi d'Assyrie, Sargon, qui se dressait sur la côte orientale de Cypre depuis vingt-six siècles lorsqu'elle fut découverte par les savants et transportée au musée de Berlin.

Comme fragment du domaine laissé par Alexandre, Cypre, située dans la zone de transition entre les deux mondes, devait être disputée par les héritiers du conquérant : elle finit par appartenir à l'Egypte, c'est-à-dire au souverain d'Alexandrie, qui disposait des chemins de la mer. Il est remarquable qu'après de nombreux avatars, l'île dépende à nouveau d'une puissance thalassocrate par excellence, l'Angleterre, et obéisse à la même inspiration que la vallée nilotique.

Au nord du golfe d'Alexaridrette, la plaine de Cilicie, partagée en deux par une chaîne de collines qui, explique le nom de « deux Cilicies » donné souvent au pays-bas d'entre Taurus et Amanus, cette plaine, notamment la Cilicie occidentale où se succédèrent quelquesuns des marchés les plus actifs du monde, fut une de ces régions reprises par les Hellènes sur les Phéniciens. Mallos, située sur une butte, près de la bouche du Pyramos, entre les marais et la terre ferme, •était, il y a vingt-huit siècles, le premier emporium de la contrée. L'accroissement des alluvions qui rendaient dangereux les abords de la côte et s'avançaient en mer, menaçant, disait l'oracle, d'aller rejoindre l'ïlè de Cypre, peut-êti'e aussi l'influence redoutable des fièvres, enfin les changements continuels de la géographie locale, soumise aux divagations des deux fleuves très abondants, le Pyramos et le Saros — le Djihun et le Sebun — , qui tantôt se rejoignaient, tantôt se

DEUX CILICIES

séparaient, toutes ces causes déterminèrent les marchands à s'établir dans Adana. Située à l'endroit même où le Saros s'échappe de la

N° 176. Basse Gilicie.

TsKil.

Mallos (ou Mallus), fondée par un légendaire Mopsus comme tant d'autres villes de la région, « est bâtie au sommet d'une colline sur la rive du Saros (Sarus), à peu de distance de là mer » ; — mais la côte du delta s'est considérablement avancée vers l'est depuis l'époque à laquelle s'applique la description de Strabon [Géographie, XIV, v. 16). Sur cette carte-ci, les indications de Kiepert ont été suivies pour l'emplacement de la ville; d'après W. Ramsay, Mallos aurait été située à l'orient de l'ancienne bouche du Saros, tout à proximité de Magarsus.

Le Rhegma était probablement la lagune à l'ouest du cours actuel du Cydnus. Lors de la période glorieuse de Tarse, le fleuve traversait la ville et la lagune.

montagne, à l'entrée des gorges qui mènent vers la porte Gilieienne et le seuil du Taurus, la position d'Adana est commercialement fort belle ; cependant cette ville fut détrônée par une autre cité, la

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célèbre Târsus, bâtie jadis au bord d'un très modeste cours d'eau, le Gydnus « aux eaux glacées » a .

Aux temps prospères de Tarse, la fameuse cité — le fabuleux Sardanapale, d'après une inscription ninivite, se vantait de l'avoir bâtie « en un jour » avec sa voisine Anchiale" — était devenue la rivale des villes les plus illustres par leurs écoles.. « Les habitants de Tarse sont tellement passionnés pour la philosophie, ils ont l'esprit si encyclopédique, que leur cité à fini par. éclipser Athènes, Alexandrie et toutes les autres villes connues comme celles-ci pour avoir donné naissance à quelque secte ou école philosophique » , dit Strabon 8 . Puis le géographe d'Amasie ënumère les hommes dont la gloire devrait rejaillir sur leur ville natale des bords du Gydnus, soit à Tarse même, soit à Rome, car la capitale de l'empire « regorgeait autant de Tarsiens que d'Alexandrins » . Quelques années encore, et il aurait pu citer, parmi les enfants de Tarse, le plus connu de tous, saint Paul, le vrai fondateur du christianisme.

Si Tarse avait pu offrir à ses - citoyens un si grand nombre d'écoles, et tant d'occasions de s'instruire^ c'est grâce aux richesses que son très important commerce avait pu lui procurer. Le Rhegma, bassin dans lequel allait se jeter le Gydnus, avait été aménagé en port intérieur, bien ouvert du côté de la mer, suffisamment profond et parfaitement abrité. Les campagnes des alentours, défendues contre les inondations du Saros et du Pyramos, étaient parmi les plus fertiles du monde, et Tarse avait l'avantage commercial de détenir, du côté de l'est, les approches du fameux défile de la Porte Amanicienne, sur le chemin de l'Euphrate, et, du côté du nord, la voie directe, taillée dans le roc, vers la porte Cilicienne. Cette dernière route, l'un des triomphesdela civilisation antique, faisait de Tarse l'un des points vitaux du monde grec. Prochainement un nouveau tracé, celui du chemin de fer, déplacera le centre de vie pour le reporter plus à l'est, vers Adana 3 , qui deviendra la gare d'embranchement où là ligne de Mersina rejoindra la grande voie de Gonstântinople au golfe Persique.

Durant le conflit sauvage des armées de bandits et de mercenaires de toutes nations qui s'entre-héurtaient dans l'immense champ de

1. 'M! W. Ramsay, Scottish Geographical Journal, oct. 1903, p. 362. — 2.\Géogra phie, Livre XIV, v. 13- — 3. N. W. Ransay, article cité.

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