J. P. Mahaffy, The Empire oj îhe j Ptolemies, p
l'audacieuse circumnavigation de l'Afrique faite sous le Pharaon. Nito. A l'ouest de l'Egypte, le plateau de la Gyrénaïque était trop rapproché d'Alexandrie pour qu'il n'entrât pas forcément dans le même cercle d'attraction. Cette région, qui était alors entièrement grécisée, constitue un ensemble géographique bien délimité par les flots et les sables; aussi, à maintes reprises, les habitants essayèrent-ils de reçu-
Musée du Louvre.
Cl. Giraudon.
COUPE DE POLYPHEME, TBODVEE A CYRENE
pérer leur indépendance : ce pays est celui où naquit la légende d'Antéequi, soulevé par la forte main d'Hercule, retrouve sa vigueur dès qu'il retombe sur le sol nourricier. Mais la disparité des forces était énorme entre l'Egypte aux flottes puissantes et la petite Cyrénaïque; celle-ci ne put donc réussir dans ses tentatives de révolte. Elle resta vassale du puissant Etat voisin ; Alexandrie devint son vrai chef lieu et c'est vers le musée de cette ville, vers ses bibliothèques, ses écoles que se dirigèrent les Cyrénéens ambitieux de pouvoir, de fortune ou d'étude, tels les Calliïnaque et les Eratosthènes. Mais lorsque l'Egypte cessa d'avoir la force et que la puissance de Rome
CYRÏÏNAÏQUE
grandit à l'occident, la Cyrénaïque, sollicitée par les deux pays, succomba naturellement au profit de l'Etat qui avait à là fois la jeunesse, le prestige et les ressources militaires. En dépit de ses protestations d'amitié, en dépit de son alliance éternelle avec l'Egypte,
N° 180. Rivages grecs de la Méditerranée centrale.
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la république romaine s'annexa le territoire de Cyrène aussi bien que l'île de Gypre : elle s'emparait des forts détachés avant de s'attaquer à la citadelle même.
Du littoral de Macédoine à la plage de la grande Syrie, les petits peuples grecs des îles et des presqu'îles de la mer Egée avaient épandu leur influence et leur génie, leur langue et leurs arts sur un énorme
402 l'homme et la terre.— ILES et rivages helléniques
pourtour de rivages. La Propontide, l'Euxine, la Maréotide, les mers de Crète, de Rhodes et de Cypre leur étaient familières. Pas une baie qu'ils n'eussent explorée, pas une île, pas un promontoire qu'ils n'eussent visité; les sentiments hostiles ou serviles, les penchants guerriers ou mercantiles de la moindre peuplade leur étaient connus, sur chaque site propice ils avaient établi quelque famille, construit quelque rempart, élevé quelque autel. La côte subit, sur des milliers de kilomètres de longueur, l'ascendant de leurs puissantes et nombreuses colonies et en garda l'empreinte. Un territoire leur resta pourtant fermé : les Grecs avaient bien réussi à déloger les Phéniciens de toutes les positions avancées que ceux-ci occupaient antérieurement sur les rivages anatoliens et insulaires, mais ils durent respecter la côte tyrienne elle-même, depuis les abords du golfe d'Alexandrette jusqu'à la bouche pélusiaque du Nil.
Dans toute la Méditerranée orientale, les Grecs se trouvèrent mêlés à des populations résidantes avec lesquelles ils n'avaient aucun point de ressemblance, et leur influence civilisatrice sur l'arrière-pays ne se fit sentir profonde que par l'intermédiaire de la conquête macédonienne : ce fut une action accomplie par des rois, des gouverneurs, des soldats, et dont par conséquent la plus grande partie s'exerça en pure perte, il n'y eut pas fusion. Mais indirectement l'effet de la période grecque fut durable : tournée vers l'Est, l'Hellade, comme un miroir, révéla l'Orient à lui-même et donna aux peuples qui l'habitaient un sentiment de cohésion qu'ils n'avaient pas connu auparavant. Si les Hellènes furent englobés dans le monde romain, ils suscitèrent, peut-on dire jusqu'à un certain point, une organisation contre laquelle la puissance italique vint se briser dans la vallée des fleuves jumeaux.
A l'occident de la Grèce, la situation respective des puissances maritimes était toute différente, de même que les relations entre colonisateurs et autochtones. Un comptoir phénicien s'y était peu à peu développé en un puissant empire, pendant que les Hellènes établissaient leur suprématie sur les rivages orientaux, et quand ils prirent, à leur tour, le chemin de l'Ouest, la résistance carthaginoise limita leur action en plus d'un territoire. Après des années et des siècles de lutte, les Grecs se trouvèrent maîtres du rivage de l'Italie du sud et de nombreux points sur la côte des Ligures, tandis que des colons