GOUVERNEMENT DES RICHES
et de toute origine fussent unis dans leurs revendications, mais au contraire ils restaient ennemis les uns des autres. Ils ne surent
N° 194. Campanie.
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Herculanum, cité contemporaine de Troie, dit la légende, villégiature de patriciens, de collectionneurs et d'artistes, fut secouée par un trembleterre en 63 de l'ère vulgaire et seize ans plus tard, lors de l'éruption inattendue du Vésuve, recouverte par une coulée de boue qui se solidifia en un mortier très dur. Pompéi était surtout une ville de commerce et de plaisir, les déjections volcaniques qui l'ensevelirent sont beaucoup moins épaisses et plus friables qu'à Herculanum, de sorte que les fugitifs purent, après la catastrophe, reprendre quelques-uns de leurs objets les plus précieux.
Voir gravures pages 457, 459, 467, 469, 473 et 474.
même pas soutenir efficacement les Gracques qui, émus par la misère du peuple, les progrès de l'esclavage et la ruine des campagnes, trahirent les intérêts immédiats de leur propre classe et s'évertuèrent
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à combattre les maux par une série de lois limitant la grande propriété, instituant des colonies agricoles et accordant plus de droits aux Latins et aux Italiens. La haine des patriciens et l'ignorance de ceux dont ils prenaient la défense eurent bientôt fait disparaître ces réformateurs. Après eux, les conflits ne firent que s'envenimer, mais prirent la forme d'une lutte entre deux dictateurs, Marius et Sylla, César et Pompée, Octave et Antoine, dont l'un pouvait prétendre enforcer les revendications plébéiennes. Les peuples alliés qui combattaient les batailles de Rome, qui l'aidaient dans ses expéditions contre FIbérie et Cartilage, contre les Gaulois et les Macédoniens, réclamaient le droit de cité que l'on avait accordé aux Latins ; mais ce droit, ils ne purent l'obtenir successivement qu'api'ès de longues guerres intestines dont Mérimée nous a dressé un effroyable tableau 1 , et même la fondation, au centre de la péninsule, d'une nouvelle Rome, désignée sous le nom d'Italica, depuis Corfinium, comme pour symboliser le droit égal de tous les Italiens à ,1a domination du monde.
Quant aux prolétaires de Rome, ils continuaient de s'agiter, non pour avoir part égale avec les patriciens — leur ambition n'était pas aussi haute — mais pour accroître leur portion de butin sur les peuplés conquis. Les guerres civiles, causées entre les classes par les appétits et les ambitions en lutte, furent aussi sanglantes que les guerres extérieures : les proscriptions succédèrent aux proscriptions, les massacres aux massacres, Mais là où tout sentiment de pitié disparut, où la bête humaine se montra dans toute sa férocité, ce fut dans les guerres serviies. En de pareils conflits on ne se donnait des deux côtés d'autre objectif que l'entre-égorgement. Objets d'horreur et d'effroi pour tous les hommes, les esclaves ne pouvaient que rendre haine pour haine, tuer, puis être frappés à leur tour. D'après la définition même de l'esclavage, aucun asservi n'avait droit à la justice. Qu'il fût innocent ou coupable, le fait importait peu à son maître : celui-ci avait le droit de le supprimer. D'après une ancienne loi romaine, qui ne fut pas toujours exécutée parce que l'intérêt du propriétaire s'y opposait, tous les esclaves qui, au moment du meurtre d'un patron, avaient habité sous le même toit que le meurtrier, devaient être mis à mort. Pendant le règne de Néron, un de ces abomi-