ROCHERS ET FORTERESSE ACTUELLE DE SIDON
coquillages à pourpre, se prêtait le mieux à la fabrication du verre, et Joppe, la moderne Jaffa, projetant au dehors de la côte un récif calcaire, derrière lequel s'abritaient les barques des Philistins. Ces ports et quelques autres escales complétaient le cordon de cités commerçantes, agrafées comme autant de perles au littoral verdoyant qui relie l'Asie Mineure à l'Egypte et qui rattache transversalement les deux voies historiques majeures, tracées par les migrations et les expéditions de guerre, entre l'Asie centrale et les deux continents d'Europe et d'Afrique. Certes, la vie circulait puissamment le long de cet axe de com-
merce et de civilisation où se suivaient, de distance en distance, des centres d'activité, analogues aux pointes à étincelles d'une machine électrique ; mais la faible largeur de la zone riveraine ne permettait pas aux villes du littoral de s'unir en un organisme de vastes dimensions. La Phénicie n'avait de force de résistance que pour la défense de ses rocs insulaires et . devait, à la première attaque, perdre ses possessions de la terre ferme. Jamais elle n'eut d'empire proprement dit comparable aux grands Etats du continent ; mais elle était si nécessaire à tous par son appareil de commerce qu'elle se maintint pendant de longs siècles, tantôt souveraine , tantôt protégée, mais toujours fonctionnant comme un organe commun pour tous les Etats de l'intérieur, qui formaient inconsciemment une sorte de •société en participation à l'égard des marchés phéniciens.
Comme l'Angleterre de nos jours, Tyr et Sidon eurent à l'extérieur de leur domaine naturel un empire beaucoup plus vaste que leur propre territoire ; avec une petitesse extrême de noyau primitif, ils arrivèrent à une longueur prodigieuse de ramifications tentaculairès. Les Phéniciens tentèrent d'acquérir les points du littoral de la Méditerranée qui pouvaient leur être utiles comme ports de refuge, de commerce et d'entrepôt, ou comme lieux stratégiques pour la domination des côtes et la surveillance des passages. Ils possédèrent le Bosphore où ils fondèrent une forteresse, Kalta, Karta ou Carthage, la Khalkedon des Grecs, la moderne Ghalcédoine 1 . Au centre de la Méditerranée, ils saisirent l'île de Malte, dont le port, facile à fortifier, leur permettait de dominer les approches de la Méditerranée occidentale; ils occupèrent aussi le promontoire isolé où se dressa la cité de Carthage, la « fille » de Tyr par excellence,
LES MUBAILLES DE TYB, D'APRÈS TTÏÏE MÉDAILLE PHENIdESTNE