‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 2Chapitre 311 sur 364 · AUGURES ET JURISCONSULTES · texte numérisé non relu

AUGURES ET JURISCONSULTES

encore de nos jours chez les Arabes, la loi civile se" confond absolument avec les devoirs religieux 1 .

N° 195. Provinces et Routes de la Péninsule.

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8 e E , de Gr

500 Kil.

De même que les termes Asie et Afrique, Italia ne s'appliqua tout d'abord qu'à une très faible portion du territoire qu'il désigne actuellement ; c'était le « pied de la botte italienne », la sous-péninsule appelée aussi Brutium, la Calabre actuelle. Ge dernier nom avait été appliqué primitivement à la langue de terre messapienne.

L'emplacement de la ville Bononia, Bologne, l'antique Felsina des Etrusques, longtemps occupée par les Gaulois, devrait se trouver sur la voie Emilia.

Vers la fia de la période républicaine, le monde politique romain,

1. R. von Ihering, Les Indo-Européens avant V Histoire, pp. 69 et suiv.; — Ernest Nys, L'Inde aryenne, p. 11.

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embrassant déjà dans toute son étendue le domaine méditerranéen, eût atteint son équilibre normal s'il n'était resté en maint endroit de son pourtour des frontières indécises et, au delà de ces frontières, des barbares appartenant à un tout autre cycle de culture. À" l'intérieur de la péninsule Italienne, le réseau des grandes routes militaires était complet : la voie Appienne descendant vers le sud et la voie Flaminienne franchissant les Apennins étaient les deux troncs majeurs sur lesquels venaient s'embrancher les voies latérales, l'une d'elles, la voie Emilienne, si importante, si nécessaire que le pays traversé en a gardé le nom — Emilie — jusqu'à nos jours. Partout en Italie, les troupes pouvaient se transporter rapidement aux lieux menacés. Aux frontières, la partie la plus vulnérable de l'empire était précisément cette barrière des Alpes qui semblait monter jusque dans le ciel et fermer tout passage aux ennemis; mais elle avait été bien souvent franchie, d'abord par les Gaulois, qui avaient occupé toute la moitié septentrionale de la péninsule Italique, puis par les armées d'Hannibal, et les Romains eux-mêmes avaient appris de leurs adversaires à se hasarder dans cette région des neiges. En réalité les voies transalpines avaient existé de tout temps, et Fimportan.ce du mouvement qui s'y produisait était déterminée d'avance par la force d'attraction mutuelle des populations habitant les deux versants.. Aux origines de l'histoire écrite, il y eut certainement un va-et-vient incessant entre les populations gauloises des vallées du Rhône et du Pô, les routes suivies étant précisément celles qu'indiquaient d'avance les vallées Quvertes latéralement entre les massifs et les brèches des cols qui découpent l'arête suprême. Sans doute les obstacles étaient grands durant les longues pluies, les tourmentes de neige et dans la saison des avalanches, mais en temps d'été et dans le premier automne l'escalade n'avait rien qui pût effrayer les hommes valides. Depuis les âges les plus reculés, les sentiers furent tracés par bêtes et gens, de manière à éviter les cluses et les précipices, et sur de vastes espaces s'étendent les gazons des hautes pentes délicieux à fouler.

Cette prétendue frontière constituée par la crête des monts n'a donc pas le caractère de limite que les conventions politiques Ont fini par lui donner, en l'appuyant sur des lignes de douanes, sur des fortifications et des casernes, sur des cordons de. gendarmes et de « chasseurs alpins ». Les sommets, dans la nature libre, pour des voyageurs qui

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