‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 2Chapitre 42 sur 364 · VOYAGES D ABRAHAM ET DE JACOB · texte numérisé non relu

VOYAGES D ABRAHAM ET DE JACOB

roi d'Egypte, qui voulut bien les accueillir aussi et leur assigna les terres de Gochen dans le voisinage de l'isthme, mais à l'occident et déjà dans la zone d'irrigation nilotique. Cantonnés dans ces régions fertiles, sur les confins de « prés salés » et des alluvions grasses du Nil, les Israélites immigrés se trouvèrent dans un cercle d'at-

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Cl- Bonflls.

LE JOTJBDAIN ET SES EIVES

traction nouveau et durent évidemment changer de mœurs, d'habitudes, de civilisation, ajouter un nouveau fond religieux à celui qu'ils avaient reçu des pays babyloniens, de la contrée de Haran et des tribus du désert. Ils apprirent surtout à conduire la charrue, progrès inestimable qui les éleva d'un degré dans la hiérarchie des nations.

Mais ce progrès fut durement acheté, car les Hébreux, reçus d'abord en hôtes, nous dit la légende, furent utilisés ensuite comme des vassaux, puis opprimés comme des esclaves. On leur fit bâtir des villes, mais pour leurs maîtres, creuser des canaux, élever dos digues,

6$ L'HOMME ET LA.vTEB.RE. — PALESTINE

arroser des jardins et des champs, mais pour faire pousser les plantes nourricières de leurs dominateurs. Il est vrai que, dans leurs récits, les Israélites tâchèrent de rehausser cette époque de souffrance en donnant un rôle prépondérant à quelques-uns des leurs. Au début, Joseph aurait été le grand usurier qui enseigna aux Pharaons l'art d'asservir un peuple pour le monopole des blés. À la fin de la captivité, un autre Hébreu, Moïse, agit surtout comme grand magicien ; grâce à ses artifices, le peuple, chargé de tous les trésors des Egyptiens, fut mis à. même de franchir la mer Rouge, poursuivi par une armée qui, derrière lui, se noyait dans les flots.

D'ailleurs, les légendes relatives à cette période ne peuvent contenir qu'une très faible part de vérité, car elles présentent un chaos de contradictions. D'après tel verset de la Bible, le temps dm secoua' des Hébreux en Egypte aurait été de quatre générations, d'après ra autre, de plus de quatre siècles. Un passage nous dit que tes Hébteux réfugiés en Egypte comprenaient la seule famille de Jacob l ; mais on se ëeœamdte ©omrnent ce groupe unique aurait pu fournir par' sa ées^ eeiÊtoiàmee, pendant le séjour en Egypte, la prodigieuse armée do©it nous parle le recensement du Pentateuque 2 : malgré l'oppression, maJi§i?é le massacre des enfants mâles par les Egyptiens, les maladies et Içs ffléa-ux de toute sorte, les petits-fils de Jacob, s ; abattant comme des sauterelles sur les sables du désert, auraient été au nombre de plus de six cent mille individus portant les armes, ce qui, avec les femmes et les enfants, eût représenté au moins deux millions d'êtres humains.

Quoi qu'il en soit, le fait principal subsiste — avant de se présenter dans cette a Terre Promise » qu'ils disaient leur avoir été spécialement réservée — et qui, depuis, grâce à leur long séjour, est devenue la « Terre Sainte » — , les Hébreux avaient eu à subir les influences les plus diverses en des milieux très différents par la nature et leurs habitants. Ils avaient vécu sur tout le pourtour du désert qui, de l'Arabie, se prolonge vers les montagnes de l'Asie Mineure, à l'est dans là Babylonie, au nord vers le Haran, à l'ouest vers Damas et la Syrie, au sud-ouest vers l'Egypte; par un vaste circuit, ils avaient mis des siècles à voyager de l'Euphrate au Nil, et recommencé leur

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