POSITION DE JERUSALEM
fond duquel coule, eu contre-bas du niveau de la Méditerranée, le fleuve Jourdain et dans lequel reposent les flots salés de la mer Morte. Les grandes différences de niveau, les hauts escarpements, et peut-être aussi, dans une certaine mesure, les légendes de terreur que l'on se répétait au sujet de cette contrée, permirent à la petite Judée de se
N° 119. Jérusalem et la Mer Morte.
ss*sa
■*wï
f^ME»
^S iy$HHfiM^*^£'''-''-
*** 'îsS^JBP^gBMBjft ^v '■
Ali
/ t t ■ v -ï j . A j**ii]y&r "v r -
"^'t ■'+ i *ft: ^fc^Jf^* .îf'
tëf»l5iEl^jfJffiyH? L
HT ; *^îiii#aW* ■' w
jéJÉP^^^^^^
t '.-^ L t vff*3P : — — ■ — i
'.■^.i. -ift^i*^ ■
ÉBSsSBsrLv *-* — :
? ■■••■ii- '■■■.* i ^
fkWtaUrT^^^j! *
ŒdmÊ$£at / =*i -
^3?'ilirf38F '
t. ciel
i: sooooo
Kil
maintenir contre les grands empires beaucoup plus longtemps que ses voisines, et notamment que le royaume d'Israël, et, jusqu'à un certain point, de vivre ignorée à l'abri des montagnes. La plaine de Sichem et les campagnes de Samarie étaient moins bien protégées; les reliefs montagneux sont moindres, les vallées plus ouvertes et les pentes plus abordables; à l'est, le Jourdain est moins profondément
86 l'homme et la terre. — Palestine
encaissé; à l'ouest, la route des caravanes et des armées ramenait, chaque année pour ainsi dire, le danger d'une invasion lente ou brutale. La ligne des communications entre les Philistins et l'oasis de Damas, entre l'Eypte et la Ghaldée, entre l'Afrique et l'Asie devait, coûte que coûte, traverser le territoire des Joséphites, et les Israélites n'étaient point de taille à renouveler l'effort des Hittites et à rester maîtres des barrières.
Le principal lieu de passage naturel pour les migrateurs et les conquérants fut de tout temps la dépression de terres basses qui s'étend au nord des montagnes de Carmel, entre la baie d'Akka et le lac de Tibériade : cette plaine dite de Megiddo (Mageddo) ou d'Esdraeloij et dans laquelle coulent les eaux de la rivière Kisbn — le Nahr-el- Mukotta de nos jours — sépare nettement les montagnes de la Palestine méridionale et celles de la Galilée, formant ainsi, au nord et au sud, une zone de, partage ethnologique et politique qui garda sa valeur pendant les cours des. âges : les royaumes et les confédérations, qui modifièrent incessamment leurs contours suivant les guerres et les alliances, respectèrent ordinairement cette limite, et l'on sait combien les Juifs du midi, ayant toujours du sang de nomades et de pillards dans les veines, tenaient en médiocre estime les simples agriculteurs de la Galilée, pays duquel « ne pouvait venir rien de bon ». Mais si la plaine d'Esdraelon établit une ligne de démarcation très nette entre les pays montueux du nord et du sud de laPâlestine, elle unit largement la vallée du Jourdain et le littoral de la Méditerranée. Aussi de tout temps, les armées s'entre-choquèrent sur ce chemin de rencontre, les unes venues d'outre-Jourdain et les autres ayant suivi la voie de la côte-. Les commentateurs de l'Apocalypse placent, dans cette même plaine de Megiddo, Armagheddon, le champ de bataille futur où les Juifs convertis, retournant dans leur patrie, extermineront les armées des Gentils. Cette prédiction n'est en réalité qu'un souvenir des luttes qui se sont succédé dans [cette plaine sanglante, aux pieds des monts Carmel, Tabor et Gilboah.
Si heureusement placé pour les facilités de la défense, le pays de Juda ne pouvait devenir formidable à ses voisins comme royaume conquérant : il était de trop faibles dimensions ; avec ses dépendances naturelles, il ne couvre qu'une superficie de 4 à 5 ooo kilomètres carrés, pas même les dimensions moyennes d'un département fran-
PLAINE D'ARMAGHEDDON
çais. La Judée ne prit une certaine importance agressive que sous le règne de David, à une époque où les deux grands empires d'Assyrie et d'Egypte étaient l'un et l'autre fort affaiblis 1 , et encore, au moment
N° 120. Plaine d'Esdraelon.
I ; 500 ooo
-5oKil.
La position exacte de Megiddo n'est pas suffisamment connue pour qu'on puisse l'indiquer sur une carte à grande échelle.
de sa gloire militaire, ne dépassa-t-elle pas, au nord, les abords de la Cœlo-Syrie, au sud, Ezeongeber, tête du golfe d'Akabah ; à l'est, sa domination s'étendait sur Moab et Ammon, dont les deux tiers des habitants avaient été passés au fil de l'épée ; malgré tout, le royaume