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efficace dans l'évolution politique et sociale des populations de la vallée. Les grands changements survenus dans N „ 12 8. Vallée du Nil, au-dessus de Memphis. l'évolution historique du peuple égyptien se sont tous propagés le long de la vallée, soit du sud au nord, dans le même sens que le courant du fleuve, soit du nord au sud, à contre-flot. Il ne pouvait pas en être autrement, car les migrations et les conquêtes devaient prendre l'une ou l'autre de ces directions par les portes largement ouvertes qu'offraient, d'un côté le delta, aux rameaux du fleuve épanouis, de l'autre le pays du haut Nil, avec son chevelu de rivières affluentes, nées des hautes terres de l'Ethiopie ou des vastes plaines centrales du continent. De ces deux mouvements qui se propagèrent en sens inverse dans la vallée du Nil inférieur, quel fut le plus important pour la destinée du peuple dont les multitudes se pressent dans
les campagnes nilotiques? C'est là ce que la protohistoire n'a point encore révélé ; mais le mouvement qui vint du nord nous est le
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plus connu, puisque les historiens, Sémites ou Grecs, étaient placés de ce côté de l'Egypte et ont décrit les événements tels qu'ils les voyaient de leur poste d'observation.
Delà première cataracte à la ramification des branches maritimes, la vallée du Nil, se confondant absolument avec l'Egypte, offre un caractère de parfaite unité géographique ; de l'amont à l'aval tous les traits se ressemblent et les habitants, se trouvant dans un milieu analogue, ont le même genre de vie. Aussi, durant l'histoire connue de nous, le régime politique a-t-il été presque toujours le même pour la haute et la basse Egypte; cependant la grande inégalité des proportions entre la longueur de la vallée, d'un millier de kilomètres environ, et sa largeur minime dut avoir pour résultat premier la consti tution de nombreux petits groupements se succédant de l'amont à l'aval autour d%n lieu principal de marché.
Avant l'existence d'un royaume - d'Egypte, la forme normale du régime politique de la vallée dut être celui de communautés autonomes .et fédérées : maints échos de cet ancien état de choses se répètent dans les annales égyptiennes, et l'on croit que la division du territoire en « nomes » sous les Ptolémées correspond à peu près à la série linéaire des anciens Etats. La centralisation du pouvoir amena l'union de ces nomes, d'abord en deux royaumes, plus tard en un seul. Le mythe et la religion rappellent la phase intermédiaire du groupement par l'expression consacrée de « Deux Egyptes », appliquée à l'ensemble de la vallée du Nil en aval de la première cataracte : l'Egypte du nord et l'Egypte du sud, la basse Egypte et la haute Egypte. Deux terres, deux firmaments distincts correspondaient à ces deux Egyptes, que l'on disait être séparées par une ligne droite allant de montagne à montagne en passant par une pyramide ou un temple limite. Les dieux Horus et Set présidaient respectivement à ces deux mondes 1 : comme l'Egypte elle-même, ils ne constituaient qu'un seul être identique et cependant ils restaient en lutte éternelle.
Les centres naturels de ces deux Egyptes se formèrent, tout en se déplaçant quelque peu de droite et de gauche, en des. endroits qu'indiquaient d'avance la direction des voies historiques et les facilités
1. Read ;'Maspero, Histoire ancienne des Peuples de V Orient classique, p. 41.