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AGE DE LA PIERRE EN EGYPTE

vallée, les vestiges humains — silex, débris de cuisines, etc. — sont d'âge postérieur 1 . Des ateliers, néolithiques pour la plupart, sont parsemés à l'ouest du Nil, à Nagada, à Abydos et autres lieux de l'Egypte moyenne, sur les limites du désert, et même plus loin dans? es espaces complètement inhabitables de nos jours. Les oasis du désert libyque possèdent aussi des quantités énormes de pierres taillées. Quant au désert oriental, compris entre le Nil et le golfe Arabique, il ne présente qu'un petit nombre d'anciens gîtes de silex travaillés, situés dans le voisinage du fleuve *.

Dans les tombeaux datant de 6000 à 7000 ans ou plus, on a trouvé non seulement des silex taillés d'une délicatesse extraordinaire, mais aussi des objets en ivoire et en os, en cuivre et en or, des statuettes et figurines diverses, ainsi que des vases d'argile noire, avec empreintes. Les animaux représentés sont d'une vérité saisissante et lés potiers qui les

figurèrent savaient utiliser des argiles de couleurs ^diverses, mieux vernissées qu'elles ne le furent dans les âges postérieurs. Certainement, ces premiers artistes d'Egypte appartenaient à des races dont les affinités étaient autres que celles des habitants de la période historique.

Les déserts de Nubie, à l'est du Nil, notamment la région de l'Etbaï, que parcourent les Ababdeh et les Bichârin, paraissent, comme les pays à silex de l'occident du fleuve, avoir été à l'époque préhistorique un centre de civilisation important. Là, on ne trouve point de rognons de silex, ou du moins ils sont extrêmement rares, mais il est évident

1. Rutot, note manuscrite. — 2. Géorg Schweinfurth, De VOrigine des Égyptiens, Bull, de la Société khédiviale de Géographie, 4 e Série, N° 12.

APPAREIL A PRODUIRE LE EEtT TROUVÉ EN EGYPTE PAR FLINDERS PETRIE

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qu'on y travaillait diversement les pierres de la contrée, surtout une sorte de stéatite ou pierre ollaire, très résistante au feu : on en fabriquait des ustensiles de cuisine, assiettes, pots et marmites. Pour les pièces de choix, on employait une espèce de serpentine métamorphique très dure, et ce sont principalement des vases de cette provenance que l'on trouve à côté des vieux silex dans les tombes des Pharaons antiques. Or, depuis les temps de la préhistoire, l'industrie des Ababdeh et les Bichârin n'a point changé, et c'est toujours de la même manière qu'ils fabriquent leur batterie de cuisine.

Schweinfurth émet l'hypothèse que les indigènes, maintenant dégénérés, de la Nubie orientale prirent une grande part dans l'occupation de la vallée du Nil, à l'époque où, par ses allures incertaines, ses marais et la végétation de ses bords, le bas fleuve ressemblait au Nil bleu de Senâr, entre les monts de l'Abyssinie et le confluent de Khartum. Alors la basse Egypte n'était qu'un vaste marécage, et le cours fluvial, entre la première cataracte et le delta, encore laissé à l'état de nature, se composait d'un labyrinthe de coulées changeant de direction et d'importance relative suivant la force des crues et la durée des sécheresses ; des massifs de papyrus et d'autres plantes aquatiques se formaient rapidement sur les fonds vaseux, retardant le flot et l'écartant vers un autre lit, tandis que sur le sol plus affermi des îlots et des rives naissaient les arbres s'unissant en un impénétrable fourré où se cachaient les animaux sauvages. Ce n'est point en une pareille région que naquit une nation civilisée : les éléments devaient s'en former au dehors, au milieu d'espaces faciles à parcourir, où les hommes, d'allures très mobiles, pouvaient se grouper en masses considérables. Les âpres régions de l'est, quoique entièrement arides dans une forte partie de leur étendue, offraient cependant des lieux de passage et de réunion, et c'est là, pense-t-on, que se préparèrent les événements préliminaires pour la mise en valeur de la vallée nilo tique.

Actuellement, le contraste absolu que présentent les fécondes campagnes riveraines du Nil, couvertes de villages, et les solitudes orientales, grises et rocailleuses, parsemées çà et là de quelques tentes indistinctes, rend l'hypothèse de Schweinfurth presque dérisoire en apparence; mais on ne saurait douter que le Nil, de même que tous les autres fleuves historiques, n'ait commencé par être un cours d'eau redouté, hanté par les fièvres nées des miasmes, des microbes, des

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