‹ L'homme et la terreChapitre 106 sur 279 · DESSINS ET ORNEMENTS · texte numérisé non relu

DESSINS ET ORNEMENTS

rent à dresser une espèce de bœuf, revêtu d’une couverture ou ceint d’une large sangle'.

A côté de la peinture proprement dite, qui représentait des personnages et des objets de la nature environnante, les primitifs pratiquaient aussi la simple décoration au moyen de figures diverses, de

OSE HUTTE DÉCORÉE DANS LE VILLAGE d’aPATOE (iNDE NÉERLANDAISE)

D'après une photographie hollandaise»

couleurs en teintes plates, de lignes droites ou courbes, simples ou entrecroisées. A cet égard, on constate chez les tribus un développement artistique plus ou moins grand, suivant le nombre des formes d’ornement qu’elles ont su découvrir. Ainsi, les Australiens primitifs ne s’étaient pas élevés jusqu’à la connaissance de la spire ou de la grecque^. Les nègres non influencés par les musulmans ignorent aussi les spires et les volutes, tandis que les Polynésiens et les Améri-

I. Edm. Piette, mémoire cité. — a. Brough Smith; — F. Régnault, Bull, de la Soc. d’ Anthropologie, fév. VI, p. 536.

l’homme et la terre

cains, meme ceux qui, par la civilisation générale, sont très inférieurs aux Africains, possèdent un art d’ornement d’une évolution très avancée. Les sauvages de .la Guyane et de l’Amazone connaissent la spire et la grecque, se plaisent aux figures polygonales, savent enchevêtrer les formes, les occulter, les inscrire les unes dans les autres, d’une manière très complexe. Au moyen de l’alternance et du double plan de symétrie, ils obtiennent des dessins qui plaisent au regard autant que l’art arabe'. Ainsi qu’on eût pu l’affirmer d’avance, la grande variété des formes extérieures, dans le monde des plantes, des oiseaux, des coquillages, contribue singulièrement à développer le goût artistique des indigènes. Les Papua de la Nouvelle-Guinée, baignés dans ce milieu de la plus somptueuse nature, savent orner merveilleusement leurs outils et leurs cabanes, de manière à passionner les anthropologistes

A l’époque de la Madeleine, celle que les préhistoriens citent le plus fréquemment pour ses productions d’art, les éléments géométriques de l’ornement sont encore assez frustes. Les grands progrès commencent à se manifester avec l’époque du bronze.

Parmi les instruments que l’on trouve dans les fouilles des demeures primitives et qui subsistent encore chez les attardés, il en est plusieurs qui leur permettaient de charmer leurs loisirs par la musique, accompagnée du rythme des mouvements corporels et des pas, mais on n’a trouvé dans les grottes qu’un seul instrument musical proprement dit, le sifflet L Encore pour les origines de cet art, nous avons à remonter jusqu’au monde des oiseaux, dont quelques-uns sont si merveilleusement doués pour le chant, et dont plusieurs genres au moins, entre autres diverses espèces de grues, pratiquent fort gracieusement la danse. Nous savons que maints animaux sont très sensibles à la musique sous ses diverses formes, même de simple mesure, et que plus d’un prisonnier a pu, de cette manière, charmer des araignées, des rats, d’autres compagnons de sa captivité. Par les douces modulations de la voix, du sifflet, et les instruments à vent, l’homme attire les serpents et les fait se balancer rythmiquement sur la queue La bruyante musique militaire entraîne les

I. F. Régnault, mémoire cité, p. 54o. — a. De Çlercq, Ethnographie de la Nouvelle- Guinée hollandaise. — 3. Ch. Letourneau, Evolution littéraire, p. 3o8.

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