‹ L'homme et la terreChapitre 230 sur 279 · Alfred Loisy, Les Mythes babyloniens, p · texte numérisé non relu

Alfred Loisy, Les Mythes babyloniens, p

l’homme et la terre

offrant aux bateliers du fleuve comme une sorte d’extension de l’estuaire, et aux marins proprement dits, comme un parvis, une antichambre de l’Océan. Ainsi, grâce à la mer, grâce aux fleuves qui s’y déversent, l’aire géographique du monde que connaissaient les hommes civilisés devait déjà être considérable au commencement de l’histoire chaldéenne. La nomenclature des noms de pays gravés sur le socle des statues de Sirpula nous révèle l’étendue des contrées d’où les vaisseaux importaient les matériaux de toute espèce, métaux, bois eli pierres, pour la construction et l’embellissement de la ville : l’Égypte à l’occident, le plateau d’Élam à l’orient, étaient bien connus des marchands de cette région, il y a près de 5o siècles'. Il est probable qu’à l’est, l’aire d’extension babylonienne s’étendait beaucoup au delà des limites où s’arrêta plus tard la connaissance des Grecs et des Romains. Un texte assyrien, auquel Oppert donne une antiquité de vingt-huit ou vingt-neuf siècles, nous montre les marchands du roi de Ninive pêchant des perles dans la mer des Moussons et l’ambre jaune dans les mers où la Polaire est au faîte du cieU. Et cependant l’empire d’Assyrie, situé dans l’intérieur des terres, n’avait rien pu ajouter au savoir géographique des Ghaldéens vivant à proximité des ports du golfe Persique. Au contraire, la domination des souverains d’Assur correspondant à une période de grande régression intellectuelle et morale, il est probable qu’entre les deux époques l’horizon mondial s’était rétréci.

Dans son ensemble, le bassin des deux fleuves, en dehors de la région des montagnes, a la forme d’un immense amphithéâtre vers lequel se dirigent de toutes parts des voies convergentes. Par conséquent, un grand mouvement d’immigration se porte de tous tes alentours vers la grande campagne : chaque vallée déverse le trop-plein de ses habitants en suivant le cours de la rivière; tous les types se trouvent représentés dans les villes où se mélangent les populations. Ainsi la plaine se peuple de proche en proche, ici par des pasteurs cheminant avec leurs troupeaux dans les régions herbeuses, là par des agriculteurs utilisant directement l’eau fluviale pour l’irrigation de leurs champs. Toutefois, certaines parties de la contrée basse que par-

1. Léon Heuzoy, Découvertes en Chaldée par E. de Sarzec, p. 130. — 2. Recueil des Tra~ vaux relatifs à la Philologie et à V Archéologie égyptiennes et assyriennes, pp. 33 et suiv.

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