BABYLON
Mîtréh-'.
'.HIPPUR
ERIDU'
300 kil.
Koveït, commerce maritime, exportation.
Bassora, commerce fluvial et palmeraies.
Fao, Mohammerah, commerce fluvial et maritime.
Nefud, désert sablonneux.
Ard-el-Adran, pays des Ouadi.
Zagros, cultures et transhumance.
Plateau d’Iranie, cultures et jardinage, pavots et roses.
Au pied des montagnes, région d’agriculture ruinée par la destruction des canaux et livrée presque en entier à la vaine pâture.
défendre les approches de ces étendues partiellement inondées qui devinrent les terres les plus fécondes de la merveilleuse Chaldée. Il fallut toute une longue succession de siècles pour que ce prodigieux travail d’appropriation du sol de la Mésopotamie fût accompli ; mais lorsque les premières lueurs de l’histoire se lèvent sur ce pays, il était déjà
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transformé en jardins de culture par le travail de l’homme. Une des plus anciennes inscriptions connues, datant de près de soixante siècles, donne à la Babylonie de cette époque le nom de Kengi « pays des canaux et des roselières ' ». Le mérite de cette mise en culture de terres devenues fameuses par leur fécondité appartient probablement aux diverses races descendues des plateaux et des vallées de l’amphithéâtre; mais, parmi les éléments ethniques d’origine diverse qui collaborèrent au développement de la civilisation dans la basse Mésopotamie, les plus utiles, d’après le témoignage des inscriptions, ne furent pas ceux à la race ou à la langue desquelles prétendent les Aryens vrais ou supposés de l’Europe : on ne peut attribuer à des tribus d’idiome indo-européen le grand rôle dans le bassin méridional des deux fleuves.
Les assyriologues, influencés par l’impression première qui donne toujours le rang suprême au type aryen, furent très étonnés de leur découverte. Ils reconnurent avec stupeur dans les plus anciennes inscriptions cunéiformes la reproduction d’une langue qui ne paraît avoir aucun des caractères de l’iranien ni du sémitique ; elle semblait à quelques-uns d’entre eux apparentée d’une façon étroite aux idiomes touraniens, tels que les divers dialectes de l’Oural et de l’Altaï. Le langage figuré par ces premiers signes est du type agglutinant, sans flexions, et correspond dans son ensemble à un mode de parler tout à fait dilférent de celui des habitants qui immigrèrent plus tard en Mésopotamie. Les sons gutturaux, qui prennent une si grande place dans le parler des Sémites, y manquent complètement et les sifflantes y sont rares. Enfin ce qui montre d’une façon évidente l’origine touranienne de cette écriture, c’est que, d’après Oppert, les formes élémentaires des 180 premiers signes figuratifs connus rappellent des êtres ou des objets appartenant à un climat différent de celui de la Chaldée; elles provenaient d’une contrée où la faune et la flore présentaient un aspect plus boréal, où il n’y avait ni lions ni léopards, mais des ours et des loups, où l’on ne connaissait pas le chameau à bosse unique, mais bien le chameau à double bosse, où les plantes cultivées caractéristiques n’étaient point le palmier ni la vigne, mais les conifères. La patrie de cette langue et de cette écriture mésopotamienne, venues par
1. J. P. Peters, Nippur. Expédition de l’Université de Pennsylvania, 1890.