BRIQUE BABYLONIENNE AVEC INSCRIPTION GRAVEE
AKKADIENS ET SEMITES
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LA TOUR DE BABEL d’aPRÈS UN BAS-RELIEF ASSYRIEN
que fût rasceiidant intellectuel et moral de ces premiers cili visés, devenus par cela même civilisateurs, ils devaient constituer la minorité numérique dans la population du pays, ou bien ils perdirent leur prépondérance par suite d’une immigration sémitique de plus en plus considérable, ou bien encore ils déchurent et périrent à cause de leurs privilèges mômes, car peu à peu on les voit diminuer et s’éleiiidrc au milieu de l'élément sémitique envahissant. Un nouvel apport ethnique formé par les Raidi ou Chaldécns, — les Rasdim de la Bible, — s’ajoute, grossissant par degrés, aux populations akkadiennes et sumériennes, et finit par exeicer une assez grande influence pour substituer son nom à celui de ses prédécesseurs. Ou ne sait quelle est l’origine de cet élément national. Peut-être même ne fut-ce qu’une classe aristocratique séparée de la masse des sujets ; mais on croit plutôt qu’il se composa de voyageurs venus pour la plupart de l’Arabie orientale. Arrivant en groupes pressés, à
L IIOMMH lîT l,.\ TI'IUUÎ
peu près (pialre mille uns avant les temps actuels, ils fondèrent un grand nombre de principautés dans la [)artic méridionale de la Méso|)otamie, |)uis devinrent les maîtres dans la Babylonic proprement dite’. Sémites, comme d’autres immigrants venus du nord et du nord-ouest, ils imposèrent peu à peu leur langue aux résidants de la contrée. L’idiome akkadien se transforma graduellement en un langage sacré, liiérati([nc, que l’on continua d’employer dans les mystères tadigicux, comme notre latin d’église, des centaines et des milliers d'anuées après (pi’il eut cessé d’C'tre j)arlé vulgairement par les habitants dn pays. Les formules mysti([ues ne sout-ellcs pas d’autant plus puissantes ([u’elles sont iticomprises !> Les amulettes u’out-elles pas d’autaid plus de vertu ([ii’on n’eu devine pas les signes? L’akkad était au moins depuis dix siècles une langue morte (ju’on ra[)prenait encore dans les séminaires de la Baby Ionie’’, üu s’en servait pour les prières, poiii- la magie, |)our l’astrologie; dans nos langues se maintiennent, en certain nombre, des mots akkadiens, de meme (pie dans notre mythologie sont restées des traces multiples de leur conception de runivers. Quant au nom de Cbaldécns, il s’est également perpétué, mais en dehors de son sens primitif; on l’applicjuc historiquement aux populations de la Mésopotamie; du temps des llomains, il n’avait d’antre signilication (pic celU' d’ '( astrologue », (( magicien » ; maintenant on le réserve, dans un sens sjiécial, à une secte chrétienne d’origine sémiti([uc, dont il existe (pael([ues débris sur les plateaux de l’Azerbeïdjan et dans les montagnes des Kurdes.
La très remanjuable légende de la confusion des langues qui se produisit parmi les constructeurs de la Tour de Babel suflit à montrer condiien, à ces épo(jues lointaines, d’immigrants de toute race s’étaient réunis dans les terres riveraines du bas Euphrate ; mais ces éléments ethniques dill'érents, soumis à l’inllucnce prépondérante des Sémites, linirent par se (( sémitiscr » en entier, ainsi que durent le faire les Akkadiens, ([ui pourtant avaient joui peudaut une longue jH'riode de la domination politi(pic cl de l’inilialivc intellectuelle. Au moins depuis six mille années, les po[mlations des bords dn Tigre, dans le pays d’Assnr, et les habitanis de la Mésopotamie se|)tentrionalc s’identilicnl à celte race de Sémites qui finit par
1. Hugo Winckler, Die Vôlker Vorderasiens, p. 11. — 2. Fr. Lenormant, Les Premières Civilisations, tome II, pp. 151, 152-
SÉMITISATION DES CIIALDÉEXS
occuper en un tenant tonie la conli'ce comprise entre le pays d’Iran et la Méditerranée, entre les monts d’Arménie et l’océan Indien'.
11 y a quarante-cinq siècles, c’étaient spécialement des Sémites du groupe «cananéen» qui dominaient à Babylone, choisie par eux comme capitale de toute la contrée. Les noms des rois ne laissent aucun doute à cet égard Mais avant les « Cananéens», d’autres Sémites vinrent se heurter contre les populations de la Mésopotamie, sans avoir fait cependant la conquête du pays :
ce furent de simples pillards, et leur nom, Khabiru, dans lequel on re connaît celui des Hébreux mentionnés par la Bible comme les ancêtres des Juifs, paraît avoir été synonyme de « Bédouins ».
Les Hébreux de ce
temps étaient des pasteurs nomades et, comme ceux qui leur ont succédé dans la région et qui d’ailleurs appartiennent à la même race, ils faisaient de rapides incursions dans les contrées riches et fertiles de la Potamie quand une occasion favorable se présentait. A l’époque où les annales chaldéennes parlent de ces gênants voisins, la sémitisation des habitants était déjà faite ; des tribus de langue
UÉBKEUX EN COUVEE
D’après un bas-relief de Kujuaichik.
1. Hugo Winckler, Die Vôlker Vorderasiens, p. 8. — 2. Même ouvrage, p. 12.
49^ l’homme et la terue
apparentée à celle des Kabires s’étalent établies en maîtres et à demeure dans le pays.
D’où proviennent donc ces peuples de Sem qui constituaient- le grand empire de Ninive et de Babylone? Peut-être la question est-elle insoluble, en ce sens qu’on ignore si les Sémites constituent réellement une race unique, ou bien s’ils proviennent de souches différentes, car rien ne permet d’affirmer que les Assyriens du haut Tigre, par exemple, et les Arabes de la mer Rouge et de l’extrême Arabie ont les mêmes ancêtres. Mais en admettant que le groupement des nations soit au point de vue généalogique ce qu’il est actuellement au point de vue de la parenté des langages, oia a le droit de se demander d’où sont venus en Mésopotamie les éléments les plus actifs de peuplement et de rénovation. D’après Sprenger, les Arabes s 'raient les Sémites par excellence et c’est de leur péninsule qu’auraient s jccessivement émigré les diverses peuplades desquelles seraient issus Assyriens et Chaldéens, Phéniciens et Juifs : il voit dans tous les représentants de la race « autant de sédiments arabes séparés couche après couche' ». Renan, Schrader, Gesenius, de Sai’zec exposent en d’autres termes la même hypothèse.
Toutefois on peut se demander également si le gros des nations sémitiques ne descend pas de la région des avant-monts et peut-être des montagnes d’Arménie au nord des plaines que parcourent les grands fleuves ; n’est-il pas naturel de chercher un centre de nativité humaine dans un pays riche en sources, en terrains fertiles, en plantes, eu animaux plutôt que dans l’aride d-ésert où l’homme a si grand peine à soutenir son existence? On a même hasardé une étymologie du nom de Sem, d’après laquelle cette appellation serait due au pays de Sim, partie orientale du Taurus arménien, qui est réellement habité par des Sémites migrateurs. Cette fdiation de termes n’est peut-être pas justiüée, car l’explication ordinaire qui voit dans le nom de Sémites, comme dans celui de tant d’autres peuples, l’effet d’un orgueil collectif de nation, est également plausible ; en vertu de cette interprétation, les Sémites seraient les gens de la u gloire^ », les hommes par excellence, brillant parmi tous les autres comme les meilleurs, les plus intelligents et les plus beaux ; leur nom serait identique à celui de
1. Die alte Géographie Arabiens, p. 293. — 2. Genesius, Bohlea, Fr. Lenormant, etc.
ORIGINE DES SEMITES
« Slave » qui désigne également toute une race, celle qui peuple l’orient européen.
Quoi qu’il en soit de l’origine du nom, il est bien certain que les légendes, les prières des Sémites pointent vers le nord comme patrie
N° 83. Quelques Paradis, montagnes de l’arche, etc.
Caneoi^s hoTnaùiçrap/iùfi
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