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Olivier Beauregard. En Asie, Kachmir et Tibet, p

NAVIGATION FLUVIALE ET MARITIME 5og

L’histoire écrite n’attribuant pas explicitement aux Chaldéens la N° 85. Sources de pétrole en Chaldée.

(Voir page 510.)

© Sources de pétrole, + Gisement de. gypse. ^Rapide. i; 6 000 000

0 50 100 200 500Kil.

pratique de la navigation maritime, des écrivains modernes ont cru pouvoir assurer qu’avant les Phéniciens nuis autres Occidentaux d’Asie ne s’étaient aventurés sur la haute mer. Mais divers indices

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permettent à von Ihering d’affirmer que les Babyloniens avaient aussi sur la poitrine ce « triple airain » qui leur permettait d’affronter les vagues. La construction des navires, nouvelle conquête de l’industrie qu’inspira probablement aux Chaldéens la forme du poisson, — ■ proue et poupe effilées, quille représentant l’épine vertébrale, membrures se substituant aux arêtes et rames aux nageoires, — fut facilitée par certaines conditions naturelles : le pétrole qui s’écoule en lentes fontaines aux bords du Tigre et dans les vallées voisines fournissait en abondance le goudron nécessaire. Quelle que fût la forme des embarcations, elles consistaient toujours en une légère cbarpente, recouverte d’une natte et enduite de bitume '.

Le golfe dit « Persique » et qui fut aussi le golfe Babylonien, présente, le long des côtes d’Arabie, un chemin très facile vers l’île de Bahreïn, dont les perles avaient une si grande valeur et que d’innombrables ruines nous montrent avoir été un centre considérable de population et de commerce^. Dans ce voyage à proximité de la côte, les matelots n’avaient pas à quitter le bassin naturel que leur offrait le golfe frangé de ports ; nulle part ils ne perdaient de vue les rivages de la terre ferme ou les archipels du littoral, et c’est ainsi qu’ils firent leur apprentissage avant de s’aventurer dans la grande mer, soit au sud-est, dans les espaces sans bornes de l’océan Indien, soit à l’ouest, dans les golfes, détroits et parages limités des eaux phéniciennes, cypriotes et crétoises. Comme champ d’évolution, la mer Persique était, il y a huit mille ans, plus allongée que de nos jours : le golfe pénétrait beaucoup plus avant dans l’intérieur des terres ; l’Euphrate, le Tigre, le Karun ne s’unissaient point en un môme delta, et pour se rendre de Suse à Ninive ou à Babylone, il fallait se hasarder sur la mer. On sait par des inscriptions cunéiformes que Sennacherib, puis Assurbanipal eurent à lutter contre les flots pour conduire des expéditions de guerre dans le pays d’Elam. A cette époque, moins de trente siècles avant nous, la plage marine de la Chaldée était au bas mot loo kilomètres plus au nord ; depuis cent ans le progrès annuel des alluvions est évalué à un peu plus de 5o mètres L

La légende du déluge décrit le bâtiment de Sitnapichtim (Zisuthros,

1. R. von Ihering, Les Indo-Européens avant V histoire ; — Frédéric Houssay, Annales de Géographie. — 2. Stiffe; — Loftus; — A. de Gerlache, Notes manuscrites. — 3. Loftus, Ainsworth, Lyell, Cari Ritter, de Morgan, etc. (Voir page 537).

NAVIGATION MAlUTlMli

Chassisadra, Atrachasis, Noé) comme un navire de mer et lui donne un pilote, circonstance que l’on ne pourrait expliquer si les habitants de la contrée n’avaient pas connu la grande navigation et si la nécessité de tenir le gouvernail pour diriger la course d’un bateau n’avait été bien comprise : en effet, sur le Tigre ou l’Euphrate, tout bon matelot eût été un pilote suffisant, et sur une simple nappe d’inondation le navire n’aurait eu qu’à flotter.

Le lâcher d’une colombe, lors de la baisse des eaux du déluge, nous montre aussi que les marins de Chaldée, de même que plus tard les Phéniciens, avaient l’habitude, lorsqu’ils se trouvaient encore en pleine mer et qu’ils se croyaient à proximité du rivage, de lancer des pigeons qui, après s’être élevés très haut dans l’air, cinglaient directement vers la côte la plus rapprochée et leur indiquaient ainsi la marche à suivre : la colombe était leur boussole'.

D’après la légende babylonienne, le grand dieu-poisson Éa ou Oanès, avait amarré à ses cornes le navire de sauvetage, espoir de l’humanité seconde, pour le remorquer vers le sommet d’un mont à travers l’immensité des eaux débordées. Le symbole a certainement une signification d’une très haute portée. Le poisson divin ne se borne pas à sauver les hommes en guidant leurs navires sur la large nappe où se

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