‹ L'homme et la terreChapitre 27 sur 279 · TYPES COMPARÉS DE VRAI INNUIT ET DE PEAU-ROUGE ALGONQUIN DU LABRADOR · texte numérisé non relu

TYPES COMPARÉS DE VRAI INNUIT ET DE PEAU-ROUGE ALGONQUIN DU LABRADOR

rotondité des joues; leurs petits yeux se cachent sous des paupières épaisses et bridées légèrement; les pieds, les mains, de forme arrondie, ne laissent point se dessiner extérieurement les muscles. Eux-mêmes, sous leurs épais costumes en peaux et en fourrures, apparaissent comme des

l’intérieur par un amas de nourriture dont la plupart des Européens n’ont aucune idée. On parle de lo, 12, i4 kilogrammes de graisse, d’huile, de viandes englouties , entonnées , sans discontinuité de repas, par un seul Innuit ou « Mange-Cru » — tel est le sens du nom « Eskimaux » donné par les Algonquins à leurs voisins du nord; — mais ces prodigieuses ripailles sont fréquemment compensées par des jeûnes très longs et d’ailleurs moins dangereux pour la santé

Chez les Innuit du Labrador, la grande épreuve des jeunes gens, l’examen final qui devait leur permettre d’entrer dans la compagnie des hommes faits était un jeûxie de plusieurs jours : ample, succulente, la nourriture était à portée de leurs mains ; ils n’y touchaient point , préférant défaillir.

La forme des demeures, de même que le vêtement et la nourriture, est commandée par les conditions du milieu. En certains endroits, notamment dans le Groenland méridional, les arbres de dérive apportés par le courant permettaient d’employer le bois dans la construction des huttes; ailleurs, dans le Groenland oriental, on utilisa les pierres; mais l’impérieux climat oblige les constructeurs à boiser ou à maçonner leur igloa dans la profondeur du sol ; les parois sont formées de mottes gazonnées, de lits de mousse revêtus extérieurement de neige battue. En mainte région du pays eskimau septentrional, la hutte ronde, à laquelle I. Elle Reclus, Les Primitifs, p. 3i; passim.

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