L HOMME TERRESTRE
eux ne songent même pas à pénétrer les lois de la création.
« Ne connaissant que ce petit coin de la nature qu’ils habitent, ils sont persuadés qu’il est toute la nature, et qu’au-dessus, au-dessous et à côté, il n’y a que le néant.
« Ne se doutant pas de la grandeur du problème, de l immensité de la route à parcourir, prenant pour le terme ce qui n’est que le commencement, ils croient à une vie unique, ne voient rien au-delà et meurent stupidement sans avoir jamais fait le tour d’euxmêmes.
<* Cependant, étonnés de souffrir, se sentant soumis à des lois qu’ils ignorent, subissant le joug sans connaître les causes, troublés par l’incessante perversité de ce monde, inquiets sur leur destinée, d’aucuns ont cherché la cause finale, la loi de justice, la sanction du bien et du mal. Mais leurs yeux de chair ne voyant pas ce qui est, et ne sachant pas que l’homme se rémunère lui-même, ils ont imaginé un Paradis et un Enfer, dans l’espace infini. Ils adorent un Dieu qu’ils ont créé à leur image, auquel ils prêtent leurs faiblesses ; un Dieu distributeur de peines et de récompenses éternelles, pour des fautes et des mérites d’un jour, vouant aux derniers supplices des êtres débiles, ouvrages des ses mains ; et chaque peuple ayant ainsi son bon Dieu particulier (bon pour lui, mauvais pour les autres), dont les attributs semblent inventés tout exprès pour outrager le sens commun.
« Allant à tâtons dans le monde moral,ils ne savent pas que les défauts et les vices des hommes sont un état passager, comme la faiblesse du premier âge. Ils ne savent pas que tout évolue dans l’Univers et tend
l’homme invisible
vers un état supérieur, que tout se transforme et se perfectionne ; que le progrès est la loi générale des êtres ; que tous y sont soumis ; que cette loi joue, dans ce domaine, un rôle analogue à celui que remplissent, dans l’ordre physique, les lois d’attraction et de pesanteur ; que ceux qui s’en écartent y sont ramenés fatalement ; que l’homme est ainsi son propre justicier; qu’il devient sans cesse ce qu’il a mérité d’être ; que chacun porte en soi-même le principe de son propre bonheur ou malheur, et que ce qu’ils appellent Destinée n’est que la résultante, à travers leur vies successives, de leurs agissements et de leurs libres résolutions. »
(C’est ce qu’on dénomme en théosophie la Loi de Causalité ou loi de Karma).
« D’autres, enfin, se disant plus éclairés, pleins d'orgueil pour la grandeur de leurs œuvres, faisant beaucoup de bruit dans beaucoup d’ombre, ne doutant de rien, se croyant le droit de déclarer impossible tout fait inconnu d’eux, nient bravement /’Auteur de la nature, sous prétexte qu’il est incompréhensible.
« Alors qu’ils ignorent la loi de leur propre manière d’être, ils affirment que l’Univers est le résultat du hasard ; que la vie est un accident, et l’homme un simple mécanisme qui fonctionne ; mais sans pouvoir expliquer comment le cerveau matériel donne naissance à des idées intellectuelles, ni comment persiste la mémoire après le renouvellement întégral de la masse encéphalique.
« De leur Caverne obscure ne pouvant juger de l'ensemble ; n’ayant aucune conception de l’existence individuelle de l’âme, de son origine et des phases de son développement ; impuissants à s’expliquer les con-
l’homme terrestre
tradictions apparentes d’ici-bas, la raison des maux, Futilité des peines ; prenant sans cesse les effets pour les causes ; ignorant que dans l’ordre des faits, du plus simple au plus complexe, tout est réglé par une loi ; n’entrevoyant pas le but vers lequel tout marche, ils nient toute Intelligence Suprême, toute Puissance Directrice dans l’ordre général de la nature et croient tout savoir ; mais ce qu’ils savent n’est rien et ce qu'ils ne savent pas est tout.
«Tel est le sort de cette planète inférieure, destinée à recevoir des humanités commençantes dont l’entendement reste fermé aux vérités résidant en dehors de leur sphère et qui ne sont pas en correspondance avec leurs facultés organiques terrestres. »
C’est précisément pour ouvrir cet entendement que nous publions la présente Etude et que nous y traitons de l’homme Spirituel ou Divin, de cet invisible inconnu que nous allons faire connaître ; tandis que l’homme terrestre est assez bien défini par les lignes qui précédent.