‹ L'homme invisibleChapitre 39 sur 41 · ADYE VIT LE REVOLVER EN L'AIR, A SIX PIEDS DEVANT LUI · texte numérisé non relu

ADYE VIT LE REVOLVER EN L'AIR, A SIX PIEDS DEVANT LUI

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un Puis, la tête haute et se carrant, il descendit les degrés. Il traversa la pelouse.

Il approchait de la grille lorsqu’une légère brise sembla courir sur le gazon ; quelque chose remua auprès de lui.

— Arrêtez-vous un peu ! dit une voix.

Adye s’arrêta net, la main crispée sur le revolver.

— Hein? fit-il, blême et contracté, les nerfs violemment tendus.

— Faites-moi le plaisir de retourner à la maison ! dit la voix, d’un ton aussi sec et dur que celui du colonel.

— Je regrette ! répliqua Adye, un peu enroué subitement.

Et il se passa la langue sur les lèvres.

renverse. Il tira son arme gauchemen

et fit feu à tout hasard : aussitôt il reç

un coup sur la bouche et le revolver

fut arraché de la main. Vainement il

força d’empoigner une jambe insaisiss:

et de se'dégager ; il tomba en arrière

— Sacré !... fit-il.

La voix éclata de rire :

— Je vous tuerais tout de suite, 1

nonça-t-elle, si ce n’était perdre une l ‘

Adye vit le revolver en l’air, à six p

devant lui, qui le visait.

— Alors? demanda-t-il en se mettan

sur son séant.

— Levez-vous !

Adye se leva.

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la voix un mou a dans h Celui-c internent ses lèvre ; il reçu 'aîné à 1; — Attention! commanda la voix, d’un ton ferme. N’essayez pas de jouer avec moi. Rappelez-vous que, moi, je vois votre figure, si vous ne voyez pas la mienne. Vous allez retourner à la maison.

— Mais, il ne me laissera pas rentrer.

— Tant pis! Ce n’est pas à vous que j’ai affaire.

Adye se passa encore la langue sur les lèvres. Détournant ses regards, il vit au loin la mer bleue et sombre sous le soleil de midi, le gazon bien tondu à ses pieds, la blanche falaise, la ville tumultueuse; et, tout à coup, il connut que la vie est ' ien douce. Ses yeux se reportèrent sur ce petit objet de métal, suspendu entre iel et terre, à six pieds devant lui.

— Que faut-il que je fasse ? demandat-il d’un ton morne.

— Comment ! « Que faut-il que je fasse? » Vous n’avez qu’à vous en retourzhemen b il reç olver it il isiss:

rière üte, i ne l ‘ six p mettan ner.

— J’essaierai. S’il me laisse rentrer, promettez-vous de ne pas vous jeter sur la porte?

— Ce n’est pas à vous que j’ai affaire.

Kemp, après avoir fait sortir Adye, était remonté bien vite dans son cabinet ; rampant au milieu du verre cassé, regardant avec précaution par-dessus le rebord de la fenêtre, il vit le colonel en pourparlers avec l’Invisible. « Pourquoi ne tire-t-il pas? » murmura-t-il. Juste à ce moment, le revolver remua un peu ; un reflet de soleil vint frapper les yeux de Kemp. De la main celui-ci se fit un abat-jour, et essaya de suivre la direction du rayon qui l’aveuglait.

— Mais oui ! fît-il. Adye lui a remis son volver.

— Promettez de ne pas vous jeter r la porte! répétait le colonel à ce oment-là. Ne continuez pas une partie ignée.

— Retournez à la maison. Je vous dis ttement que je ne promets rien.

Adye parut tout à coup avoir pris une décision. Il se dirigea vers la maison, lentement, les mains derrière le dos. Kemp le guettait, fort embarrassé. Le revolver disparut, brilla de nouveau, disparut encore, et, à un examen plus attentif, se

révéla sous la forme d'un petit objet

sombre qui suivait le colonel.

Les choses se passèrent très rapide-

ment. Adye sauta en arrière, se retourna

tout d’un trait, voulut saisir le petit objet,

le manqua, leva les mains, tomba • en

avant sur le nez : au-dessus de lui flotta

dans l’air un flocon de fumée bleue. Kemp

n’entendit pas le bruit du coup tiré. Le

colonel se tordit, se souleva sur un bras,

retomba en avant et demeura immobile.

Un instant, Kemp, resta ébahi de

la tranquille insouciance dont témoi-

gnait l’attitude du colonel. L'après-

midi était très chaude et très calme ;

rien ne semblait remuer dans l’univers

qu’un couple de papillons jaunes se pour-

chassant à travers les arbustes, entre la

maison et la grille. Adye restait étendu

sur la pelouse, près de la grille. Les stores

de toutes les villas, au pied de la colline,

étaient baissés ; mais dans un petit pavil-

lon vert, on voyait une tête blanche, sans

doute un vieillard endormi. Kemp exa-

mina tous les alentours, cherchant des yeux

le revolver : plus de revolver ! Ses yeux

se reportèrent sur Adye... La partie

commençait bien.

Alors, il entendit sonner et frapper à

la porte d’entrée. Les coups devinrent

pressants. Mais, d’après les ordres de

Kemp, les domestiques s’étaient enfer-

més à clef dans leurs chambres. Il y eut

ensuite un silence. Kemp s’était assis,

l’oreille tendue ; il regarda au dehors, avec

précaution, par chacune des trois fenêtres ;

il alla sur le carré, en haut de l’escalier ;

là, il écouta fort inquiet. Armé du tison-

nier de sa chambre, il descendit exami-

ner de nouveau la fermeture intérieure

des fenêtres du rez-de-chaussée. Tout

était en bon état. Il remonta au belvé-

dère. Adye était toujours étendu sans

mouvement, au bord de l’allée sablée,

comme il était tombé. Sur la route, lon-

geant les villas, Kemp aperçut la femme

de chambre et deux agents.

Partout un calme de mort. Les trois

personnes semblaient approcher très len-

tement. Kemp se demandait ce que pou-

vait bien faire son ennemi.

Tout à coup, il tressaillit : un grand fracas arrivait d’en bas. Après avoir hésité d’abord, il redescendit. Soudain, la maison retentit de coups pesants et d’un bruit de bois volant en éclats. Il entendit un carreau cassé, puis les volets secoués avec un bruit de ferraille. Il tourna la clef et ouvrit la porte de la cuisine. Au même instant, les volets se fendirent, éclatèrent, vinrent tomber à l’intérieur.

terre, dans l’allée : puis cette petite arme

sauta en l’air. Lui, battit en retraite.

Le coup partit trop tard, mais tout juste

un éclat du bord de la porte qu’il refer-

mait sur lui vola au-dessus de sa tête.

Il fit claquer la porte et donna un tour

de clef ; de l’autre côté, il entendit Griffin

rire et crier. Puis ce fut la hache qui reprit

sa besogne de destruction.

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