‹ L'Homme n'est pas parfait, tableau populaire en 1 acteChapitre 8 sur 34 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LOUISETTE, MADELEINE, puis GODOLPHIN.

MADELEINE, riant.

Ah! ces hommes!... c’esl-y flâneur!

LOUISETTE

Eh bien, et le lapin sauté?...

Ah! dame, qu’est-ce que tu veux! au fond, c’est juste! V’Ià Michon qui a travaille toute la semaine... et le métier de porteur à la halle, c’est fatigant; faut ben qu’il s’amuse le dimanche, c’ l’homme !

LOUISETTE

Mais nous aussi, nous avons travaillé touteda semaine... et la preuve... (Désignant son panier.) C’est que j’ai de l’ouvrage à reporter... Ah! mais!... ah! mais!... c’est que j’ai une petite tête... Faudra que M. Godolphin marche plus droit que ça... Le dimanche, c’est la propriété des épouses!... (On frappe à la porte du fond.)

LOUISETTE

Ah! le cœur me saute!... Je parie que c’est lui.

MADELEINE

Baisse les yeux!... un futur... faut avoir l’air émue... (D’une voix forte.) Entrez, jeune homme! (Godolphin entre par le fond; il porte un deuxième gâteau de Savoie avec une rose ; h Louisotte.)

C’est ton pâtissier 1...

LOUISETTE, h part*.

Encore un gâteau de Savoie!... comme il m’aime!

MADELEINE, h Godolphin qui présente son gâteau.

Vu!... (Bas à Loiiiselto.) Baisse donc les yeux, toi! (Godolphin après avoir cherché un endroit où déposer son gâteau, fiait par lo mettre sur la petite armoire.)

MADELEINE, h Godolphin.

Qu’est-ce qu’il y a donc pour votre service, jeune homme ?

GODOLPHIN, avec une grande émotion.

Madame Madeleine.... inam’zelle Louisetle... je viens...

je... Ah !... ma poésie ! (il tire un grand papier de sa poche et so met h le lire avec mélancolie.)

« Sous l’aile de l’amour peut fleurir un flambeau;

La torche de l’hymen est le but que j'aspire;

* Louison, Madeleine, Godolphin.

Si Vénus Amphitritea causé mon martyre,

La torche de l’hymen deviendra mon drapeau. »

(a lui-même.) Je crois que je ne les ai pas mal récités!

LOUISETTE, effrayée.

Un drapeau!... vous voulez vous faire soldat?

GODOLPHIN

Moi !... non... (a part.) Elle n’a pas compris.

MADELEINE

Enfin, qu’est-ce que vous voulez? Voyons, jeune homme, sacrebleu I remuez-vous!...

GODOLPHIN

Vous voulez que je me remue, m’ame Michon?... Eh bien, tant pis! v’ià la chose!...

Air s

En parlant j’ crains les anicroches ;

A vous pourtant j’ dois tout confier;

Devant vous, si j' fais des brioches,

Excusez-moi, j’ suis pâtissier.

J’ai vu passer mam’zeir Louisette,

Devant la boutique à papa,

Et, sans jamais tourner fa tête,

C’est la mienne qu’elle tourna.

EU' repassait tout’ la journée;

Je me mettais à rêvasser...

Ça fait d’ l'effet de voir tout’ l’année,

Un’ blanchisseuse repasser.

Je deviens fou depuis six s’maines;

Tous mes godivaux sont ratés ;

Y mets du jambon dans les mad’leines,

Et de la crème dans les pâtés.

Papa, voyant sa clientèle Finir par aller chez l'voisin,

M’a dit : « Va-t’en trouver ta belle;

Finissons-en, d’inand’ lui sa main. »

J’ n’ai pas un mauvais caraclère,

Dans trois mois j'aurai vingt-deux ans;

Mam’zeir, voulez-vous que j’ sois l’père,

Et vous la mèr’ de nos enfants?

MADELEINE, parlé.

Eh ben, dites donc jeune homme!...

GODOLPHIN, reprenant.

En parlant, j’ crains les anicroches;

A vous pourtant j’ dois tout couiier,

Maint’nant, si j’ai fait des brioches,

Excusez-moi, j’ suis pâtissier!

MADELEINE

Jeune Godolphinl...

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