SCÈNE III Les Mêmes, MICHON, puisBOIROT
MICHONj il a sa veste déchirée et entre par le fond .
Il a queuté I... ça ne se fait pas 1 Je dis que ça ne doit pas compter! -
LOUISETTE, voyant son désordre.
Ah ! mon Dieu !
MADELEINE, à MicLon.
Quéque t'as donc? Tu l'esbailu?...
MirnoN.
J'ai eu des mots avec les camnrades... j'avais pas tort... demande plutôt à Boirot... Eh ben, par où donc est-il passé?... ohé, Boirol, ohé!
BOIROT, paraissant à la porte àa fond **.
Me voilà! me voilà ! (Descendant.) BonjGur, m'ame Michon.
MADELEINE, sèchement.
Bonjour... bonjour...
Ces animaux-là, ils ont déchiré mes frusques. Louisette, ma redingote, (iiôte sa veste.)
LOUISETTE, prenant la veste et la posant sur une chaise au fond.
Voilà!... (Elle sort nn instant par la deuxième porte de gauche et rapporte "a Michon une redingote.)
MADELEINE
T'as pas de mal, mon homme?... t'est intact?
MICHON
Au grand complet. Bah! quelques coups de poing... entre
hommes... est-ce que ça compte... (a Louisette qui tient la redingote.) Aide-moi à passer la manche, (ii met sa redingote.)
BOIROT
Tout ça, voyez-vous, c'est la faute à Coindet.
MADELEINE
Qui ça, Coindet"?
BOIROT
Le grand Coindet... m'ame Michon, v'ià la chose... Y avait au Cilié, Puliveaii et Beziichet; y avait aussi Gugusle et puis Gouifin cl puis Coindet. V'ià Coindet, qui faisait vingt points avec Michon; v'ià Coindet qui dit à Michon : t Cent sous
• Louisette, Michon, Madeleine.
** Louisette, Michon, Madeleine, Boirot,
que je fais celui-là ! » V'ià Michon qui dit : « Ça va. » V'ià Coindet qui se met à queuter et qui carambole. »°V'là Michon qui dit à ça : « Je ne payerai pas, t'as queuté. » V'ià Coindet qu' iit : « C'est un carambolage : » Alors, moi, je dis à Coindet: « Ça, un carambolage!... ousqu'est mon fusil!... » Là-dessus, un mot en amène un autre, et puis on se cogne... Moi, je dis que nous avons tort d'aller dans ce cale là, parce qu'il n'y a que des gens communs... et des gens conniiuns, il n'en faut pas'... En chasse!... moi, je suis pour les bonnes manières.
MICHON, qui a fini de s'habiller.
La !... ça y est.
MADELEINE
Alors, le temps de mettre un bonnet, et en route pour
Asnières! (Elle remonte à gauche.)
MICHON, embarrassé *.
Asnières!... (U regarde Boirnt.)
BOIROT, à pari.
Fichtrel...
MICHON, bas à Coirot.
Eh bien, et ma brunisseuse !.. . Tire-moi de là, Boirot.
MADELEINE^ se rapprochant de lui.
Dimanche dernier, t'as été à la foire à Saint-Cloud avec Boirot, et tu nous a promis de nous mener dîner aujourd'hui ; est-ce que lu ne l'en souviens plus?
MICHON
Si fait... sil... mais c'est que...
MADELEINE
Quoi?...
J'ai des affaires... voilà I . . .
MADELEINE
De quoi?... des affaires un dimanche?
BOIROT
Et puis Asnières, c'est encore un endroit commun, allez, m'ame Michon! Il n'y a que des canotiers, et ces gens-là ont des expressions... à faire casser leurs avirons!... Écoutez, m'ame Michon, on peut vous dire ça... Eh ben, ce soir, nous allons dans le monde...
MADELEINE
Dans le mondai
* Loiusette, Madeleine, Michon, Boirot.