FAI-TOKAS DE TONGA
« C’est au sein des forêts que les anciens habitants des iles Tonga, idolâtres de leurs rois, avaient placé les tombeaux de cette race sacrée. Ces monuments d’un âge plus entreprenant étonnent aujourd’hui par leur masse et leur étendue. Les fai-tokas, ainsi se nomment ces sépultures, sont des éminences artificielles, au sommet desquelles s’élèvent, sur un plan quadrangulaire, trois ou quatre assises
* Genèse, chap. xxvin, v. 16 à 22.
* Genèse, chap. xxxv, y. 19 et 29.
s G. Sale. Observ. hist. sur l’Islam
LES PASTEL' HS.
ou huit de largeur et deux d’épaisseur. Les plus somptueux de ces monuments ont quatre ou cinq rangs de gradins* de manière à former une hauteur totale d’une vingtaine de pieds. L’intérieur en est comblé par des galets et des morceaux bruts de corail. Un de ces faï-tokas, que je mesurai, se trouva avoir cent quatre-vingts pieds de long sur cent vingt de large. A l’un des angles supérieurs, je remarquai un bloc encore plus considérable et entaillé d’une forte échancrure. On me dit que c’était le siège de la Touï-Tonga-Fafine ; c’était là qu’elle se tenait pour présider à la cérémonie des funérailles du Touï-Tonga U »
Un monument encore plus étrange a été découvert dans ces dernières années à Tonga-Taboo, ile située sous le 20 u 40' de latitude sud et le 175° 40' de longitude ouest. Ce monument s’élève sur un roc de corail, dans une partie reculée de l’île, non loin de ces lombes cyclopéennes des Touï-Tongas, dont ont parlé Cook et d’Urvillc.
Il a été découvert par M. Philippe llervey, de Sydney. 11 est siluôàhuil ou neuf milles des tombeaux.
M. llervey, quoiqu’il ne fût pas pourvu des instruments nécessaires pour mesurer le monu-
* D’Urville, Premier voyage de l’Astrolabe, 1. IV.
ment, croit pouvoir affirmer que ses dimensions sont approximativement les suivantes : une pierre transversale qui s’appuie sur deux murailles parallèles a vingt-quatre pieds de long et quatre d’épaisseur. Les murailles ont seize pieds de haut, huit ou neuf de largeur cl quatre ou cinq pieds d’épaisseur. La matière qui a servi à celle construction singulière a été tirée des bancs de corail des côtes voisines, tandis que toutes les autres
Cromlech.
constructions de l’ile sont faites d’une pierre fournie par la grande ile Wallis, située au nord-ouest de Tonga.
Quant à l’époque où cette construction a eu lieu, il est impossible de rien préciser, ni même de supposer une date approximative ; mais, selon toute probabilité, cette construction remonte à une très-haute antiquité. Les indigènes, qui peuvent désigner les tombes de trente Touï-Tongas dont ils racontent l’histoire, ne savent rien sur le monument de corail. Ils haussent les épaules en
l’ASTEUItS.
signe d’ignorance, quand on les questionne à ce ' sujet, et disent qu’aucun homme de l’ilé n’en sait plus long qu’eux louchant le monument. A l’un des angles de l’édifice est un gros arbre qui ombrage la pierre rouge de son ombre étendue.
Dans le Yucatan aussi, d’anciennes constructions pyramidales situées au milieu des forêts de l'Amérique centrale ont été trouvées de nos jours, protégées de même par des arbres qui s’étaient ouvert une voie entre leurs pierres. Mais ce ne ne sont pas les exemples les plus authentiques et puisés aux sources les plus autorisées qui nous manqueront.
MORAÏS DE TAHIII
Des arbres, des casuarinas en général, distinguent les lieux où les indigènes enterrent les os de leurs morts. Ils donnent le nom de moraï à ces sépultures , qui sont aussi îles lieux où ils célèbrent un culte religieux.
« L’un de ces monuments est le principal morceau d’architecture que renferme l’ile. C’est une fabrique de pierres, de forme pyramidale, sur une base en carré long de deux cent soixante
sept pieds de longueur sur qualre-vingt-sept de large. Elle comprend onze rampes de blocs de corail blanc, élevées chacune de quatre pieds, ce qui donne quarante-quatre pieds de hauteur totale 1 . »
« Au milieu d’une clairière environnée de toute part d'ombreuses plantations, nous aperçûmes un moraï composé de trois rangées de pierres en forme d’escaliers, chacune d’environ trois pieds et demi de hauteur. Des cocotiers, des bananiers, des dracæna fleurissaient tout autour, et de jeunes casuarinas, aux rameaux longs et tombants, répandaient une mélancolie touchante sur cette scène... qui avait réellement quelque chose de grand et de favorable aux méditations religieuses*. »