I. HOMOTHÉRAPIE. — TRANSFUSION SANGUINE
a) Homohémothérapie. Nous rappelons que l’homohémothérapie est constituée par l’injection à un individu du sang d’un autre individu de même espèce. Pratiquée par voie intravasculaire, elle réalise la transfusion sanguine. L'histoire de la transfusion sanguine remonte très loin dans le passé. Les anciens Egyptiens l’auraient utilisée; Ovide nous rapporte que Médée aurait par son emploi rajeuni son vieux père Eson. Le Moyen-Age est muet sur cette question, qui revient en honneur dès le xv° siècle;
on l’exécute sans succès en 1492, sur la personne du pape Innocent VIII. Mais c’est surtout dans la seconde moitié du xvi° siècle, après les travaux de Harvey, que la possibilité de la transfusion sanguine, basée sur des garanties expérimentales, apparût aux yeux des savants.
Nous rappelons que les premières transfusions furent exécutées avec du sang animal, sang d'agneau le plus souvent. R. Lower décrit le premier une technique rationnelle (1667). La même année, Denis et Emmeretz pratiquent la première transfusion sur l’homme. Mais des résultats malheureux ayant fait suite à quelques succès, le Parlement de Paris publie le 10 janvier 1670 un arrêt défendant à tout médecin ou chirurgien la pratique de la transfusion, et il faut arriver au début du xix° siècle pour la voir sortir de loubli. Un chirurgien anglais, Blundell, la réussit en 1818 chez une femme atteinte d’hémorragie utérine. Elle coanaît alors un nouvel essor : entre l’année 4895 et l’année 1868, Oré relève 75 cas de transfusion, et 293 dans les huit années qui suivent. Cependant, les médecins n’y ont recours que rarement et l’opération reste entre les mains de quelques rares adeptes’ comme Oré, Roussel, Moncoq.
Les travaux expérimentaux de Hayem (1880) sur la transfusion et sur les hémorragies et leur réparation après transfusion, marquent une date dans l’histoire de cette thérapeutique. Il a cependant fallu attendre que les chirurgiens s’attachent à nouveau à cette question, dès le début du siècle actuel, pour que le côté pratique de la transfusion fut simplifiée. De nombreux appareils sont nés
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par cet usage. Enfin, en avril 4914, Hustin, de Bruxelles,
ayant établi les propriétés anticoagulantes du citrate de | soude, la transfusion est ainsi rendue plus aisée. Elle est à l'heure actuelle une opération courante.
On lui reprochait un pourcentage élevé d’accidents. À ce sujet, la guerre a permis de faire d’intéressantes constatations. D’après les statistiques publiées, il semble bien que l’on n’ait pas. d'accident à redouter si l’on se con- : forme aux règles tirées de l’étude des groupements sanguins. On peut s'étonner de voir la découverte des 1isoagglutinines par Landsteiner en 1904, la classification des individus de l’espèce humaine en quatre groupes sanguins acquise depuis 1907 (Jausky), mettre plusieurs années à pénétrer dans le domaine pratique de la transfusion. Aujourd’hui, ainsi que le disent P. Emile Weil et Isch-Wahl : « c’est cette notion des groupes et des règles qui découlent de leur existence qui domine toute la question des accidents de la transfusion ».
Les applications thérapeutiques de la transfusion nous : autorisent largement à la considérer comme une médication non spécifique. Si son histoire est surtout “chirurgicale, Si les chirurgiens presque seuls l’ont employée scientifiquement, c’est que ces applications cliniques sont avant tout du domaine de la chirurgie ou de l’obstétrique : elle est aujourd’hui le traitement de choix de toutes les grandes hémorragies chirurgicales et obstétricales.
L'injection intraveineuse de sang, la transfusion a trouvé en ces dernières années une indication nouvelle dans le traitement de certains syndrômes morbides, en