‹ L'homohémothérapie Dans La Démence PrécoceChapitre 16 sur 27 · PER · texte numérisé non relu

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ladies mentales par les chocs, lorsque nous avons divisé en huit groupes les diverses médications choquantes, nous avons considéré, avec Mlle Pascal, les chocs sériques et sanguins comme faisant l’objet d’un chapitre particulier où l’on trouve à la fois des phénomènes de choc, de pyrétothérapie, de thymothérapie, et de cyto-opothérapie. La thérapeutique sanguine constitue une double méthode thérapeutique : physiologique et biologique. Dans certains casse surajoute une action psychothérapeutique curative déjà signalée par plusieurs auteurs.

-Mais, comme toutes les médications choquantes, le choc sanguin sollicite des réponses du terrain qu'il ébranle; il cherche à harmoniser les énergies mal distribuées. Il exige pour se produire un dynamisme humoral morbide défaillant, mais non déficient. Il réajuste les énergies dispersées, mais il ne les crée pas. Il ne peut réussir que chez certains malades, à un moment de leur maladie, et n’est indiqué que dans certaines formes et certains degrés de la pathologie humorale. La susceptibilité au choc est nécessaire pour la thérapeutique sanguine comme elle l'est pour l’anaphylaxie spontanée ou provoquée. « Ne se sensibilise par qui veut », dit Widal. Nous ajoutons : « Ne bénéficie pas qui veut de la thérapeutique par les chocs ». Le Professeur Widal a donné le nom de diathèse colloidoclasique à ce terrain propice à l’éclosion des chocs. Il n’est pas une étiologie, une constitution fixe avec des éléments statiques, immuables, mais un ensemble de troubles dynamiques qui révèlent des possibilités de réactions biologiques individuelles, une tare humorale qui

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rend les sujets particulièrement vulnérables à tous agents de colloïdoclasie.

Transporté dans le domaine de la pathologie mentale, le problème de la diathèse colloïidoclasique devient extrémement fécond. Dans notre travail avec Mile Pascal, nous avons démontré que ce qui est spécial à l’anaphylaxie organique est tout aussi spécial à l’anaphylaxie mentale. Dans les deux cas, on trouve les deux mêmes réactions : instabilité de l’équilibre mental, neurovégétatif et colloidal, tendance à réagir par des chocs anaphylactiques aux actions colloidociasiques les plus diverses, curabilité par la thérapeutique des chocs.

À l’anaphylaxie mentale nous avons ajouté la vulnérabilité particulière à l’égard des émotions, c’est-à-dire la sensibilisation par les chocs émotionnels. Nous avons assimilé ces derniers aux phénomènes de chocs anaphylactiques. Leur étude nous a paru capitale, et nous a conduit à élargir sensiblement la signification des états de choc et à apporter une preuve de plus à la théorie de Widal; cet auteur a démontré qu’à côté des chocs anaphylactiques et des chocs protéiniques, il en est d’indiférenciables des précédents, comme le choc a frigore, dont on ne saisit pas la cause déclanchante, mais qui produisent les mêmes phénomènes de déséquilibre colloïdal.

Par analogie avec la diathèse colloïdoclasique de Widal, nous avons décrit avec Mlle Pascal Le terrain psychocolloïdoclasique qui exprime l’ensemble des possibilités réactionnelles humorales propices à l’éclosion des chocs. Sur ce terrain psychocolloïdoclasique, les émotions appa-

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raissent comme des réactions soudaines et intenses, de mise en action des imprégnations émotionnelles et protéiniques accumulées.

C’est sur ce terrain, et sur ce terrain seulement, que le choc curateur n’est pas toujours un hasard, qu’il est plus facile à produire régulièrement et à expliquer. Le mécanisme de l’imprégnation protéinique et de l’anaphylaxie mentale permet d’éclairer celui de l’action thérapeutique. Le choc sanguin thérapeutique repose sur une loi précise du dynamisme mental : le double rythme de la sensibilisation et de la désensibilisation. La connaissance du terrain biologique permet de prévoir l’action des chocs. Nous avons longuement démontré dans notre ouvrage que la thérapeutique sanguine n’apporte des modifications heureuses que dans les états de psychocolloïdoclasie,

En l’état actuel de la science, la pathologie mentale s’achemine vers la biologie. La classification des psychoses basées sur les lésions anatomo-pathologiques est très limitée. Un vaste groupe de syndrômes et d’entités attendent toujours leur cadre pathogénique; les ahénistes les plus optimistes nous promettent la découverte de lésions impondérales, infinitésimales, que nos moyens actuels d'investigation ne nous permettent pas de déceler, et qu’un microscope plus puissant nous révèlera peut-être. La puissance de la tradition est si grande en psychiâtrie qu'elle défend de reconnaître d’autres lésions que celles dues aux microbes ou aux toxines.

Dans la pathologie générale, la recherche des critériuns auatomo-pathologiques ne constitue plus l'intérêt

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principal des classifications. L’asthme, l’urticaire, l’hémoglobinurie paroxystique ne donnent plus lieu à ces préoccupations scientifiques. La crise vasculo-sanguine, les phénomènes organo-végétatifs, suffisent à expliquer leur nature, leur évolution, et les résultats heureux de la thérapeutique par les chocs. Il en est de même de toutes les psychoses qui n’ont pas de base anatomo-pathologique déterminée.

L'étude des diverses médications choquantes nous a permis, non seulement d'isoler le terrain psychocolloïdoclasique, mais encore de différencier trois groupes de syndrômes psychocolloïidoclasiques :

a) Psychocolloïdoclasies polymorphes et aspécifiques; b) Syndrômes psychocolloïdoclasiques accidentels et transitoires ;

c) Psychocolloïdoclasies dites « constitulionnelles ».

a) SYNDRÔMES PSYCHOCOLLOÏDOCLASIQUES POLYMORPHES ET ASPÉCIFIQUES. — Ces syndrômes mettent en valeur l’aptitude facile au déséquilibre mental et colloïdal, le polymorphisme réactionnel et la sensibilisation par les antigènes les plus variés. Dans ce groupe rentrent tous les déséquilibrés mentaux (dégénérés de Magnan, etc.) qui présentent au cours de leur vie, sous l’influence de causes banales (fatigue, émotion, alimentation, médicament) des accidents psychiques transitoires : bouffées délirantes, états cyclothymiques brusques, dissociation mentale. Ce sont des colloïdoclasiques mentaux instables qui manifestent leur déséquilibre par des oscillations brusques et

alternatives de sensibilisation et de désensibilisation, et chez lesquels on ne trouve de spécificité, ni dans l'imprégnation, ni dans les aptitudes réactionnelles.

b) SYNDRÔMES PSYCHOCOLLOÏDOCLASIQUES ACCIDENTELS ET TRANSITOIRES. — Ces syndrômes englobent le grand groupe des syndrômes psychopathiques transitoires et accidentels qui représentent les réactions dynamiques, psychiques et humorales, endocriniennes et neuro-végétatives de la pathologie mentale toxi-infectieuse et émotionnelle. Ce sont d’abord les psychoses protéiniques : traumatiques, toxi-infectieuses et émotionnelles qui donnent naissance aux états aigus confusionnels, maniaques, etc... Les syndrômes clasiques qui accompagnent les lésions organiques des démences organiques, de la paralysie générale, rentrent également dans ce groupe.

€) PSYCHOCOLLOÏDOCLASIES DITES « CONSTITUTION- : NELLES ». — La nature anaphylactique des psychoses intermittentes et de l’épilepsie a été particulièrement bien mise en valeur par les travaux de Pagniez, Pagniez et Lieutaud, Bouché et Hustin, Garrelon, Tinel et Santenoise. Ces recherches précisent le terrain psychocolloïdoclasique et mettent en valeur que les crises comitiales, anxieuses, maniaques, sont des syndrômes de choc. Nos études sur la thérapeutique des maladies mentales par les substances choquantes en général et par les chocs sanguins en particulier, nous ont conduit à rapprocher des réactions anaphylactiques mentales toutes les psychoses affectives dites

«æeonstitutionnelles » qui n’ont pas de critérium anatomopathologique.

A la lumière des recherches sur la colloïdoclasie et l’anaphylaxie mentale, la notion des constitutions psychopathiques se précise. Aux tendances statiques fixes, permanentes, immuables, se substituent « les possibilités dynamiques », les possibilités des réactions biologiques individuelles. La thérapeutique par les chocs, lorsqu'elle réussit, suspend temporairement ou définitivement les tares dites constitutionnelles les plus fixées. Sous l’action de cette thérapeutique, le fond des constitutions n’est plus qu’un déséquilibre, et les réactions morbides apparaissent comme des réactions modifiables et mouvantes.

Pour ces raisons, nous avons considéré comme des équivalents cliniques de la colloïdoclasie les psychoses humorales et affectives suivantes : cyclothymie, épilepsie, psychasthénie, hystérie, schizophrénie, paranoia, délire de revendication. Ces syndrômes si disparates traduisent l’aptitude facile au déséquilibre mental et colloïdal et l’extrême sensibilité aux chocs émotionnels. Ils naissent et évoluent, persistent ou guérissent, dans les mêmes conditions que les syndrômes anaphylactiques connus de la pathologie générale : asthme, urticaire, etc.

En précisant les limites du terrain psychocolloïdoclasiquêé, par conséquent celles de l’hémothérapie chez les ‘aliénés, nous n’avons tenu compte que de l’instabilité de l'équilibre colloïdal si bien mise en valeur par Widal et ses élèves.

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Nous n’ignorons pas que le professeur Lumière, dans une série de publications intéressantes, a défendu une théorie originale sur la floculation plasmatique. Pour cet auteur, l’état de sensibilisation correspond à une altération humorale qui rend le plasma apte à floculer par l’antigène sensibilisateur et la crise anaphylactique est provoquée par les floculats. Il reproche à Widal et à ses adeptes de prendre la crise hémoclasique pour une étiologie alors qu’elle n’est, selon lui, qu’un témoin, un effet secondaire et sans importance de l'excitation due, non seulement aux floculats, mais aussi à des modifications vaso-motrices banales. Il réfute comme dangereuse la notion de colloidoclasie.

Dans un intéressant travail, Maurice Vernet fait une critique serrée de la théorie de la floculation. Il remet au premier plan l'instabilité de l’équilibre colloïdal et montre combien il est difficile d'expliquer la sensibilisation par la production des floculats. Il insiste sur ce fait qui nous paraît de la plus haute importance que « le jeu de bombardement des floculats » ne s'applique pas à la généralité des cas, ne peut créer par lui seul les manifestations de l’anaphylaxie, et n’explique surtout pas leur localisation. Avec une argumentation claire et précise, il montre que la théorie de Lumière ne s'accorde pas avec tous les faits d'expérience et d’observation, et il établit une nouvelle théorie, celle de l’altération sensitive organique.

Pour nous, ces théories pathogéniques n’apportent aucune clarté à la sensibilisation anaphylactique mentale, aucune précision au mécanisme du choc thérapeutique.

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Que le terrain humoral, dynamique, modifiable et mouvant de l’anaphylaxie mentale soit un état d’instabilité colloïdale ou de floculation plasmatique, les réactions de choc s’accompagnent toujours de troubles hémoclasiques intenses qui ne sont pas seulement des modifications vasomotrices banales, mais constituent un véritable syndrôme caractéristique de la sensibilisation et de la désensibilisation anaphylactiques. La floculation n’est pas un fait clinique. L’excitation mécanique et brusque des terminaisons nerveuses de l’endothélium des vaisseaux des centres ne saurait être l’unique pathogénie. Dans la complexité des phénomènes morbides de l’humoralité, il existe toujours un enchaînement de causes et d’effets, des intrications pathogéniques où il est difficile de préciser la part qui revient à chaque élément.

Pas plus que dans le travail que nous avons publié avec Mlle Pascal, nous ne cherchons à démêler ces causes. Nous nous contentons de dire avec le professeur Widal que le choc curateur, c’est la « rencontre heureuse des colloïdes ». Par contre, le choc pathogène ne peut être que leur « rencontre malheureuse ».

Nous nous sommes étendus un peu longuement sur la question de l’anaphylaxie mentale. Il nous a semblé nécessaire de préciser la nature de ce terrain qui rend possible le choc pathogène, le choc préventif et le choc thérapeutique.

Nous ne pouvons expliquer les résultats heureux du choc sanguin qu’en tenant compte de ce terrain psychocolloïdoclasique et de ses réactions.

Le choc peut être le résultat prédominant de l'injection de sang. Il peut aussi s’accompagner d’une action stimulante nutritive, et cyto-opothérapique.

Quand l’effet-choc n’est pas le seul recherché, il peut passer au second plan; mais il est constant; il sert de lien à toutes les thérapeutiques sériques et sanguines, et c’est ce qui permet de les réunir en un même chapitre.

Il est logique de diviser ces modes de traitement en deux groupes :

4) Dans un premier groupe on demande la guérison à des albumines véritablement hétérogènes, et en plus de l’action choquante, on cherche une action stimulante surajoutée. à

2) Dans un second, on utilise l’action choquante au moyen des propres albumines du sujet.

Nous suivrons cet ordre pour l'exposé de nos observations et l’étude des modifications provoquées. Nous étudierons done surtout l’homohémothérapie, puis l’autohémothérapie qui n’en est qu’une variante. Pour chacune de ces deux modalités thérapeutiques, nous résumerons les observations des malades traitées, avant d'étudier le mode d'action du traitement,

HOMOHÉEMOTHÉRAPIE

Avec Mlle Pascal, nous avons traité par les injections de sang humain dix malades, Avant d’exposer brièvement leurs observations, nous décrirons la technique suivie.

Technique. — Les accidents causés par les injections de sang total, non modifié, de groupe sanguin non compatible, fait souvent hésiter à les pratiquer. Il est pourtant très simple de juger cette compatibilité : on prend au malade qui recevra les injections À ou 2 cm° de sang qu'on laisse reposer jusqu’à ce que le sérum surnage. Si l’on est pressé, on peut centrifuger de manière à se procurer immédiatement le sérum. De ce sérum, on étale une goutte sur une lame de verre. Par ponction de la pulpe du doigt, on prélève au malade qui servira de donneur une goutte de sang qu'on laisse tomber sur le sérum déposé sur la lame. S’il se forme, au bout de quelque temps, vingt à trente minutes, de petits amas rougeâtres pareils à de la brique pilée, il y a agglutination des hématies du donneur par le sérum du receveur, et en même temps incompatibilité. Au contraire, le mélange sang-sérum reste homogène s’il y a compatibilité sanguine. Sauf dans un seul cas, les malades donneuses de sang étaient de groupement

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