L'homœopathie et la vieille médecine
J. -B. BAILLIÈRE, rue de l’Êcole-de-Médecine, 43 bis ; LEDOYEN, au Palais-Royal, galerie d’Orléans, 34.
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C’est encore pour les gens du monde que j’écris, c’est pour eux seuls que j’écrirai toujours. 1YJ011 but est ia propagande homceopathique, je veux répandre ia vérité en médecine dans toutes les classes de la société; trop longtemps , faute de mieux, il a fallu subir le joug redoutable de l’ancienne routine, il est temps que le flambeau de notre science nouvelle dissipe les épaisses ténèbres au milieu desquelles errent encore les gens de l’art. Que m’importe le blâme ou la colère de confrères malveillants ou irréfléchis, moi qui ai la conscience de mes bonnes intentions, du bien que j’ai déjà opéré en suivant cette marche, et du fruit que finiront par tirer de ma persévérance ceux qui ont tant d’intérêt à connaître la vérité î En 1842 , cédant, contre mon opinion, à des conseils d’amis, je fis remettre à dix-huit cent soixante-douze médecins exerçant à Paris, une brochure dont j’avais prévu le résultat, elle avait pour titre : Lettre aux Médecins français sur i’Homœopathie. J’avais réuni dans un cadre très étroit tout ce qui pouvait fixer l’attention d’hommes consciencieux et avides de progrès. Trois allopathes
que l'ancienne Médecine?
La Médecine est un labyrinthe d’où Hahnemann est sorti le premier.
Il me serait bien plus facile de dire ce que ce n’est pas, que d’indiquer ce que c’est ; cependant, sans chercher une définition qai me paraît trop difficile à trouver, je dirai que c’est un recueil d’observations plus ou moins justes, d’indications à remplir plus ou moins incertaines, de préceptes plus ou moins erronés formant un tout qui constitue la science du médecin et dont il parvient, parfois, à faire un usage utile à ses semblables s’il est doué d’un instinct malheureusement trop rare , que le travail ne donne pas , et qui fait la principale différence entre l’homme habile et le routinier. Les armes dont le médecin ordinaire doit se servir, sont aussi dangereuses qu’infidèles; aussi, le voit-on toujours doutant des résultats, n’attaquer, qu’en tremblant, des cas graves dont il ne veut pas garder seul la responsabilité, et qu'il a ami de faire partager à quelques confrères
seulement m’écrivirent des lettres polies pour me remercier d’une communication qui leur avait fait plaisir, et deux autres me renvoyèrent ma brochure, par la poste, avec accompagnement des plus grossières injures. Telle fut ma récompense d’un travail entrepris dans l’intérêt de la science et de l’humanité !
Persuadé plus que jamais qu’il y a folie à vouloir dessiller les yeux de gens qui ont résolu de ne point voir, je ne m’occuperai plus, à l’avenir, des sectateurs de la vieille médecine, excepté pour signaler leurs erreurs et le danger de leur pratique. Sans cesse je ferai de nouveaux efforts pour détruire l’influence pernicieuse de nos ennemis sur les malheureux malades qu’ils cherchent à éloigner de nous par tous les moyens possibles. De tout ce que je dirai, naîtra, j’espère, cette conviction : que l’homœopathie, te! laquelle est aujourd’hui, l’emporte beaucoup sur toutes les méthodes curatives proposées ou suivies jusqu’à ce jour, et qu’un médecin homœopathe même de second ordre, peut rendre de plus grands services à l’humanité que le plus savant professeur de la Faculté !
en renom. Suit-il de là que l’ancienne médecine n’ait rendu et ne rende aucun service à l’humanité? loin de moi cette pensée aussi fausse qu’injuste; trop de faits prouvent le contraire ; cependant , je ne puis rien comprendre à l’entêtement aveugle de praticiens qui aiment mieux languir au sein du doute que d’acquérir une conviction. Il n’est peut-être pas un cas grave où un médecin, même habile, puisse affirmer une guérison, ni même fixer aucun délai au traitement qu’il compte prescrire et qui n’est presque jamais sans inconvénients plus ou moins graves pour la santé future du malade ; citons un exemple :
La saignée est sans contredit le moyen thérapeutique qui a donné le plus de partisans à la vieille médecine à cause de son effet immédiat, et comme il ne faut pas grand génie pour son application au traitement de toutes les maladies, il suit de là que saigneurs et saignés se montrent ordinairement enthousiastes de ce moyen qu’ils appellent héroïque , et dont on fait une panacée universelle. Il n’est pour ainsi dire pas une af-
fection contre laquelle on ne recourt à ce dangereux mode de traitement dont les gens du monde n’apprennent ordinairement que trop tard les fâcheuses conséquences. Je conçois parfaitement qu’on ait employé jusqu à ce jour la saignée faute d-e mieux; sans son secours les malades seraient morts dans bien des circonstances; mais maintenant que l’homœopathie rend cette dangereuse médication complètement inutile, on est surpris de voir des praticiens, qui passent pour consciencieux, continuer d’y recourir quoîqu ils sachent, par expérience, qu’elle altère profondément la constitution et détermine, à la longue, des hydropisies mortelles.
J ai chez moi, depuis dix ans, un cocher qui avait servi pendant seize ans le docteur Régnault, médecin de 1 hôpital du Gros- Caillou, où il ne ménageait pas les émissions sanguines; cet homme, robuste, replet très coloré, sujet aux étourdissements et aux épistaxis, ne manquait jamais d’être saigné deux ou trois fois par an. Il dormait sur son siège, malgré tous ses efforts : quatre doses de globules homœopatbiques l’empêchèrent, pendant' trois ans , d’être tourmenté par le sang. Après ce temps, il retomba dans les symptômes que j’avais fait disparaître : il eut encore de la somnolence, des étourdissements et des hémorrhagies par le nez. Je répétai le médicament qu il avait pris trois ans avant : depuis sept ans, il se porte parfaitement et n’a eu besoin d’aucun autre traitement. Que mes lecteurs retiei nent donc qu il n’existe pas un seul cas où la saignée ait été jugée autrefois nécessaire qui ne soit plus sûrement guéri par les remèdes homœopaihiques.
Pour constater de la manière la plus évidente l’impuissance de l’allopathie, il suffit de jeter les yeux sur les résultats qu’ont obtenus ses sectateurs dans le traitement du choléra en 1832 : pas une guérison qui leur soit raisonnablement attribuable; partout des prescriptions faites au hasard; les uns se renferment dans une prétendue médecine rationnelle ou physiologique, d’autres em ploient les moyens les plus baroques et les plus variés, et malgré ces essais infructueux, Paris voit succomber jusqu’à 1700 personnes en un jour!!! Que faisaient alors les homœopathes? sur les divers points du globe, tous tombaient d’accord sur le petit nombre de leurs médicaments capables d’arrêter le fléau, et 18 malades sur 20 leur devaient leur salut, quand ils les consultaient dans les premières heures de l’invasion. Les médecins de l'ancienne école n’aiment point
qu’on parle du choléra, je le conçois, cette page de leur histoire n’est pas brillante; ils allèguent pour leur défense, l’étrangeté et l’impétuosité du mal qui les avait pris au dépourvu ; passons donc à une autre affection quMs ont eu le temps d’étudier à loisir, et qui continue d’enlever le cinquième de l’espèce humaine; tous mes lecteurs nomment déjà la phthisie pulmonaire. J’ai entendu plusieurs professeurs de l’école confesser naïvement à leurs élèves que, même au premier degré de cette terrible maladie, ils ne voyaient rien à faire pour la combattre. Tel est en effet le déplorable traitement usité dans la pratique ordinaire, qu’un phthisique qui s’abandonne à la nature, se nourrit convenablement et se promène à l’air pur, vit toujours 3 ou A mois de plus qu’un autre, malade au même degré, mais qui, moins bien inspiré, réclame les secours de la médecine routinière.
Guérissez-vous donc tous les phthisiques MM. les homœopathes, nous dira-t-on? Non, certes, nous ne sommes point encore arrivés à ce beau résultat, mais nous en arrachons un grand nombre à la mort, quand ils réclament nos soins avant que les forces vitales soient épuisées, et surtout quand l’allopathie n’a pas ajouté ses ravages à ceux de la maladie Les revers que je signale sont incontestables, chaque jour ils se répètent aux yeux de tous, et cependant chaque jour sont appelées au chevet du moribond dans l’opulence, deux ou trois célébrités médicales qui n’ont jamais guéri la phthisie et ces imperturbables célébrités consentent sans cesse à venir assister à des enterrements plutôt que de conseiller l’homœopathie.
Il était réservé au génie saxon d’arracher l’espèce humaine aux Purgon et aux Sangrado moderne. Grâce à lui, la science médicale a fait aussi un pas immense, mais entre les mains seulement des médecins avides de progrès, car les allopathes en sont toujours au même point. Quel serait l’étonnement de Molière s’il revenait parmi nous! il ne pourrait en croire ses yeux ni ses oreilles : eh quoi, s’écrierait- il, saignare , purgare , clysterium donare , c’est encore là votre devise ! êtes- vous donc, Messieurs de la Faculté, plus incurables que vos malades mêmes? que m’a servi d’ouvrir les yeux de mes lecteurs sur vos exploits! je trouve toujours les mêmes insignes sur vos bannières! O Hahnemami , je m’incline devant ta grande ombre, toi seul forceras ces immobiles à marcher.
ligne des Allopatbes.
Nous mettrons tant d’acharnement que nous lasserons leur courage.
Quand une corporation puissante et dont l’influence se fait sentir sur toutes les classes de la société, a un intérêt prononcé à ce qu’une vérité ne vienne point détruire le prestige et les avantages de sa position acquise; cette vérité, quelle qu’elle soit, éprouve les plus grands obstacles à se faire jour. Personne plus que moi n’a apprécié la force de cette résistance compacte qui s’accroît à proportion des progrès que l’homœopathie fait dans l’opinion , et mon courage aurait peut-être chancelé, à l’idée de tant de difficultés h vaincre , si aux cris de rage de nos ennemis je n’avais pu opposer que ma seule voix; mais il est heureusement loin de nous ce temps où la vérité devait séjourner dans la poitrine de l’apôtre dès qu’il n’avait plus la force de l’émettre ! L’imprimerie et la publicité me viennent en aide , j’en userai donc autant qu’il sera nécessaire pour contrebalancer les efforts de nos détracteurs ; je leur laisse la mauvaise foi et le mensonge ; de telles armes leur sont utiles pour défendre leur mauvaise position. Un homœopathe n’en appelle qu’aux faits , sa science est une loi naturelle ; connue seulement depuis soixante ans , elle est vraie de toute éternité et ne finira qu’avec le monde.
La manière dont je qualifie la conduite de nos ennemis paraît peut-être sévère, mais je vais faire voir qu’il n'y a rien de trop dans mes expressions, car tous les moyens leur sont bons , quand ils leur donnent l’espérance de nous anéantir.
En 1832, Yhomœopathte donne signe de vie à Paris; les allopathes se réunissent pour l’étouffer dès son berceau : iis représentent cette nouvelle médecine comme un rêve creux, une folie de l’Allemagne, l’œuvre du charlatanisme le plus effréné. D’abord , ils n’emploient pour nous repousser que l’arme terrible du ridicule qu’ils regardent comme suffisante. Cependant, malgré cette marche adoptée, nous faisons des progrès dans l’opinion. Connaissant la faiblesse , la pusillanimité de certains malades , ils leur inspirent une terreur sur laquelle ils comptent , en disant que les homœopathes n’emploient que les poisons les plus affreux , et que les personnes qu’ils sont censés avoir guéri sont frappées peu après de mort subite.
Jusqu’alors, les princes de la médecine voulant sans doute passer pour infaillibles, ne gardaient jamais leurs malades jusqu’au
bout. Quand ils les voyaient baisser rapidement, ils se retiraient quelques jours avant le moment fatal qu’ils avaient soin d’annoncer, afitf que le malheureux patient succombât dans des mains subalternes. De temps en temps ces délaissés de la vieille médecine recouraient en désespoir de cause à la nouvelle, et quand nous les guérissions, leur cure rendait de grands services à la cause homœopathique. Nos adversaires ont apprécié les conséquences de tels succès, et main' tenant, en aucun cas, ils ne renoncent à un malade. Au contraire, ils ne manquent point d’entretenir chez les familles une sécurité qu’ils ne partagent nullement, heureux de nous empêcher ainsi le plus qu’ils peuvent, de faire ressortir la supériorité énorme de notre doctrine médicale sur leur science infidèle.
En 1835 , l’autorité consulte l’Académie de médecine pour savoir s’il est convenable d’accorder aux homœopathes des hôpitaux et des dispensaires. Cette décision était pour l’ancienne médecine une question de vie ou de mort; les allopathes en prévoient toute la portée ; ils frémissent à l’idée de nos inévitables succès que des milliers de bouches vont publier partout; ils voient déjà leurs déplorables hôpitaux se vider pour encombrer les nôtres ; ils connaissent la répugnance invincible des malades pour ces redoutables asiles dans lesquels ils ne se laissent ordinairement porter qu’après avoir épuisé leurs dernières ressources , parce qu’ils repoussent une médecine qui ne ménage point les forces vitales et les met si longtemps hors d’état de pourvoir à leurs besoins. Prévoyant donc toutes les conséquences d’une concession d’hôpitaux aux homœopathes, nos philanthropes académiciens se liguent pour em pêcher l’œuvre du génie d’Hahnemann de venir en aide aux malheureux. La question sera facilement décidée, ces messieurs soin juges et partie; pas un homœopathe n’est appelé au sein de la docte assemblée pour soutenir sa doctrine et éclairer la discussion. Trois séances sont employées à cet acte d’obscurantisme médical, et des hommes qui jouissent de l’estime générale, ne craignent point de se dégrader par un rapport souillé des plus infâmes mensonges pour arriver à leur but.
L’autorité , sur la lecture du rapport de l’académie, n’accorde ni hôpitaux, ni dispensaires aux homœopathes ; mais plusieurs d’entre eux se réunissent pour fonder des dispensaires à leurs frais où les pauvres abondent et recueillent les bienfaits de F ho-
mœopathie. Malheureusement on ne peut les loger faute de lits et de fonds nécessaires. A dater de ce fameux rapport, les allopathes, à l’aide de leurs journaux de médecine, s’entendent pour trouver le moyen le plus sûr de perdre l’bomœopathie; depuis lors, ils ne cherchent plus à guerroyer avec leshomœopathes, ne parlent meme jamais de cette médecine ; et si quelqu’un les interroge sur ce sujet, ils répondent, avec aplomb, qu’il n’en est plus question , que cette absurdité a duré quelques mois seulement 9 et a disparu de la scène du monde comme on devait s’y attendre ..... Vous êtes sujets aux illusions, messieurs les allopathes, vos désirs, vous les prenez pour des faits accomplis, et de même que vous croyez souvent avoir guéri vos malades, de même aussi vous vous figurez nous avoir tués. Cependant, vous ne vous acharnez que sur les vivants, vous laissez ordinairement vos morts tranquilles; pourquoi cette préférence marquée en faveur de î’homœopathie, dites donc aussi pour elle comme pour ceux que vous avez expédiés : terre sois lui légère , et ne vous en préoccupez plus.
En 1841 , j’ouvre un établissement spécial pour le traitement des maladies chroniques en général parl’homœopathie; ce fait était un démenti formel au mensonge organisé en grand par les allopathes pour nous représenter comme n’existant plus ; dès ce moment je deviens l’objet des combinaisons les plus noires. Je venais de quit er la rue Taranne, et de transporter mon cabinet de consultations rue Sainte-Anne; ils profitent immédia ement de ce changement de domicile pour répandre le bruit que : j’ai renoncé à ■ma clientèle en ville,, et à mes consultations, pour me confiner dans ma maison de santé. Sur ce renseignement qui me parvient de bonne source, j’adresse une circulaire à tous mes clients, pour leur signaler la fausseté de cette assertion. A l’ouverture de la Vi la- Beaujon , je fais une grande publicité dans les journaux, pour annoncer mon établissement. Quand j’ai fini ce que je voulais, on fait circuler dans Paris que pour rentrer plus promptement dans les frais énormes que m'a coûtés ma maison , j’ai fixé un prix exorbitant à mes traitements chezmoi, qu'il faut être fort riche pour y entrer, et que je ne reçois pas de malades à moins de 5 à 600 fr. par mois. — Je suis obligé de reprendre la publicité pour indiquer le prix de 300 fr. par mois que je place en tête de toutes mes annonces. On m’a laissé faire paisiblement ces nouvelles insertions, puis ,
maintenant, comme dernière perfidie , mes adversaires affirment de tous côtés que mon établissement est fermé et a complètement cessé d’exister. — Un tel acharnement est incroyable de la part des gens de l’art qui devraient être et se montrer amis du progrès.
A voir l’insouciance avec laquelle ces messieurs restent spectateurs paisibles des empoisonnements qu’opèrent chaque jour d’impitoyables charlatans, contre lesquels l’autorité est souvent obligée de sévir ; on serait tenté de croire que l’invidia medicorum est leur seul excitant, et qu’ils ne peuvent nous pardonner de guérir nos malades, et la plupart des affections graves contre lesquelles la médecine ordinaire vient si souvent échouer.
Aveuglement des Allopathes.
Pardonnez-leur, Seigneur, car ils ne savent ce qu’ils fout.
On ne sait que penser de l’acharnement des médecins aüopaihes contre l’homœopathie. On les croirait poussés par une sorte de fatalité qui leur fait rejeter, sans examen, la découverte la plus précieuse pour l’humanité, et accepter au contraire avec enthousiasme ce qu’il y a de plus pernicieux pour l’espèce humaine.
Quel n’a pas été et quel n’est point encore l’engouement delà tourbe routinière des médecins pour le déplorable système de Broussais! lancettes, sangsues, ventouses scarifiées, rivalisaient d’activité pour priver plus rapidement les malheureux malades du principe vital. Ces habiles praticiens retiraient l’huile de la lampe pour qu’elle allât mieux. Les gens du monde se soumettaient aveuglément à ce traitement homicide , et pour paraître à leurs yeux un médecin consommé, il suffisait de connaître la veine qu’il faut piquer, de distinguer la tête de la queue d’une sangsue, et de savoir la quantité de gomme arabique nécessaire pour une carafe d’eau gommée, liquida indispensable pour éteindre la redoutable inflammation.
L’académie de médecine qui poursuit de son anathème toute espèce de remède secret qui lui est présenté quel que puisse être d’ailleurs son mérite , accorde le prix Monthyon au docteur ***** pour le traitement des scrofules par l’iode. Les sujets censés guéris par ce redoutable poison , meurent presque tous de la phthisie pulmonaire et d' affection des voies digestives : l’atrophie
des mamelles , l'impuissance , wne mort prématurée sont la perspective de ceux qui sont soumis à ce fatal traitement , et cependant, les moutons de la médecine suivent machinalement la route tracée par leur chef de file ; de même que sans la moindre chance de succès, ils empoisonnent quotidiennement les cancéreux avec l’extrait de ciguë qui n’a jamais guéri personne, et qu’ils cautérisent les ulcérations et certaines éruptions avec le nitrate d’argent, quoique ces symptômes apparents demandent évidemment un traitement interne au lieu d’un agent répercussif.
La compression des glandes engorgées, mode de traitement que le plus grossier bon sens médical repousse , est admise par un grand nombre de praticiens qui ne font rien pour détruire la cause de la maladie, et ne tardent pas à déterminer la formation d’un cancer. D’où il suit qu’on peut à peu près juger du mérite d’une découverte en médecine par la fureur avec laquelle les gens de l’art la poursuivent , et du danger que présente telle ou telle autre , par l’adoption immédiate qu’ils n’hésitent point à en faire.
Nos savants de la rue de Poitiers n’admcttent plus pour le moment, la contagion de la peste; le virus de la syphilis et de la gale ne sont plus à leurs yeux que des chimères; heureux, si d’un jour à l’autre, la suppression des lazarets que ces grands hommes méditent ne ramène point la peste à Marseille. Quant au virus que ces Messieurs traitent, maintenant, avec une espèce de dédain, chaque jour ils sont répercutés par les traitements les plus absurdes; aussi, les voit-on donner naissance à toutes les maladies chroniques que l’Homœopathie seule parvient à guérir, tandis qu’elles font le désespoir de la médecine vulgaire.
Comment se fait-il que les Allopathes qui ne peuvent manquer d’avoir la conscience de leur faiblesse, s’opposent autant qu’ils peuvent à l’admission d’un progrès immense dans Part de guérir ? Le mieux est l’ennemi du bien, diront-ils peut-être; c’est quelquefois vrai, mais qu’a de commun le chaos médical avec le bien ?
tJn parti pris.
Je ne veux point lire ce qui me démontrerait mon erreur, car je serais forcé de l’abjurer.
L’homœopathie et la vieille médecine sont aux prises ; lutte bien inégale sans doute.
s’il s’agit du nombre des combattants rangés sous l’une et l’autre bannière, mais qui offre des deux côtés une résistance opiniâtre, trouvant sa force dans des éléments tout différents ; d’un côté, l’amour du progrès qui fait braver les études les plus ingrates et les plus pénibles, et qui donne à ses généreux sectateurs, pour prix de tant de travaux et de fatigue, ce que n’ont point leurs adversaires, une conviction. Soutenus par cette force immense qui les met , dans leur conscience, bien au-dessus des médecins ordinaires, les homœopathesne peuvent plus s’arrêter pour compter leurs ennemis, l’amour de l’humanité et de la science leur fournit assez de force et de courage pour leur résister, quel que soit leur nombre.
Sous les drapeaux de l’allopathie sont serrés de nombreux champions qui conservent encore une certaine valeur à cause de l’empire de l’habitude et de cette apathie qoi domine la multitude des malades aussi bien que ces ennemis intéressés de tout progrès. Aux débuts de l’homœopathie en France, l’opposition des anciens praticiens fut toute naturelle, leur conduite passait alors pour de la prudence, maïs après des milliers de cures opéréessous leurs yeux par leshomœopathesde puis 13 ans, continuer de déblatérer contre une médecine si supérieure à la leur, c’est mettre toute pudeur de côté pour persévérer dans une voie que je laisse à mes lecteurs le soin de qualifier eux-mêmes. Souvent dans le monde, et surtout dans des établissements religieux, on m’a fait cette question qui semblait une objection sans réplique contre notre médecine ; « Si Messieurs tels et tels , » hommes loyaux et de principes incontes- « tables , avaient la preuve de l’efficacité de « l’homœopathie, croyez-vous donc qu’ils « ne l’ adopteraient pas immédiatement ? » Tous les jours, j’acquiers malheureusement lapreuve du contraire; déjà, il y a longtemps, dans ma brochure ayant pour titre : Y Homœopathïe exposée aux gens du monde (1), j’ai développé les motifs de leur opposition permanente et irrévocable ; en ce moment , je me bornerai à un fait récent qui portera la conviction dans l’esprit de mes lecteurs.
En septembre dernier, une jeune femme de 25 ans, affectée d’une ophthalmie légère est traitée par le médecin de sa province, qui emploie les moyens usités en pareil cas. Les progrès du mai ne sont point enrayés,
(1) Brochure in-8°. Prix, 1 fr. Chez Appert, éditeur, passage du Caire, 54,
Kétat des yeux, en quinze jours, devient des plus alarmants. Le mari de cette dame que j’avais guéri, deux ans auparavant d’une affection très grave, me l’amène à la Villa- Beaujon et réclame les secours del’homœopathie. Le diagnostic était facile : ophtkalmie purulente au dernier degré de gravité; le pronostic douteux ; j’espérais la guérison, je ne pouvais rien promettre. Effrayé des chances contraires que je signalais, et de la responsabilité qu’il lui fallait prendre vis-à-vis de la famille de sa femme, M. P. me supplie de la laisser soigner chez moi, par le docteur ******* . Quoique jamais Allopathe n’eut-été destiné à traiter personne dans mon établissement , par considération particulière pour cette famille que j’aime beaucoup, je consentis à cette exception, en annonçant que je ferais mes réserves. M. ******* , le lendemain, après avoir examiné attentivement MmeP. se rendit avec le mari dans mon cabinet et s’exprima devant moi, en ces termes : « Il ny a pas « plus grave dans ce genre d'affection ,
« les yeux sont extrêmement compromis ;
« cependant , si l'on me donne carte blan- « che9 j'espère en huit jours amener un « mieux très prononcé ; la cure complète « exigera ensuite un traitement fort long. » Il indiqua avec détails le traitement qu’il comptait employer, on lira plus loin la consultation écrite de M. ******* 3 que je citerai textuellement, car elle est entre mes mains. J’annonçai à cet habile chirurgien que la maladie ne serait en rien modifiée par cette médication; cependant, après de grandes hésitations, M. P. pria M. ******* d’entreprendre le traitement. Je déclarai aussitôt qu eje ne voulais en rien y coopérer , que je ne visiterais plus la malade sans son médecin, enfin, que je ne donnerais mon avis sur son état ultérieur, que loin d’elle, et seulement si l’on me le demandait.
Après cinq jours du traitement le plus actif, le £)«•*******• sur la demande expresse de M. P. lui remit la consultation suivante pour être envoyée au père de la malade :
« Les médecins soussignés , appelés à
• donner des soins à Mme P., ont reconnu
• l’existence d’une ophthalmie purulente
* grave : du côté gauche, la cornée trans- « parente déjà opaque, dans une grande « étendue, ne permettait pas de distinguer « l’ouverture de la pupille. Du côté droit, « l’iris adhérait vers la partie inférieure à « un point opaque de la cornée. La pupille
* était petite, déformée, et non contractile;
« la vue était nulle à gauche, faible, confuse « et douloureuse à droite. Dans cet état, il « y avait lieu de concevoir les appréhensions « les plus sérieuses. »
Les moyens employés jusqu’à ce jour (1) ont consisté dans :
1° L’obscurité absolue de la chambre de la malade.
2° La saignée du bras et l’application de sangsues aux tempes.
39 L’application d’un large vésicatoire à la nuque.
Zi° L’application de ventouses sèches vers les régions temporales et mastoïdiennes.
5° Des frictions avec un mélange d’onguent mercuriel et d’extrait de belladone autour des yeux.
6° Des lotions et des bains locaux émollients.
7° Des pédiluves et manuluves chauds et
vinaigrés.
8° L’administration de quelques révulsifs intestinaux.
« L’état de la malade paraît présenter un » léger commencement d’amélioration (2), « mais il est encore impossible de porter un » pronostic précis sur les résultats ulté- » rieurs.»
Paris , le 25 septembre 1844.
Suivent les signatures de M. *******, et d’un jeune médecin qui faisait les saignées et les pansements.
Le septième jour de ce traitement, M“e P. était devenue complètement aveugle.
Epouvanté de ce résultat , M. ******* qui proposait la cautérisation des yeux avec la pierre infernale, et un large séton à la nuque , préféra ne pas supporter seul une telle responsabilité et demanda à s’adjoindre trois de ses confrères en consultation.
Le lendemain , la réunion eut lieu, la malade fut examinée avec soin, et le roi des oculistes, qui avait été choisi par M. ******* avec deux autres chirurgiens, fit les révélations suivantes, en présence de M . P . et de moi.
« Après avoir attentivement examiné cette « pauvre jeune femme, nous avons reconnu « que l'œil gauche est complètement et ir-
(1) Cinquième du traitement, avant lequel la malade voyait encore un peu des deux yeux.
(2) On comprendra sans doute que cette phrase prodigieusement dubitative n’avait rien de compromettant.
» révoeablement perdu : les membranes in- « ternes et externes de l’œil sont fortement « enflammées, les humeurs sont viciées, ont « perdu leur transparence, le pus s’est infil- « tré dans les lames de la cornée, l’iris acon* a tracté des adhérences, la pupille est défor* v mée, il y a des taies, l’œil a acquis un « volume considérable, il est pourri et doit a se vider incessamment. Quant au droit, « il suit la même marche, cependant, nous « espérons mettre cette jeune dame à même « de se conduire de son œil droit, à l’aide « d’un traitement fort actif et longtemps « prolongé, le voici : saignée du bras jus- « qu’à amener l’état chlorotique ; le lende- « main, sangsues aux tempes, purgatifs vao riés, et frictions sur les cuisses avec l’on- « guent mercuriel jusqu’à amener une très « forte salivation. » Ils’assura immédiatement de l’assentiment de ses collègues qui l’approuvèrent sans restriction. Après quoi , se tournant vers moi, fort de leur appui, il me dit d’un air railleur : « je pense que M. Hoff- « mann est complètement de notre avis, et « que dans un cas aussi grave, quand les « moyens les plus énergiques sont indispen- « sables, il n’y a point à songer à la rnéde- « cine homœopathigue ?
Ainsi interpellé, je fis ressortir tous les inconvénients des émissions sanguines, si contraires à la constitution de la malade, et je m’élevai avec indignation contre ces infâmes frictions mercurielles qui font tomber les cheveux et les dents, détériorent la poitrine et les voies digestives, et donnent aux malades une haleine cadavéreuse. J’ajoutai que je n’admettais nullement le pronostic de ces messieurs, et que malgré la gravité du cas, j’entreprendrais encore volontiers cette pauvre jeune femme, mais sans prendre aucune responsabilité. La discussion fut très vive, enfin la malade me resta; six semaines après, elle lisait couramment de ses deux yeux dans un texte très fin, et tout aussi bien de l'œil pourri que de l’autre. A cette époque j’allai voir M. ******* pour lui faire part de cette cure merveilleuse obtenue uniquement par des globules homœopathiques ; je l’engageai fortement à venir constater ce résultat remarquable, il n’y voulut point consentir. Les trois autres consultants ne s’en occupèrent pas davantage. L’occasion était cependant belle, s’ils n’avaient point eu l’intention formelle de fermer les yeux pour ne point voir, et de continuer leurs diatribes contre l’homœopathie.
J’ai cité ce fait, parcequeM. ******* jouit d’une estime méritée , et possède toutes les
vertus privées : que peutron raisonnable ment attendre de la bonne foi de tant d’au très qui se montrent nos adversaires.
El n’y a point «l'effet sans cause.
Quelque chose ne peut naître de rien.
La vérité que signale le titre de ce chapitre paraît tellement banale qu’il semble tout à fait superflu de s’y arrêter ; cependant, nos plus fameux médecins, chez lesquels la réflexion devrait jouer un grand rôle, disent chaque jour, avec une imperturbable assurance , que voulez-vous qu’on fasse à votre maladie? c'est nerveux , ou bien, c'est goutteux , il faut vivre avec votre ennemi. Qu’en certains cas , les nerfs soient principalement malades, en cela rien d impossible, mais leur maladie n’est qu’un effet , quelle en est la cause? c’est ce que ces savants ne savent pas, ou ce dont ils ne veulent ou ne peuvent tenir compte. Cependant, les maladies nerveuses cèdent merveilleusement à l’homœopathie , parce que nous recherchons et combattons, avec le plus grand soin, le vice héréditaire ou acquis dont dépend la maladie ; aussi, quand ce mauvais principe, quel qu’il soit , est guéri , la maladie nerveuse, si mal à propos regardée comme incurable, cède très facilement, c’est ce qu’on peut journellement constater dans le traitement de la migraine, du tic douloureux ou névralgie faciale, dans les troubles de la vision , de l’ouïe , de l’odorat , du goût et autres maladies nerveuses.
Il en est de même de la goutte , il est absurde de la considérer comme un être à part. Tous les goutteux ont un principe nuisible dans le sang ; leur maladie persévère et s’agrave tant qu’on ne les a pas débarrassés de leur ennemi que les allopathes ne s’entendent pas à combattre et bien moins encore à détruire. L’expérience prouve que quand cette maladie n’a pas été contrariée par de mauvais traitements et que le mal n’est pas arrivé à un degré très grave, elle peut guérir parfaitement avec les secours de notre médecine qui est également efficace dans toutes les affections rhumatismales, regardées aussi comme incurables par les plus célèbres praticiens.
Que nos savants professeurs se rappellent donc qu’il faut avant tout reconnaître la cause des maladies et qu’on ne peut obtenir aucun bon résultat, en s’en prenant unique* ment à des effets.
maladie» causées par rétat du Moral*
Les sangsues n’ont rien de rationnel contre ce genre d’affection.
On a déjà reconnu par tout ce que j’ai dit sur les virus, pourquoi la médecine ordinaire a si peu de succès dans les diverses maladies chroniques qui en résultent ; il est bon de constater que dans les affections qui nous occupent, sa nullité se montre encore plus effrayante. Un grand nombre de maladies aiguës fort redoutables, doivent leur origine immédiate à l’influence des passions : le chagrin, une joie trop vive, la colère, l’indignation concentrée, la terreur, une inclination contrariée, la jalousie, peuvent développer en peu de temps les symptômes mor bides les plus alarmants. Ces symptômes, quels qu’ils soient, cèdent ordinairement en peu de temps à l’action des remèdes homéopathiques. J’ai guéri en quelques heures, des fievres cérébrales , des aliénations mentales , des symptômes de choléra , des péritonites puerpérales , des crachements de sang et autres hémorrhagies graves , reconnaissant pour cause une impression morale très vive. Presque tous ces malades auraient succombé aux sangsues et autres moyens épuisants généralement usités, ou ceux qui auraient résisté se seraient ressentis-, le reste de leurs jours, de ce genre de traitement. C’est dans ces cas remarquables que la supériorité de l’homœopathie, sur l’ancienne médecine, est évidente pour tou*t juge impartial; aussi, pour renoncer à jamais à l’allopathie, suffit-il d’avoir été témoin d’une seule de ces cures, qui sont fort communes parmi nous, et dont il n’y a vraiment pas lieu d’être fier, car elles sont si faciles à opérer, à l’aide de nos moyens, qu’un homœopathe, même encore novice, ne craint pas de les entreprendre ; il n’en est pas de même des maladies chroniques qui exigent toute l’expérience et l’habileté d’uu praticien consommé.
Maladie» de» yenx.
Confier sa vue à l’allopathie c’est mettre à une loterie ou l’on gague bien rarement.
Il n’est point d’affection sur laquelle le charlatanisme médical s’exerce avec plus d’impudence et d’impunité. Des centaines
de malheureux sont journellement privés de la vue par l’ignorance des oculistes , et plus ces messieurs ont la vogue, moins ils se donnent de peine pour sortir de la déplorable ornière où ils pataugent, au grand détriment de la santé et de la bourse des malades.
Il est à Paris, dans cette spécialité, des réputations énormes basées on ne sait absolument sur quoi. Tel oculiste est en tête de ceux qui traitent les yeux , il y est parce que il y est ; mais d’où lui vient cette célébrité dont personne ne peut se rendre compte, et qui doit l’étonner autant que n’importe qui? a-t-il un spécifique précieux pour tel ou tel genre d’affection rebelle? il n’en est rien: son traitement, on le croirait coulé dans un moule, il est pour tous les cas toujours le même : saignées , sangsues , ventouses , vésicatoires, sétons , purgatifs, frictions avec l'onguent mercuriel , ou l'extrait de Belladone. Cependant, il n’y a pas d’effet sans cause ; le simple bon sens doit le faire supposer, mais un oculiste ne va pas chercher si loin : il y a de l’irritation et de l’inflammation, donc il faut saigner à blanc; puis, l’inévitable appareil de supplice et d’empoisonnement indiqué ci-dessus; c’est pitié! au dix-neuvième siècle, ces turpitudes médicales ont encore un libre cours ! bien plus, elles sont la source de réputations colossales et par suite, d’immenses fortunes. En vérité, si l’on excepte de l’art de Yoculiste trois ou quatre cas dans lesquels, par une opération bien faite, ils rendent de véritables services, il serait beaucoup plus avantageux pour les malades de s’en rapporter à la nature, que de laisser détruire leur constitution par des traitements trop souvent homicides.
L’homœopathie a des succès prodigieux dans toutes les maladies des yeux ; sa marche est d’une rapidité qui étonne; il n’est pour ainsi dire pas de cas si grave qui ne puisse être guéri ou du moins bien soulagé par la nouvelle médecine qui, loin de débiliter la constitution, l’améliore d’une manière notable. Cependant , nous ne pouvons absolument rien dans les cas de cécité par sirile de cautérisation avec le nitrate d’argent.
Les avantages du traitement que nous proposons sont précieux pour tous les malades, mais ils sont encore plus saillants quand il s’agit de jeunes enfants de constitution lymphatique, si disposés à tourner aux scrofules sous l’influence de la médication ordinaire, qui, indépendamment de ses procédés affaiblissants, présente les plus grandes difficultés dans son application à cause des douleurs au’elle excite et du dégoût qu’elle procure.
Mal&dfteB clés üafaists»
C’est sans doute par pitié pour leur faiblesse que Dieu suggéra à Hahnemano i’homœopathie.
L’homœopathie est une révélation divine dont les bienfaits sont destinés à alléger une grande partie des misères humaines , et qui est appréciée à sa juste valeur par tous ceux qui en ont fait usage. De quelle reconnaissance n’entourent pas le nom d’Hahnemann ceux qui ont eu des enfants gravement malades, et qui ont constaté la différence énorme de l’application et des résultats de la médecine moderne avec les déplorables moyens employés par cette vieille routine qu’on avait décorée do nom d’art de guérir. S’agit-il d’affections aiguës, fièvres éruptives de toute nature, fluxions de poitrine, croup, gastro- entérite, etc., partout le mal est dompté avec une incroyable rapidité, et l’homoeopathie en triomphe si vite qu’on semble douter des ennemis qu’elle avait à combattre. Notre médecine présente aussi les ressources les plus variées contre les symptômes alarmants causés par la dentition et certaines coqueluches !
Combien ne voit-on pas d’enfants, d’une constitution passable, mais un peu lymphatique, devenir scrofuleux par suite de l’usage delà saignée et des sangsues, auxquelles, dans la médecine ordinaire, on est forcé de recourir au moindre symptôme d’inflammation. Quand le sang est ainsi appauvri, la diète , que ne peut supporter un sujet qui grandit et se développe , achève de détruire une constitution de plus en plus débile, et dont la phthisie ne tarde pas à s’emparer. Rien de semblable à redouter dans l’homœopathie : la maladie est enlevée, en peu de jours, à l’aide de remèdes spécifiques, c’està-dire qui ont une action directe sur l’organe malade. Aucun moyen affaiblissant n’est employé comme traitement, et en aucun cas le malade n’est privé d’aliments quand il éprouve le besoin de manger ; avec une telle marche, il ne peut y avoir de convalescences ou du moins elles sont fort courtes.
Dans presque toutes les familles, il y a quelque mauvais principe du sang qui se transmet héréditairement; aussi voit-on chez un grand nombred’enfantsdeséruptionscroûteuses ou autres, à la face, à la tête ou ailleurs connues généralement sous le nom de gourme ou croûtes laiteuses : beaucoup d’enfants meurent victimes de la répercussion de ces affections cutanées qui demandent la plus grande
attention. L’homœopathie les fait disparaîtr* en assez peu de temps, sans aucune application répercussive, mais avec quelques atomes de médicaments qui détruisent le mauvais principe, véritable cause de l’éruption.
A l’âge de la puberté, que de symptômes fâcheivx viennent attaquer les jeunes filles ; maladies nerveuses de toute espèce, gastralgie , danse de St- Guy, chlorose , hystérie , menstruation difficile ou trop abondante, flucurs blanches , etc. ; dans tous ces cas où l’ancienne médecine est si souvent impuissante, l’homœopathie brille de tout son éclat, et dans le traitement de ces affections comme partout ailleurs, les remèdes ne peuvent avoir aucune influence fâcheuse; au contraire, la santé générale s’améliore constamment pendant leur emploi. Je termine cet important chapitre en affirmant qu’il n’est aucun cas de maladie aiguë queique grave qu’elle soit, y compris le choléra, dont la nouvelle médecine ne triomphe avec certitude quand on appelle un bon hom,œc*iathe ; je dis un bon, car il y a malheureusement beaucoup de médecins qui prennent ce titre et n’entendent à peu près rien à la médecine d’Hahnemann. D’autres, qui ont étudié plus consciencieusement, éprouvent fréquemment des revers, parce que, dans le but de s’attirer des malades, iis se ‘montrent trop accommodants pour le régime. J’ai guéri à la villa Beaujon, plusieurs personnes qui avaient été n-anquées par des homœopathes dont le talent d’ailleurs est incontestable , mais qui n’insistent pas assez sur la nécessité d’un régime exact.
Maladies des Femmes#
Un Médecin routinier est leur plus dangereux ennemi.
Les affections particulières aux femmes semblent embarrasser les médecins plus encore que les maladies communes aux deux sexes. Que de fautes grossières ne commettent-ils pas quand la nature a besoin d’être aidée ou modiüée au moment de la menstruation ! que de maiadies nerveuses ne déterminent-ils point par les émissions sanguines auxquelles ils recourent contre tout bon sens ! Que peuvent-ils faire pour soulager les malaises de la gestation ? ils ne sont pas seulement capables d’arrêter les vomissements d'une femme enceinte, ils croient avoqr
tout fait quand ils l’ont saignée, pratique déplorable qui augmente la faiblesse et la disposition lymphatique qui existent si souvent. Combien ne voit-on pas de jeunes femmes de cette constitution, ayant subi pendant leur grossesse plusieurs saignées, tomber dans un état d’hydropisie utérine, et souffrir on ne peut plus par la distension de la matrice qui renferme une énorme quantité d’eau résultant de l’appauvrissement du sang. L’homœopathie combat efficacement les symptômes que l’on attaque ordinairement par la lancette; elle lait aussi cesser, en peu de temps, les vomissements qui, abandonnés à eux-mêmes durent quelquefois pendant tout le cours de la gestation.
Après l'accouchement, viennent souvent, faute ffe bons conseils, les relâchements, chutes, renversements de matrice, les engorgements de cet organe, l’ulcération de son col, lesflueurs blanches débilitantes. Que fait la médecine contre toutes ces souffrances? rien de rationnel, sa marche est aussi nuisible que banale : Sangsues, cautérisation, j pilules de ciguë , injections narcotiques ou astringentes .
Aussi, tous ces symptômes de maladie qui ne sont que des effets, sont attaqués sans succès par les médecins ordinaires, parce qu’ils ne connaissent rien qui détruise la cause réelle du mal.
A propos des affections de matrice, je ne veux pas laisser passer l’occasion d’éveiller l’attention des parents sur une maladie très commune chez les jeunes filles de 15 à 20 ans, et qu’on croyait particulière aux femmes qui ont eu des enfants : Je veux parler de l’abaissement de l’utérus par suite de la faiblesse des ligaments qui suspendent cet organe. Cette fâcheuse disposition, souvent méconnue, amène des accidents graves, gêne la marche, détermine des douleurs de reins et de bas ventre, des besoins fréquents d’uriner, des pesanteurs, et surtout l’impossibilité de se tenir debout dans l’immobilité C’est à ce dernier symptôme principalement qu’il est facile de reconnaître la maladie. L’homœopalhie peut seule combattre efficacement ce commencement d’une affection qui plus tard devient fort grave, et d’autant plus promptement que les médecins insouciants ne se donnent jamais la peine d’indiquer les précautions à prendre pour empêcher le mal de s’aggraver chaque jour. J’ai eu occasion de traiter cinq cas de ces relâchements chez des jeunes fdles dont la maladie avait été complètement méconnue par des praticiens en réputation.
Combien ne faudrait-il pas que je m’étendisse sur le traitement des engorgements, des glandes que la compression et les autres traitements actuellement en vogue font ordinairement dégénérer en cancer. Alors arrive l’opération chirurgicale qui , dans la plupart des cas, accélère la fin de la malade, ce dont il est facile de s’assurer, car on voit, peu après l’opération, l’autre sein s’entreprendre, puis, quand il a été opéré à son tour, le vice interne s’emparer de la matrice qui s’ulcère et passe promptement à fétat cancéreux sous l’influence des cautérisations répétées avec le nitrate d’argent.
Si tant de maris ne rencontrent pas chez leur femme la santé et l’égalité de caractère sur lesquelles ils avaient compté, c’est le plus souvent aux allopathes qu’ils doivent ce désappointement. Les traitements débilitants font baisser les forces et irritent le système nerveux, à tel point que ces malheureuses victimes de la routine médicale ne peuvent supporter la moindre fatigue et tombent dans un état de surexcitation qui réagit de la manière la plus fâcheuse sur leur moral.
Vous tous, qui tenez à ce que votre femme conserve ses qualités physiques et morales, rappelez-vous que les homœopathes peuvent seuls prévenir les changements que vous avez à redouter, et que si déjà l’allopathie a modifié d’une manière fâcheuse sa bonne constitution, la nouvelle médecine se charge de réparer tout le mal.
Maladie»
répétée» C5iis»Mrgica!es.
Un chirurgien sans conscience est un bourreau sans pitié.
Les chirurgiens sont ennemis jurés del’homœopathie; cependant, que de malades succombent après des opérations habilement pratiquées, qui guériraient infailliblement si l’homœopathieleur venait en aide. Que d’inflammations, que de fièvres, que d’accidents nerveux, céderaient en peu d’heures aux remèdes découverts par Hahnemann! Pourquoi ces Messieurs repoussent-ils les bienfaits de la nouvelle médecine ? C’est parce que, si l’homœopathie devenait la médecine usuelle, la moitié des opérations qu’ils font deviendrait inutile. En effet, si l’on excepte les causes accidentelles, les violences extérieures qui déterminent les luxations
et les fractures pour lesquelles la main du chirurgien est nécessaire, certains accouchements laborieux ou contre nature, et quelques cas très rares d’opérations pour les affections des voies urinaires, pour des hernies étranglées, et quelques maladies des yeux, toutes les autres affections qui dégénèrent en cas fort graves sous l’influence du mauvais traitement qu’on leur oppose, seraient promptement guéries par l’homœopathie sans opération. Les symptômes les plus effrayants sont toujours dus aux vicesdusang héréditaires ou acquis; les allopathes emploient les moyens répercussifs, les infâmes cautérisations qui sont la comble de l’ânerie médicale, pour combattre ces mauvaises dispositions qui deviennent rebelles à tout remède, et procurent de nombreuses opérations à faire.
Quand l’homœopathie sera consciencieusement pratiquée partout, les chirurgiens ne tarderont pas à s’en ressentir. Leur grande fortune vient maintenant de ce que les gens du monde se méprennent sur leurs capacités, et regardent comme de leur ressort des maladies qui ne sont développées et entretenues que par un vice interne contre lequel le fer du chirurgien ne peut rien, car, il s’en prend uniquement à un effet, et ne détruit pas la cause.
Maladie» chroniques.
Elles sont toujours difficiles à guérir, mais elles ne sont point incurables.
Ces affections, d’une nature particulière, rebelles jusqu’ici aux secours de l’art, sont une source de fortune pour la médecine, et font le désespoir de» malades qui n’entrevoient aucune chance de guérison dans l’avenir. La cause des maladies chroniques réside dans un vice du sang, qui est transmis héréditairement, ou que l’on contracte dans le cours de la vie. Ceux qui reçoivent un mauvais principe de leurs parents le doivent réellement aux médecins qui traitent les affections contagieuses de la peau, ou autres, par les moyens répercussifs. Tout individu attaqué de la gale , chez lequel on emploie les frictions et les bains, n’est point guéri ; cette éruption quitte facilement son siège primitif, qui est la peau, pour rentrer et attaquer les organes intérieurs. Il n ’est point une seule affection, quelque grave qu’elle soit, quelque forme qu’elle revête, qui ne puisse se développer sous cette terrible influence à laquelle il faut attribuer la plupart de ces morts subites, de ces invasions
formidables, d’un mal qui frappe brusquement et laisse à peine le temps de se reconnaître.
Ce qu’il y a de plus triste pour l’humanité, c’est que de pareils traitements ne sont pas seulement l’œuvre d’obscures médicastres, nos médecins à grande réputation n’en connaissent point d’autres ; ils les emploient sans hésiter, je ne dirai pas croyant bien faire, mais, sans doute, faute de mieux. Avant l’apparition de l’homœopathie , on pouvait, jusqu’à un certain point, excuser cette pratique redoutable, car il n’y en avait point d’autre ; il fallait, à tout prix, débarrasser le malade qui portait une éruption dont la présence était insupportable; le médécin ne connaissait que les répercussifs, les employait habituellement, et faisait remarquer à son pauvre client que ses mains étaient dévenues nettes. Il se gardait surtout de lui annoncer les maux que cette déplorable médication lui assurait dans l’avenir. Tout praticien qui, dans le traitement d’une maladie contagieuse, emploie des moyens externes, astringents ou répercussifs, les injections de même nature, les cautérisations et autres traitements analogues, agit contre les règles de toute prudence , vicie la constitution de son client, et fait ce qu’il faut pour que, le reste de ses jours, il soit continuellement malade , que ses enfants soient entachés du vice scrofuleux, et que cette plaie de F époque se perpétue de génération en génération C’est de la répercussion des virus que naissent la goutte, le rhumatisme, les maladies nerveuses , et toutes les affections rebelles aux ressources ordinaires de la médecine. Les gens de l’art ne se pressent pas d’y assigner une cause. Us ne vont point dire à leur patient : tout ce que vous ressentez de fâcheux , c’est à mon imprudence ou à mon ignorance que vous le devez, et ils aiment mieux répéter avec candeur : c’est goutteux , c’est rhumatismal, c’ est nerveux , il faut vivre avec votre ennemi, que de faire leur meâ culpâ , et renoncer à une pratique aussi facile que lucrative.
Malheureux malades , quand ouvrirezvous enfin les yeux, quand cesserez-vous de donner votre confiance à des médecins plus dangereux , cent fois , que la maladie qui vous importune , et qu’un traitement absurde va perpétuer chez vous et vos descendants ? souvent la reconnaissance et une ancienne amitié vous lient à votre médecin; moi , je brave bien des haines pour vous éclairer, mon amour de l’humanité me donne un grand courage , profitez de mes
conseils, songez que vous faites une bonne action si vous renoncez à l’allopathie ; car votre sage détermination entraînera bientôt infailliblement tous les mécontents de l’ancienne médecine. Quand les médecins routiniers se verront abandonnés par la nombreuse clientèle qu’ils possédaient, ils penseront, avec raison, que l’heure est arrivée d’étudier la nouvelle médecine ei'tle renoncer aux pratiques pernicieuses de l’ancienne ; alors, quand l’homœopathie sera répondue partout, l’espèce humaine ne tardera pas à s’améliorer, sous sa bienfaisante influence , et médecins et malades aussi heureux les uns que les autres de ce changement si désirable , rendront grâces au Tout-Puissant d’avoir inspiré au grand Hahnemann les vrais préceptes de l’art qu’il nous a révélés.
Qu’est-ce que l’homoeopathie ?
Perfectionnez-îa . mais n’essayez pas de la remplacer.
Je pense que le nom que l’on donne à une découverte nouvelle peut avoir une grande influence sur son avenir. Je regarde donc comme très fâcheux pour la propagation de la vraie médecine que son auteur, se laissant aller à une pensée de savant, ait donné à sa précieuse découverte un nom scientifique, inintelligible pour la masse des lecteurs qui ne savent pas le grec, et qui de plus offre un aliment inutile à la controverse et à la critique. Si donc on me demande ce que c’est que l’homœopathie, je répondrai : c’est la science incontestable des spécifiques, c’est l’œuvre du plus beau génie qui ait illustré la médecine , c’est le plus grand bienfait dont un mortel ait gratifié l’humanité. Avant les magnifiques travaux d’ Hahnemann , le hasard, en vingt siècles, avait fait découvrir
seulement quatre ou cinq spécifiques qui étaient l’orgueil de la médecine ; le Fondateur de l’homœopathie et ses disciples ont doté l’espèce humaine, en un demi-siècle, de trois cents remèdes simples, constituant autant de spécifiques capables de combattre et de guérir les innombrables symptômes morbides qui peuvent affecter notre débile nature. La nouvelle science médicale offre toute garantie au médecin consciencieux qui emprunte son secours. Dans tous les cas où elle est appliquée convenablement, elle offre une certitude presque mathématique de rétablir la santé d’une manière prompte , sûre et douce. Si l’homœopathe vient à se tromper dans le choix des médicaments qu’il administre, aucun effet n’est produit, parce que cette substance n’étant pas en rapport avec l’organe malade sur lequel seule elle aurait pu agir, môme à la plus faible dose, elle ne peut gravement affecter un organe sain dont la sensibilité est infiniment moindre que celle d’un organe malade. Quel avantage cette sécurité ne donne-t-elle pas sur la vieille médecine, juste objet d’épouvante pour ceux qui sont obligés d’y recourir, source de désappointements et de déboires pour les gens de l’art qui espèrent tirer de leurs ingrates études , des succès , de la confiance chez leurs clients, autre chose enfin que de l’argent !
Vous tous, vrais amis de la science et de l’hamanité, qui ne pouvez supposer que la médecine soit destinée à rester éternellement dans l’état d’incertitude et d’insignifiance où elle languit depuis tant de siècles ; constatez avec bonne foi nos succès, réjouissez vous, en apprenant les inépuisables ressources de riiomœopathie. et 11e vous entêtez plus à conserver jusqu’au terme fatal ces malheureux malades pour lesquels vous ne connaissez que trop l’insuffisance de votre art.
Nota. Je n’ai pas voulu, dans cette brochure, entreprendre la défense de rilomœopaîhie, et la réfutation de tout ce que nos adversaires reproduisent à satiété contre nous ; c’eût été faire un double emploi, puisque j’ai déjà consciencieusement rempii cette tâche dans une brochure intitulée : ri lomœopathie exposée aux ge> s du monde, en voici la table des matières :
Ma profession de foi. — Épître à Hahnemann. — Notice sur ïïahnemann , fondateur de la Médecine homœopalhique. — Etat actuel de l’ancienne Médecine. — -De l’riomœopathie et de sa supériorité incontestable sur la Médecine ordinaire. — Avis important. — Réfutation des objections et des mensonges que font contre l’Homceopatltie ses détracteurs intéressés. - 1835. — L’Académie de Médecine et l’iloruuîopalhie. — Réflexions sur les eaux minérales. — Brochure in-8. Prix : 1 ir. Chez A. Appert* Editeur, passage du Caire, 54, h Paris*