‹ L'Hon. J.A. ChapleauChapitre 2 sur 5 · ADRESSE · texte numérisé non relu

ADRESSE

A P honorable J. A. Chapleau, secrétaire d^Etat.

Monsieur le Ministre, — Notre légitime impatience, au sujet de votre retour, devait se manifester par une démonstration des plus enthousiastes à votre arrivée ; les grandes clameurs du peuple, accourant joyeux de toute part, devaient être la fanfare retentissante de la bienvenue, et des milliers de poitrines palpitant à l'unisson vous eussent fait voir comment tous les cœurs battent d'admiration, de reconnaissance et de dévouement pour vous.

Un événement regrettable, la mort d'un de vos collègues distingués, l'honorable M. Pope, est venu rayer d'un trait funèbre le programme tracé.

Le sentiment d'enthousiasme a dû faire place à un sentiment de convenance, les airs joyeux d'aujourd'hui eussent été une ironie des tristes lamentations d'hier, et les soldats eussent certainement craint d'être désavoués par leur chef. Une bonne poignée de main, franche comme la parole donnée, chaleureuse comme un sentiment ardent, quelques paroles, écho de nos âmes et de nos coeurs, voilà ce dont il faut nous contenter, voilà ce que nous vous prions d'accepter.

L'admiration et la reconnaissance, avons-nous dit, nous ont poussé au devant de vous ; le dévouement nous tient inséparablement attachés à votre personne.

Les services que vous avez rendus à notre pays, se rencontrant à chaque page de nos archives, sont racontés à tous les foyers et feront partie de la légende de la nation. Le dernier quart de siècle de notre histoire politique — le premier de vos combats — vous l'occupez presque à toutes ses heures émouvantes. C'est un poème épique, où le peuple vous voit avec orgueil comme le héros fascinateur.

Citons quelques faits :

Dès 1850, dans l'élection du brillant collègue de Sir Georges Cartier, l'honorable Louis Siméon Morin, vous faisiez avec éclat vos premières armés, gagnant d'avance les sympathies du comté qui avait élu Lafontaine et Antoine Norbert Morin.

Entré dans lacarrière aux premiers jours de la constitution qui nous régit, cette constitution n'eût jamais de défenseur plus généreux, de voix plus éloquente pour la faire respecter, de bras plus vaillant et plus fort pour la soutenir et la protéger.

Nous nous souvenons que c'est vous qui, tout en dirigeant la bataille contre l'usurpation tyrannique du pouvoir à Québec, formiez un groupe fort qui nous donnait la victoire signalée du 17 septembre 1878, victoire qui causel'effrondement du gouvernement McKenzie et de sa politique, remarquable par une hostilité persistante visà-vis notre province.

Nous nous souvenons qu'un an plus tard, en 1879, vous deveniez Premier Ministre Québec, changeant la minorité que vous commandiez en un gouvernement fort,

actif, entreprenant.

Nous nous souvenons qu'à la demande de sir John, avançant les élections générales de la province, vous remportiez, le 2 décembre 1881, 52 comtés sur 65, faisant recueillir les fruits de cette victoire au parti conservateur au mois de juin suivant 1882.

Nous nous souvenons que, depuis votre entrée dans le cabinet fédéral, vous avez toujours soutenu, avec toutes les ressources de votre talent, d'une manière anssi fidèle qu'efficace, les droits et l'autonomie des provinces.

Nous nous souvenons que lors des dernières élections fédérales, l'entraînement funeste et aveugle de l'affaire Riel, qui triompha partout ailleurs, est venu se briser sur le district de Montréal où vous commandiez. ,

N'est-ce pas assez pour justifier non-seulement l'entraînement d'un groupe d'amis, mais de tout un peuple ? Nous le croyons.

La science et un climat généreux vous ont comblé de leurs bienfaits ; vous revenez parmi nous avec des forces nouvelles, puissiez -vous les conserver longtemps tous vos amis le demandent sincèrement et le pays l'exige hautement.

Chef bien-aimé du district de Montréal, que ces forces nouvelles servent h maintenir la discipline pendant la paix, à assurer la victoire pendant la guerre, à conserver à la tête du pays le parti conservateur qui a tant contribué à son développement et à sa prospérité.

Veuillez, monsieur, accepter cette faible expression de la haute considération que nous avons pour vous.

Veuillez, madame, en accepter une large part ; digne compagne de celui que nous venons acclamer, nos souhaits et nos affections se portent également sur vous.

Pour le Comité des citoyens : —

H. Jeannotte, président.

R. White, \

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