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Texte du discours prononcé par l’'Hon. M.
Lemieux, ministre des Postes et du Travail à Berlin, Ont., le 24 Septembre, 1908
M. le Président, Mesdames et Messieurs,
Ce n’est pas la première fois, je le dis avec bonheur, que je me trouve en présence d'un auditoire composé de citoyens de cette belle et prospère petite ville de Berlin. I1 y a un au à peine, je visitais votre ville et je montais alors comme je le fais aujourd'hui à la tribune populaire, côte à côte avec M. Mackenzie King, pour vous adresser la parole.
Et si vous avez demandé avec tant d'insistance à M. King de poser sa candidature pour le parlement fédéral, cela tient, je crois, dans une large mesure, à l’heureuse impression qu'en cette circonstance il a su créer dans l'esprit des citoyens de sa ville natale ; c'est que cette mémorable v te nous avait aussi donné le moyen de révéler aux citoyens de Berlin et de Waterloo l’œuvre magnifique à laquelle s’est consacré M. King, depuis un certain nombre d'anné M. King vous est parfaitement bien connu. I] est né parmi vous ; son enfance et sa jeunesse se sont écoulées au sein de votre ville. Puis il s'éloigna d'ici pour aller dans le monde se créer une carrière, et au bout de quelques an.
nées, il vous est revenu faisant re jaillir le plus grand honneur sur sa ville natale et sur son comté, aprés avoir établi une réputation d'une extrémité à l’autre du Canada, et même, je puis l’affirmer sans exagération, bien au-delà des frontières du pays. Sur ces grandes questions sociale-, qui sont les problèmes essentiels du moment, problèmes dont M.
King a fait une étude spéciale, et à l'application desquels l'a convié l'œuvre de sa vie, je ne sache pas d'homme qui se soit créé une réputation supérieure à celle dont jouit M. King.
Et ce que j'affirme ici s'appuie sur la connaissance approfondie que j'ai acquise de l’œuvre accomplie par M.
King, au cours des relations plus intimes que j'ai nouées avec lui. Dans l'étude de tant de questions si diificiles dont la solution s'est imposée au département du Travail durant 1
trois années écoulées depuis que j'ai pris la direction de ce ministère, M.
Kine m'a non seulement prété la plus loyale et la plus sympathique coopération, mais il à mis au service du Ministère des connaissances et une expérience qui nous ont été du plus pré- Cieux secours. Vous le savez, en abandonnant une position où il fai- Sait œuvre honorable et de haute importance, pour embrasser la carrière si laborieuse et souvent si ingrate de l'homme publie, M. King s'impose des sacrifices personnels peu ordinaires. I tient à vous, Messieurs, de veiller à ce que ces sacrifices ne soient pas en pure perte. Au demeurant, j'en suis convaincu, les états de services distingués que compte déjà M. King à l'emploi de l'Etat, le beau et noble geste qu’il vient de faire, les motifs si élevés et si patriotiques qui lui ont dicté cette décision, serviront d’aiguillon et d’inspiration à notre jeunesse canadienne et dans la grande province d'Ontario surtout, cet exemple portera les hommes de mentalité similaire à entrer dans les lisme
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militant, à prêter leur concours au développement et à la consolidation de notre édifice national.
Permettez-moi d'ajouter quelques mots sur l'œuvre réalisée par M King au ministère du Travail. D'abord, il y à huit ans, Sir William Mulock le désigna parmi tous les jeunes du Canada comme l'homme de son choix pour administrer le déparment en voie d'organisation, et ajoutons que ce n’est pas une banale « tinction que d'être l'objet du choix délibéré d'un homme de la trempe d'esprit et du discernement de Sir William Mulock. Sir William Mulock, qui se fait un juste sujet d'orgueil de raconter comment, lui-même, il s'est élevé des rangs du peuple, à été l'un des plus grands administrateurs dont fassent mention les annales de notre pays. Son œuvre est trop contemporaine et trop bien connue pour qu'il faille ici lui prodiguer l'éloge; je me contente de dire que si, aujourd'hui, presque toutes les parties de l'empire britannique sont dotées du port des lettres à deux sous, chose qui semblait, il y a quelques années, une proposition du dernier absurde; si les Etats-Unis, marchant sur les brisées du Canada ont conclu une convention avec la Grande-Bretagne, en vue du port des lettres à deux sous et avec tous les avantages qui en découlent pour les classes ouvrières, cela tient aux actes d'homme d'Etat accomplis par Sir William Mulock, lorsqu'il directeur général des Postes. Sir William Mulock avait fort à cœur les objectifs visés dans la création du département du Travail, car j'ai à peine besoin de vous dire toute l’envergure et la générosité de ses sympathies ; et il rejaillit d'autant plus d'honneur sur M. King d'avoir été l'objet du choix de Sir William Mulock. Cela remonte à huit ans. L'organisation du département incomba nécessairement, dans une large mesure, à M. King, car on le sait. Sir William Mulock était à la fois directeur général des Postes et Ministre
du Travail, et qu'on ajoute oui ou non foi à ma parole, je puis vous assurer que la charge de Ministre des Postes est loin d'être une sinécure, mais qu'elle peut absorber toute l'énergie et réclamer l'exercice de toutes les aptitudes de son titulaire.
Le marchandage (The system)
Disons d'abord qu'avant son entrée au ministère, M. King avait fait une étude approfondie des grandes questions économiques et sociales et que dans cet enseignement, il avait puisé à un degré extraordinaire ites les aptitudes voulues pour la tâche qu'il allait remplir. I avait suivi les cours de plusieurs universités en différents pays et entre autres choses, il avait reçu du gouvernement canadien Ja mission de faire enquêts sur le système se rattachant à l'exécution des entreprises de l'Etat, ct cela en vue de mettre fin aux cruelles pratiques du marchandage ou de la pressuration des travailleurs de la part des tâcherons. Si vous tenez à bien connaître l'orientation des sympathies de M.
King, à cet égard, je vous conseille de parcourir le rapport qu'il a dressé pour le gouvernement, il y à neuf ans, sur cette question-là môme, La lecture de ce rapport est encore palpitante d'intérêt et il a eu pour résultat immédiat l'établissement de règlements qui ont donné le coup de grâce au système du marchandage ou de l'exploitation abusive de nos classes ouvrières par les sous-entrepreneurs.
La résolution relative aux justes prix
La résolution relative aux justes prix, adoptée en 1990, ayant pour objectif d'assurer aux ouvriers une rémuné ion légitime, lorsqu'ils sont employés aux travaux publics, en totalité ou en partie pour le compte de l'État, est aussi la conséquence directe découlant de ce rapport et de l'administration de ce système dont
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ont si grandement bénéficié les classes ouvrières canadiennes; ct depuis son inauguration même ce système a été appliqué sous la haute surveillance de M. Mackenzie King.
La Gazette du Travail
Vient ensuite la ‘“iazette du Travail'', organe officiel reconnu, source d'informations et de statistiques de tous suutes se rattachant aux conditions de l'industrie et du travail au Canada. a circulation de ce journal, tant pour la version française que pour la version anglaise, atteint le chiffre mensuel de 15,000. On ne saurait facilement se rendre compte de l'importance qu'il faut attacher à la surveillance de cette publication, ainsi que de la profonde influence que peut exercer cet agent éducateur, et c'est là une œuvre de la plus haute importance.
La loi de conciliation
En outre, il faut citer la loi de conciliation adoptée en 1900, avantcoureur de la loi relative aux enquétes sur les différends industriels où pour Me servir de son nom populaire, la “loi Lemieux’’. Sous le régime de l’ancienne loi de conciliation, M. Mackenzie King eut mission de participer personnellement à la pacification de différends et au cours d’une période de sept années, ilest intervenu avec succès dans plus de 40 diftérends de ce genre qui aVaient éclaté d'une extrémité à l'autre du pays, dans presque chaque sphère industrielle, de sorte qu'ilest devenu connu parmi le peuple, sous le nom de grand pacificateur ou de grand conciliateur canadien.
La loi Lemieux
L'expérience qu’il avait acquise dans le règlement de ces contestations industrielles, l'opinion qu'il s'était formée sur l'incroyable puissance de la conciliation, ses relations constantes et intimes avec les capitalistes d'une part et les classes ou-
vrières d'autre part, ainsi que l'étude attentive qu'il avait faite de la législation établie et des essais tentés par les autres Pays, toutes ces causes réunies, dis-je, le portérent en 1906, à proposer l'adoption d'une loi basée sur les dispositions de l'acte législatif qui porte mon nom et dont j'ai eu le plaisir de diriger la délibération devant la Chambre des Communes, loi qui repose, dans une large mesure, Comme j'ai souvent eu Île plaisir de le faire remarquer, sur les observations présentées par M. King À la suite de son enquête provoquée Par la grève des houilleurs à Lethbridge Cette mesure à ouvert de nouveaux horizons, dans le traitement de ce qu'on peut considérer comme un des problèmes les plus difficiles à solutionner, j'entends le règlement des contestations industrielles; cette loi à sibien solutionné le Problème qu'elle à appelé l'attention des hommes d'Etat dans presque tous les principaux pays du monde. M.
Eliot, président de l'Université de Harvard, après une soigneuse étude de la loi, déclare qu'il n'a jamais été édicté de meilleure mesure pour la solution des différends industriels Le docteur Victor S. Clarke, un érudit américain fort marquant, qui a consacré sa vie à l'étude de cette question et autres problèmes similaires, s'est rendu spécialement ici, il y à quelques mois à titre de commissai re chargé par le président Roosevelt, de s'éclairer sur le régime établi par cette loi, et dans son rapport officiel, il propose l'établissement d’une lévislation similaire aux Etats-Unis. Nulle mesure législative édi au Canada et fort peu de lois adontées par les autres Pays, ont été l’objet d’un pareil concert d’éloges. Le département du Travail a été inondé de correspondances à cet égard, et surtout de lettres rendant témoignage aux excellents résultats de ce régime. Quant aux conséquences découlant de ce régime, il ne faut pas vous laisser préjuger contre cette loi, par le fait
qu'elle aurait abouti une seule fois ou plus d'une fois, à l'insucces La loi en question, cela va sans dire, ne tend nullement à défendre les grèves ou àempôcher les grèves ou les ‘“lock-outs'' (contre-grèves), mois elle vise uniquement à prévenir et à régler les grèves et les ‘‘lock-outs' elle tend à fournir le mécanisme nécessaire pour faciliter cette tâche.
Pour vous donner une idée du succès auquel cette loi à abouti à cet égard, qu'il suffise de dire que bien que dans Cinquante différends se rattachant aux houillières, aux chemins de fer, aux tramways, et autres grandes indus tries similaires, çr ait invoqué le gime consacré par cette loi, jusqu'aujourd'hui, il n'y a eu de grèves que dans deux circonstances la suite du renvoi du différend au tribunal établi par la loi
Immigration orientale
D'autres questions ont aussi accaparé l'attention de M. King, surtout dans ces derniers temps. Vous en
avez souvenance, il V a quelques mois, il s'est élevé une grande clameur au sujet de l'immigration orientale. Pendant quelques mois ou quelques semaines, on craignait qu'en Colombie- Anglaise la population blanche ne fût noyée dans ie flot de l'immigration orientale. Aujourd'hui tout est si tranquille et tous les dangers qui renaÇaient ou semblaient imminents à cette époque, sont si bien disparus, qu’on se rend difficilement compte du changement qui s'est effectué. Laissez-moi vous dire que cette importante transformation a 6t6 dans une large mesure le résultat de l’œuvre réalisée avec tant de rapidité par M. Mackenzie King, au cours des différentes enquêtes et commission qui lui ont été confites à cet égaru, ain- Si que par les rapports si complets et si approfondis qu'il a adressés au gouvernement sur cette question. Fersonne n'a reconnu plus tôt et mieux que M. King l'immense importance du problème se rattachant à
à l'immigranière analyse, avec les vlus vbers in-
tion orientale et sa connexité, en dertérêts du Canada. M. King à dirigé les enquêtes qu'on lui à confiées avec un tact et un discernement adiitables.
Le gouvernement à conlié à M.
King le règlement des réclamations des Japonais et des Chinois, résidant à Vancouver, réclamations pro= Voquées par les émeutes qui ont éclaté L'an dernier, et cette question épineuse a été réglé Vec promptitude et à la satisfaction des intéressés
Enfin, le gouvernement chargea M.
King d'enquêter sur les moyens em-
ployés pour engager les journaliers orientaux à venir au Canada, et ses travaux en ce sens, ainsi que Son adiüirable rapport jetèrent un flot de vive lumière sur cette question dans son ens mble, et préparèrent dans une large mesure, la voie aux arrangements mutuellement avantageux intervenus à l'égard de l'immigration janonaise et de celle des Hindous L'entente intervenue relativement aux
Indes a découlé directement de la mission de M. King en Grande-Bre tagne, où, à titre de représentant du gouvernement fédéral, il s'est mis directement en relation avec les premiers hommes d'Etat de nos jours.
Pour. Mon propre compte, d'après
l'expérience que l'ai acquise au Japou, le dois le déclarer, les enquêtes tenues par M. King en Colombic-Anlaise ont puissamment contribué à assurer un avantageux règlement de toutes les difficultés dont nous mehaÇait l'immigration japonaise, Aujourd’hui nous pouvons bien bannir de
nos esprits toute crainte au sujet d'une invasion probable d'orientaux et demeurer convaincus que la Co-
comme toutes les le
lombie Anglaise, autres parties du Canada rèstera domaine &* la race blanche
Le trafic de l’opiur:
Je puis citer encore un fait qui met bien en relief le zèle qu'apporte M.
King à saisir toutes les occasions de travailler au bien public, Au cours de son enquête dans la question de
l'immigration orientale en Colombie Britannique M Kinx constata il existait dans cette province un tort trafic d'opium, commerce dont il découluit les plus déplorables résultats non seulement pour les orientaux qui avaient établi dans Ja province ce trafic et l'exploitaient eux-mêmes
dans une large mesure, mais encore pour un grand nombre de personnes appartenant à la race blanche Il
dressa rapidement un rapport spécial d'une nature si énergique, indiquant si clairement le remède à appliquer à ce mal, que bien que la session qui avait été fort longue et fort laborieuse, fût à la veille d'expirer, le parlement fut saisi d'une loi à laquelle il fit bientôt subir toutes ses différentes épreuves et adopta, détruisant ainsi à jamais au Canada cet inique trafic.
Travail des enfants dans les manufactures
La dernière œuvre d'une nature spéciale, entreprise par M. King, avant son départ du département, fut une enquête tenue sur l'industrie de la fabrication du coton de Québec. Cette enquête semble avoir déjà abouti à d'excellents résultats, en attirant l'attention publique de cette province sur l'étendue de cet abus ; le travail des enfants dans les filatures de coton, abus qu'il suffit de signaler à l'attention publique en géaéral, pour le faire disparaître, car s’il est Un abus que l'opinion publique éclairée ne saurait tolérer c'est bien celui qui tend à ruiner la santé des enfants et à atrophier leurs organes dans Îles établissements industriels.
J'en ai dit assez, je crois, pour vous faire connaître l'homme que vous avez choisi pour candidat, st qui, je Y'espère, sera votre représentant dans la prochaine lévislature fédérale, Vous pouvez être convaincus, d'après ce que j'ai dit, que M. Mackenzie King n'est pas homme à se reposer sur ses lauriers lorsqu'il représentera Waterloo- Nord, à Ottawa, mais que le pays
dans son ensemble, bénéliciera de sa grande activité fntellectuelle et des travaux d'un esprit aussi alerte et cela dans une plus large mesure encore que par le passé.
Le ministère des postes
Disons maintenant quelques mots de l'important département dont l'administration m'a été confiée Il est deux points surtout que le tiens à mettre en lumière : d'abord, la décision récemment prise par le gouvernement relativement à l'établissement d'un système de poste rurale et en deuxième lieu la révolution accomplie il y à un an ou deux, par la préférence accordée aux périodiques d'origine britannique, préférence intellectuelle, pour me servir du vocable que j'ai employé à cette époque.
Poste rurale
Cette distribution des objets de correspondance à domicile dans les centres ruraux est un article que M. Borden accuse le gouvernement de lui avoir volé où emprunté de son programme, Pareille prétention ne saurait tenir debout. Le système de distribution à domicile à la campagne est èn vogue aux Etats-Unis depuis nombre d'années ; nous avons tous été en lieu d'observer l'application de ce système et d'en faire l'étude à notre gré, et j'ajoute qu'il a fait l'objet d’une enquête soigneuse et approfondie de la part du Ministère des Postes au Canada. Nul n'a jamais révoqué en doute l'utilité de l'établissement de pareil système, avec modifications qu'il comporte nécessa rement au Canada ; tout s'est borné à la question de savoir dans quelle mesure il était susceptible de réalisation. Il est une chose qui ne saurait faire doute ; si le parti conservateur avec son tarif élevé et son magnifique budget des recettes fut demeuré au pouvoir. la question ne serait jamais entrée dans le domaine de la politique pratique et à mon avis, il n'aurait jamais été question d'insérer cet article dans le programme de M. Bor-
den. Si la chose est devenue suscep tible de réalisation, ceïa tient uniqu ment à l'incroyable prospérité dont jouit le pays depuis douze ans, sous le régime inauguré par Sir Mil frid Laurier,
J'augure bien de cette réforme et je compte qu'il découlera de cette innovation les plus importants et les meilleurs résultats. Il découle un résultat direct de l'établissement de cette réforme partout où elle est in troduite, celui d'accorder aux citoyens de la campagne l'avantage de re-
cevoir des lettres à domicil un lieu de faire à pied ou en voiture une course fatigante de plusieurs milles, où, inconvénient encore plu rave e-
lui d'attendre deux ou trois jours avant d'avoir le loisir voulu pour cette promenade ou cette course mai le résultat éducatif découlant du fait que le cultivateur recevra, à domicile son courrier qu'il pourre dévoiler à l'heure du déjeñner où du diner, aura bientôt son retentissement dans toute la trame de notre existence nationale, au Canada, La diffuston des lumières au sein des populations ru rales a pour corollaires l'accroissement de la prospérité, le développe ment du commerce, le relèvement des idéals et du niveau de la vie en gé néral.
La préférence intellectuelle
Quant à la préférence récemment inaugurée par le ministère des Postes en faveur des journaux et des périodiques britanniques, je tiens à citer un entrefilet paru dans le ‘Daily Mail’, de Londres, le 26 mars.
“M, Buxton, directeur-général des Postes, a affirmé devant le parlement hier, que la modération de port sur les périodiques anglais transmis au Canada, réforme établie en mai dernier, a pleinement réalisé les objectifs visés.
“Le nombre des publications britanniques expédiées au Canada, chaque semaine, s'élève maintenant 170,000, soit près de 9,000,000 annuel-
lement, Les deux tiers de ce nonbre constituant l'augmentation ré tnt des nouveaux tarifs. Cette augmens tation a été très accentuée pour les périodiques d'ordre supérieur, tandis que la perte de recettes à été insignt fiante.!"
Qu'on y songe bien: 9,060,000 de revues espédiées par la poste, dont six millions sont le résultat de la modétation de port, réforme inaugurée par le ministère des Postes, au Canada A men avis, on ne saurait rendre plus directement hommage à cette grande réforme. En saisissons-nous bien l'importance ?
Sous le nouveau régime d'inmmigration inauguré par Sir Wilfrid Laurier,
il se déverse annuellemert au pays un flot de plusieurs centaines de mile le immigrants allant se créer des foyers da les plaines de l'Ouest où la popu' ion est La plus dissémince Un gr nombre de ces immigrants sont «origine britannique, nombre
d'autres, parmi lesquels figurent quelques-uns de nos meilleurs colons, vien nent des Etats-Unis et il nous faut bien leur faciliter la tà de s'adapter aux idéals du pa; t comme l'expérience le prouve tte tâche, dans le cas dont il s'agit, a été des plus agréable, Par conséquent, une des choses dont le besoin se fait Île plus vivement sentir parmi ces nouveaux concitoyens, qu'ils viennent d'outre-mer ou de l'autre côté de la frontière internationale, c'est celui de périodiques d'ordre supérieur, de revues hebdomadaires où mensuelles ou de journaux remplis de nouvelles de la mère-patrie, journaux qui, en ces derniers temps débordent de sympatime et de cordialité à l'endroit des habitants des parties éloignées de l'empire.
Ces paroles prononcées en pleine Chambre des Communes en Angleterre, prouvent plus éloquemment que tous les arguments que je pourrais formuler dans quelle énorme mesure on a utilisé ce grand agent éducateur et civilisateur. Ces deux réformes, la distribution postale à do-
micile âans les centres ruraux; la préférence accordée aux périodiques d'origine britannique se complètent l’une l’autre. Ces deux réformes conspirent au plus grand bien du peuple en général, et quand elles auront atteint leur plein développement les populations agricoles du (Canada compteront parmi les plus éclairées Fi les plus progressives du monde en-
Encore un mot et j'ai fini. Waterloo-Nord tient-il à prouver qu’il apprécie l’œuvre magnifique réalisée par Sir Wilfrid Laurier au bénéfice du Canada, au cours des douze années écoulées, ou bien gardant l'attitude silencieuse et irritée du passé, veut-il demeurcr pour ainsi dire sans représentation à Ottawa, en y envoyant un député siéger à la gauche ? Mais puisque vous avez choisi comme candidat une haute intelligence, un esprit averti et un énergique comme M. Mackenzie King, force m'est bien de vous dire: Vous êtes fatigués de firurer éternellement dans le camp des vaincus, vous tes fatigués de cette hostilité à un régime politique qui a placé le Canada au premier rang dans le concert des nations : vous êtes fatigués de condamner l’homme qui. douze années durant, s’est consacré, jour et nuit, comme nul autre homme d'Etat canadien l’a jamais fait, à la sublime tâche de notre développement national, de façon à rendre notre peuple digne du magnifique domaine qui nous a été légué en héritage.
Le nom de votre candidat est du plus heureux augure, car il évoquera dans le souvenir d’un srand nombre
les grands noms du Jihéralisme d'Ontario par le passé; il évoquera le le nom de son propre grand père ce William Lyon Mackenzie, qui donnait le coup de grâce, il y a 75 ans, au FAMILY COMPACT, et cela, par des moyens u’aciion que notre histoire nationale n’a pas manqué d’enrépistrer ; il évoque la rrande figure de George Brown dont la lutte énerrique et intense contre les abus a laissé une, si profonde impression dans le souvenir de la génération qui disparaît, et il rappelle aussi cet autre Mackenzie qui, sorti des rangs les plus obscurs de notre société, réussit à convaincre ses concurrents de la droiture de ses intentions et de son inattaquabhle intégrité; il nous remémore aussi cet autre homme d'Etat, Sir Oliver Mowat, si distingué par son grand discernement et sa largeur de vues, qui vient à peine de disparaître dans la plénitude de ses années, après avoir un quart de siècle durant réussi à tenir la province d’Ontario fidèlement groupée autour du drapeau libéral.
M. Mackenzie King possède les qualités qui distinguaient ces grands meneurs d'hommes, il a leur endurance et leur énergie, et je ne crains pas de le prédire ici, si vous lui confiez, comme vous le ferez, je crois, votre mandat au parlement fédéral, avec mission d'appuyer Sir Wilfrid Laurier, M.
Mackenzie King, dans un prochain avenir, fera reiaillir un lustre encore plus vif sur son comté natal, et il sera en lieu de rendre à notre com-
mune patrie des services encore plu signalés que ceux qu’il lui a rendu par le passé.