‹ L'hon. Pierre Garneau [microforme]Chapitre 3 sur 3 · APE TI NC APE NS UE AE NC SE · texte numérisé non relu

APE TI NC APE NS UE AE NC SE

époqiué où nous recevions le beau titre de “ peuple gentilhomme.”

Deux ans après, madame Garneau suivait dans la tombe son époux bienaimé, Elle aussi appartenait à cette race forte et vertueuse d’une autre époque, et, ainsi que son compagnon | qui l'avait précédée de deux ans au lieu du grand repos, elle s’éteignit entourée de l'amour et du respect de tous ceux qui avaient eu l'avantage de connaître cette femme suivant le cœur de Dieu,

En 1839, M. et Mme Garneau avaient vu leur jeune enfant s’éloigner de la maison paternelle pour aller chercher la fortune à la ville.

Qui pourrait dire les larmes et les prières ferventes de la mère pour l'enfant arraché à sa tendresse ? Personne ne saurait le dire, car le cœur d’une mère est un trésor d'amour si pur et si grand que Dieu seul peut | l'apprécier,

A ces parents deituëtts: Dieu voulut accorder la consolation de voir

leur enfant devenu un citoyen distingué et respecté. C'était, avant de fermer les yeux à la lumière du jour, la récompense due à leur dévoûment et à leur amour de père et de mère.

Lorsque, en 1870, les amis de M.

Garneau travaillaient activement à assurer son éleection à la charge de maire de Québec, lui, le candidat, ne se laissa point éteurdir par cet honneur inattendu : il oublia sa cand:e dature pour voler auprès de son père mourant. C’est là, près de ce lit de douleur, qu'on pouvait le voir tandis que le vote populaire le nommait premier magistrat de cette même ville où il était venu si humble et si pauvre, 30 ans auparavant.

Et deux ans plus tard, en 1872, c'est encore au chevet d'une personne tendrement aimée qu'on le trouve, tandis que les électeurs de la ville le nomment de nouveau leur maire. Cet honneur ne peut lui faire oublier que,

‘au Cap-Santé, dans cette chambre mortuaire, gît, sur un lit de douleur,

k Hi Ë È LA | Î

la femmé qu'il aimait avant tout et qu'il appelait du doux nôm de mère, Il est là pour lui fermer les yeux et pour récévoir un dernier baiser de l'amour le plus pur, avant que cètte bélle âme d’épouse ét de mère chrétienne né s'envole vers son Créateur.

L'étranger qui visité la jolie église du Cap-Santé, peut lire, sur la pierre tumulaire érigéé par la piété filiale, vers le centre de la nef, les noms de ces époux unis dans la mort et dormant, côte à côte, leur long sommeil en attendant le jour dé la résurrection générale, Ils reposeront en paix, Car leur mémoire est bénie de tous ceux qui les ont connus.

Le plus bel écusson de M. Pierré Garneau se trouve dans ces quelques lignes : “ C’est que la famille dont ïl descend èst une des plus réspectables du pays et une dont les annales né sont marquées d'aucune tache. “ Certes ! il a bien le droit d'êtr: fier de ce blasôn, si supérieur à éelui de le plupart des foblés à tête couronnée,

. Voltaire, dont l’écusson n'était ni no-

ble, ni pur, a cependant écrit :

‘6 Vous mettez la grandeur Dans les blasons ; je la veux dans le.cœur.”

Et Voltaire, le menteur par excellence, disait vrai lorsqu'il écrivait cela,

A venir jusqu'à présent, M. Garneau avait fait lecommerce à la Hauteville, sur là rue St-Jean, En 1854, il transporta son établissement à la Basse-Ville, et, en 1874, là où il est encore aujourd'hui : sur la rue St Pierre, au no, 48,

En 1866, M. Garneau s'occupa énergiquement de la fondation de la compagnie de navigation de Québec au Golfe, devenue, depuis, la compagnie de navigation à vapeur de Québec, dont il a été le président, le vice-président, un des directeurs et dont il est, maintenant, le vice-président. On le considère avec raison comme étant: un des pères de cette :

entreprise qui a si bien prospéré..

SSD EPA) ANSE AU

En 1873, il fut élu député du comté de Québec qu'il représenta jusqu’en 1878, ayant été élu deux fois par acclamation,

En 1878, M. Garneau se présenta dé nouveau devant les électeurs du comté de Québec ; mais i] fut défait :

nous étions alors à cette époque d’effervescence causée par le fameux coup d'état de M. Letellier. M. Garneau se présenta encore en 1881, et il fut élu par acclamation,

En 1874, il fut fait ministre de l'Agriculture et des Travaux publics, sous l'administration de M. de Boucherville, Il occupa cette position jusqu'en 1876. De 1876 jusqu'au 2 de mars de 1878, il fut ministre des terres de la Couronne. Il remplit les devoirs multiples de ces deux charges avec fermeté et habileté, y apportant toute son expérience et sa profonde connaissance des affaires

. mercantiles,

Nous avons vu, plus haut, que M.

Lane transporta l'établissement

dont il faisait partie de la Haute- Ville à la Basse- Ville, et, en 1874, sur la rue St-Pierre, |

Le lecteur nous permettra d'ouvrir ici uñe parenthèse en faveur des Sœurs qui ont donné leur nom à une des rues commerciales de Québèc.

Elles méritent bien cette digression et beaucoup plus que cela, ces saintes filles de la Mère Bourgeoys.

On sait déjà que cette héroïne chrétienne du Canada fonda sa maison à Villemarie, aujourd’hui Montréal. L'extrait suivant du livre de l'abbé Faillon, intitulé : Ve de la Sœur Bourgeoys. fondatrice de la Congrégation de Motre-Dame, etc. nous donne la date de cette fondation :

‘“ La Sœur Bourgeoys nous apprend qu’elle commença à réunir les enfants, pour les instruire à son école, le jour de Sainte-Catherine, 25 no-

“vembre 1657, C’est ce que confirme les registres de la paroisse. On y.

voit qu'auparavant, elle n'était pas : 1 considérée comme institutrice de.la

ss 30

jeunesse ; ainsi, dans un. acte de bap:

tême, du 30 Septembre 1657, elle est désignée simplement sous le titre de fille usant de ses droits, au lieu que, l'année suivante, elle est qualifiée, dans les mêmes registres, f{/e mattresse d'école.”

Vingt-neuf ans après cette première fondation, c'est-à-dire en 1686, Mgr de Québe, premier évêque du pays, désira procurer à sa ville épiscopale un établissement semblable à celui de Villemarie, ‘Il acheta pour cela (disent les archives de l’archevêché de Québec) le 13 novembre 1686, une maison avec cour et jardin, dans la haute ville, proche de la grande place Notre-Dame, etenfin on choisit, pour être à la tête de l’œuvre, la sœur Marie Barbier, à laquelle on adjoignit la Sœur Saint-Ange, envoyée de Villemarie à ce dessein.”

Cette maison de Québec fut connue, dans les commencemments, sous, le nom de Providence # la sainte Fa-

en AR ee SL A SL AL à)

et

La Maison achetée par Mgr de Québec, proche de la grande placc Notrè-Dae, devait se trouver, à peu près, sut le sité occupé, aujourd’hui, par Le Canadien.

Six ans après, en 1692, la sœur Bourgéoys, jugeant que lé bien public démandait que là Congrégation allât se fixef à la Basse-Ville, pour donner aux énfants de ce quartier le bienfait de l'instruction gratuite, partit de Montréal pour se rendre à Québec, où elle arriva le 8 de mai. Remarquons, en passant, que la sœur Bourgeoys fit ce voyage à pied ! Voici ce qu'elle écrivait à ce sujet : “Je parle à M. Glandelet, vicaire général, et à M. Hazeur, négociant de Québec, pour trouver une place en la bassé ville, M. Hazeur m'offre deux logements à choisir : l’un à la plateformé, qui sérvait de magasin, et un autre, Nous a ‘ions vendu la maison de Monseigneur pour 2,510 livres, qu’il fallait remployer à notre nouvel emplacement, et-nous achetons pour

7,500 livres celui de la plate-forme.”

Et cet emplacement dont parle la Sœur Bourgeoys, forme aujourd’hui le site sur lequel est bâti le magasin de MM. P. Garneau, fils et Cie. M.

Hazeur, cette homme de bien, dont la sœur Bourgeoys fait le plus grand éloge, avait là son magasin, dans les commencements de la colonie, et, après 152 ans d'occupation par les bonnes Sœurs, de 1692 à 1844, M.

Garneau venait, au même lieu, en 1874, reprendre le commerce de M.

Hazeur, interrompu par les prières et les bonnes œuvres des filles de la sœur Bourgeoys.

On sait déjà que, en 1844, les Dames de la Congrégation furent transférées à St-Roch de Québec, où elles sont encore, en face de l’église de ce nom. Mons. l'abbé M. Charest, qui était partout où il y avait dubien faire, soccupa vivement de l’établissement des Dames de la Congrégation dans sa paroisse, et la suite a donné raison aux prévisions de cs

DR D ed dar PAR ee PAPER VRP RS EE CR LEE RS ARR AC x D Lace nt EL LE

Er

saint prêtre, car le bien que font les filles de la sœur Bourgeoys aux enfants du grand et beau quartier de St-Roch, est incalculable,

Voilà pourquoi l’on voit, au-dessus de la porte d'entrée du couvent de St-Roch et au-dessous des lettres C. N. D. : Rév. Z. C. Ilétait parfaitement inutile en effet. d'écrire au long le nom de ce curé regretté, puisque ce nom est écrit en caractères ineffaçables dans le cœur de tous ses paroissiens,

Nous devons à l’obligeance de M. l'abbé Marois, secrétaire de l’archevêché, et aux Dames de la Congrégation de St-Roch, les renseignements qui précèdent et que nous nous sommes procurés grâce à la permission que l’on nous a accordée de puiser aux archives.

Après cette longue digression, qui, nous l’espérons, a son intérêt au point de vue de notre histoire, nous repre»

‘nons notre sujet, ei

RME à

En 1836, c'est-à-dire à l'âge de 13 ans, le jéühe Pierre Gärneau visitait, en compäghie de son père; le couverit de la'Basse-Ville, : L’eut-il cru, si quelqu'un lui eût dit;alors, que 38 ans plus tard, lui, le jèune : Cämpagnard sans fortune, viendrait, au même eñdroit, fonder une des maïsons de com

mercë lès plus prospères de Québec ?

Cette malson des Sœurs, visitée en 1836, cornme nous venons dé le dire, fut détruité par le feu. Les Religieuses ont fait’ construire, dépuis, le magnifique pâté compris entre la

.rue des Sœurs’ et du Porche, et occu- .pé comme. magasins, par: MM. P.

.Gatneau, fils et: Cie et par’ MM.

McCall et Shehyn. Cette belle propriété, ainsi que le terrain sur lequel

elle est assise; appartient encore aux

Dames dé. la Congrégation. M En pc) on construisit, à à Québec

Fo tempête, comme . ae s'en faut souvent ici, s 'éleva : parmi. les. étei-

3 Î gnoirs d'alors, et cette classe d’homit, mes. est, toujours nombreuse dans la nt capitale provinciale. Les cochers, si} ' d'un côté, prétendaient que des chars ns urbains, à Québec, causeraient leur rd ruine ; d’autres, les marchands de la fi- Basse- Ville, jetaient les hauts cris en mm | disant que cette innovation allait rui— ec? ner le commerce dela Basse. Ville, cée | Qu'est-il résulté de tous. ces cris de le | paon; de toutes ces prédictions de e- ) prophètes de malheur? Il en est uis, résulté tout le contraire de ce que la l’on prédisait. Les cochers ne sont cu- point ruinés et, font mieux qu’autre-

P. 1 fois, et les marchands. de. la. Basse- M. Ville ont vu augmenter le chiffre de bro- | leurs affaires, puis, chose digne de reuel DE marque, les chars urbains ont donné aux HR, l'essor aux deux quartiers populeux

sis de St-Roch et de. St-Sauveur,

bec, : Quant à M. Garneau, il fut l’un des St- promoteurs les. plus ardents de cette ille EE pue &, alors, fort impopulaire. Jl rme meïse lai iSsa acrêter .ni par les prédic-

éteis M “tions funestes. des marchands, ses

AR Be pe ram LD rie er

confrères, ni par les criailleries et les menaces des cochers. Jugeant, avec ce coup d'œil sûr qui le guide toujours dans les grandes entreprises, que l'établissement d’une ligne de chars urbains serait avantageux à toute la population québécoise et à celle de St-Sauveur, il ne se donna aucun repos avant que cette entreprise fût menée à bonne fin ; et les 19 années qui se sont écoulées depuis que nous avons des chars urbains, à Québec, ont pleinement justifié M.

Garneau d’avoir, dans le temps, risqué sa popularité en faveur d’une œuvre dont toutes les classes de la société, aujourd’hui, reconnaissent l'utilité indispensable,

Voiciencore une autre entreprise à laquelle M. Garneau à attaché son nom: nous voulons parler de la Coypagnie de caoutchouc, établie, à Québec, en 1868, croyons-nous, et dont M. Garneau a été ou vice-président, ou directeur, tout le temps qu'elle a existé sous son ancien nom, :

qué

vre lété, in-

ise à son oM-

Qué-

dont

dent,

elle a

épi mé a RIRE PER ERP pre mit Ter £ L un HN. Ke 2 s

En 1872, quelques hommes à esprit d'initiative et d'entreprise, parmi lesquels figurait M. Garneau, établirent le chemin de Gosford à Æsses de bois.

Cette voie, destinée principalement à l'importation, à Québec, du bois de

chauffage, fut abandonnée au bout de

deux ans, pour des raisons qu'il n’est pas utile de rapporter ici, vu qu'elles font peu d'honneur à l’intellience de certains messieurs d'alors.

Ce chemin osford a eu son utilité incontestable, et son tracé fut si bien choisi qu'il a servi, jusqu’à la rivière Jacques-Cartier, au cheminde fer de Québec au lac St-Jean, M.

Garneau fut le fondateur et ie directeur de cette entreprise.

À propos du chemin de fer de:

Québec au lac St-Jean, nous pouvons dire ici, sans entrer dans aucun détail, que M. Garneau a mis toute son énergie et toute son influence au profit de cette entreprise qui doit faire sortir

de leur isolement les habitants du lac

St-Jean et du Saguenay, et qui doit

dohner à la eité de Québec un gté:

nier inépuisable, À l'heure actuelle,

‘il est un des directeurs de la compa-

gnie dont il se trouve à être un des membres les plus influents auprès des autorités, vu sa position au parlement,

Lorsqu'il s’est agi, en 1880 et 1881, d'établir une filature de laine à Québec, on voit encore le nom de M.

Garneau ‘figurer dans cette entreprise:

d’une manière active et y donner son concours matériel,

Le Bureau de commerce de Québec a compté, durant plusieurs années, M. Garneau comme un de ses

membres les plus actifs, soit comme

vice-président, président, etc.

En un mot, il serait difficile, croy-

‘ons-nous, de nommer une entreprise

d'utilité publique, à Québec, qui ne doit pas ou son initiative, ou sa promotion, à l'esprit actif et aux idées de progrès de l’hon. M.P. Garneau.

La ville de Québec lui doit beaucoup, et les citoyens ont su, au besoin, apprécier ce qu’il a fait pour eux

à maintes et maintes reprises. Il n'y a pas de douté que ceux qui les suivront se rappelleront qué M, Garneau n’a rien épargné, a fait des sacrifices considérables en faveur de sa ville de prédilection : Québec. Il eût pu faire comme tant d’autres marchands de cette ville qui considèrent comme temps perdu tous les instänts qu'ilne consacrent point exclusivement à leurs affaires personnelles,

M. Garneau, lui, a pensé et agi différemment, et, suivant nous, il a eu mille fois raison. Non-seulement at-il consacré une grande partie de ses heures d’affaires aux œuvres d’utilité publique, mais il y a mis de ses deniers, largement et généreusement.

Si Québec avait plus d'hommes de la trempe énergique, du dévouement et de l'esprit d'entreprise de M. Garueau, nous serions ici ce que l’on est à Montréal : à la tête du progrès.

Comine député, M. Garneau s’est toujours montré l'ami sincère et dévoué de notre race et de nos institu-

tions. Catholique sincère et fervent, il n’a jamais oublié tout ce qu'il doit à notre Eglise et à son clergé ; et, au milieu de tant de défaillances,il a su se maintenir ferme et droit dans le sentier du législateur catholique. Cette fermeté dans les principes fera son plus bel éloge et son plus beau titre à l'admiration de ses compatriotes.

Lorsqu'il s’agit au parlement de défendre les intérêts de la ville de Québec,de la mettre à l'abri des complots des agioteurs et des projets gigantesques de certains nouveaux parasites peu scrupuleux, on est sûr de trouver M. Garneau sur la brèche défendant vigoureusement et habilement la population québécoise contre tout projet qui lui serait préjudiciable, On a vu, dernièrement, avec quelle ardeur de jeune homme, il a combattu le projet de loi draconnienne proposé par M, le maire actuel, Ce projet a heureusement avorté, grâce aux efforts de M. Garneau, fortement appuyé par M, Shehyn,

- A‘ propos de la carrière parlementaire de M. Garneau, voici un trait

qui fera voir encore mieux tout le.

dévoñment de cet homme pour la cité de Québec.

Lorsque, en 1874, M. de Boucherville travaillait à la composition de son ministère, il fit mander M. Garneau pour le prier d'en faire partie.

Celui-ci mit à l'acceptation d’un portefeuille les deux conditions suivantes :

1. Que l’on assurerait l'exécution des travaux du chemin du Nord (plus tard ; le Q. M. ©. et O.) de Québec à Ottaoua : 2, Que l’on prendrait les mesures nécessaires pour bâtir, au plus tot, les édifices du parlement, |

Nous tenons ce fait d’un amiintime de M. de Boucherville, qui ne put s'empêcher, dès lors, de concevoir la plus grande estime pour M. Garneau, qui faisait passer les intérêts de Québec-avant l'honneur de devenir ministre. De tels actes de désintéresse-

ments sont rares de nos jours,

oo “mr”

Ilest inutile de démontrer aujourd’hui les avantages qu'a fournis à la ville de Québec le chemin du Nord:

Quant aux bâtisses du parlemerit, il est besoin, ici, d'un mot d’expli:

cation, |

On sait que, durant plusieurs an:

nées, les ÆMontréalais, accapareurs quand même, qui exigent sans cesse la meilleure part, en vertu du ga nominor leo, voulaient avoir le siége du gouvernement provincial dans leur ville, et qui peut nous assurer qu "ils n'auraient pas réussi, après l'incendie de notre vieux parlement, en 1883, si les travaux des bâtisses actuelles n'eussent pas été aussi avancés ?

M. Garneau est d’une taille au-dessus dela moyenne. A le voir marcher droit et d'un pas léger, vous ne lui donneriez pas plus de 50 ans.

Sa figure est sévère, mais franche, ouverte et pleine de dignité. Il y a, dans lés yeux et sur son large front, une éxpression . bien prononcée de

candeur unie à beaucoup de fermeté;

et, si Buffon ne s'est pas is trop lorsqu'il a écrit: ‘“ Le front est une des

grandes parties de la face,” le physio-

homiste peut aisément lire ces deux dernières qualités, en voyant M. Garneau.

Cette sévérité de la figure n'exclut point la sensibilité du cœur chez celui qui fait le sujet de cette étude ; car nous l'avons vu s’émouvoir visiblement, nous l'avons vu ne pouvoir retenir ses larmes au récit de quelque trait touchant de dévoüment et d’abnégation, Nous savons aussi que cette écorce sévère cache un cœur tendre et charitable ; et si l’on veut s'en rapporter au témoignage de ses nombreux employés, ils vous diront :

“Sévère peut-être, mais juste certainement.”

Nous désirons traduire et insérer ici quelques lignes du joli volume intitulé : 74e Canadian Biographical Dictionary and Portrait Gallery ” eminent and self-made men.

1e On a beaucoup de respect peus

M. Garneau dans toute la ville de Québec ; plus que cela : on a, dans toute la province, une telle opinion de lui qu'il suffit que son nom soit associé à une entreprise pour que les gens y aient confiance......Et l'on peut affirmer sans crainte de se tromper, que l'honorable Pierre Garneau tient le premier rang parmi les Fommes estimés et respectés de toute la cité de Québec, sans considération de croyance ou de nationalité, Il est à la tête et le seul survivant de la société si bien connue sous le nom de P. Garneau et frère, faisant le commerce de nouveautés en gros. Cette maison jouit de la meilleure réputation dans toute l'étendue du Canada, aussi bien qu’en Europe.”

Depuis 17% an, l'honorable M.

Pierre Garneau fait le commerce avec son fils et un de ses frères, M. Frs.- Xavier Garneau, sous les noms - de P. Garneau fils & Cie, au No. 48 de la rue St-Pierre.

Par une sado toujours digne et

sänñs cesse honorable, dans les nori:

breuses positions qu'il a occupées, l'honorable M. Pierre Garneau n'a pas cessé de marcher sur les nobles traces de ses ancêtres ; il avait reçu d'eux un nom sans tache, et il le remettra, ce nom, dans le même état à ses deux fils, après y avoir ajouté le prestige que donnent les talents consacrés au bonheur de ses semblables,

LA

Québec, Mai, 1884.

Page 1