THIBAUT, MARGUERITE, ROBERT, ROBERT
Boon, Thibaut, Eh bien ! comment cela va-t-il ?
ES THIBAUT
i Fort mal, Robert. Tu dois certainement nu # Savoir que je suis ruiné,
$ ROBERT, mains. Oui, l’on vient de me le dire, et c’est s M pour cela que je suis venu te voir.
Is mon plu F. THIBAUT, que je de î Je r’ai plus rien.
" ; : ROBERT, TU É. Comment donc ? tu as encore un beau regie. 1 champ de blé, dont tu peux faire de plus
beaux écus, Si tu veux le vendre, je suis ge ton homme. Je te l’achète sur pied, tel qu’il est, argent comptant. Qu’en dis-tu ?
THIBAUT
Est-ce que tu en aurais envie ? Tant
mieux. Monseigneur doit venir ce matin.
tre toutes on contre
des amis M Tu Pourras l’arranger avec lui. Je n'irai Robert. % pas sur ton marché.
bon à te 4 ROBERT, F Je n'ai rien à voir avec Monseigneur.
à . s | : C’est ton blé, Li | Il appartenait il y à quelques jours. 1] IT. # n’est plus à moi maintenant.
ROBERT, queC Surprise, omment Comment ? est-ce que tu le lui aurais vendu ?
qu’un écu pour vous,
THIBAUT, Non ; mais, depuis que j'ai
Je lui abandonne tout ce que je possède.
MARGUERITE
Je pense qu’il nous faut d’abord payer ce ue nous devons, à quelque prix que ce soit, inous n’avons plus notre bétail, monsei.
£neur n’en as pas profité, Cette perte nous regarde, et non pas lui.
ROBERT
Mais cela ne va pas jusqu’à se mettre
Sans pain, Il faut Sarder quelque chose Pour remonter au-dessus de ses affaires,
THIBAUT, Le regardant d'un air sévère.
Et cela aux dépens de notre bon sei-
gneur ?
ROBERT
Il est si riche ! Tout c
€ qui lui reviendrait de votre abandon sera
it pour lui moins
vu mourir mes bestiaux, Je Suis hors d’état de le payer.
nt qu’il ne s’est PaS pourvu en justice pour se faire adjuger {on grain par forme de nantissement, il
Er
DR
do av
THIBAUT, vu mourir À Il pourrait s’en passer, j? crois ; mais de le payer. A est-ce à moi dele prendre ? Cela te paraît. possède, N il juste ?
+ ROBERT, qu’il ne s’est À Comme si tu ne savais pas que c’est un ire adjuger # homme compatissant et généreux !
sement, il
THIBAUT, ?, , ” dir Le FEUX ; C’est pour cela même qu’on est obligé rte { d’en user plus honnêtement envers lui. | L MARGUERITE.
| Parce qu'il traite bien les autres, vous d payer ce W verrez qu’il faudrait le maltraiter ! [ue ce soit, THIBAUT.
; monsei- 4 Allons, Robert, ce serait une infamie, ds w nous | ROBERT, Ne sois donc pas si fier, et sois un peu e mettre | mMoinsavisé, I] n’y a que la manière de voir te % les choses. Il te ferait sans doute du bien : Mes | pour en être plus sûr, tu te le fais à toi. : É même. Est-ce un mal de se mettre au mn nombre des malheureux qu’il soulage ?
bon sei- THIBAUT, Il n'aurait pas long-tems à jouir de cette irevien. douceur, si tous ces fermiers suivaient tes ai moins M avis.
ROBERT
Que tu es obs avec toi, Je n’ai tu me vendre to
tiné ! Je perds mon tems À qu’un mot à te dire, Veuxn blé, oui ou non ?
THIBAUT, avec ln sourire de mépris.
. Ha ! je comprends à merveille, Je dé- F vine ce qui te fait prendre tant de part à d mon malheur, Ecoute, tu es riche, et ce S Marché ne serait Pour toi qu'une bagatelle, P 21 Un meilleur coup à te Proposer de faire | e ensemble, | ROBERT, | | Voilà qui est raisonnable, Voyons. } | {à THIBAUT, :
" Monseioneur est prêt d'arriver, Il porte n d' | toujours sur lui une bourse bien garnie, une k {| montre d’or, et des bijoux précieux. Veux- : (il tu que nous allions l’attendre au coin de la U be h| forêt pour lui enlever sa dépouille ? C’est À ne | Al . Une bonne affaire, celle-là ! à ; ROBERT, reculant deux pas en arrière. F & Fe : 9 dui Y penses-tu, Thibaut 1 ras THIBAUT, ma Il est siriche ! Ce qu'il perdrait de l’a- . . Q Led ; venture serait pour lui moins qu'un écu (
Pour nous,
mon tems ire. Veux-
pris.
>, Je déde part à che, et ce bagatelle.
er de faire
ons.
Il porte rnie, une x. Veux-
oin de la 7 C’est
de l’a- ‘un écu
ROBERT, Oui ; mais le gibet ! Il n’y a douc que cela qui t'arrête, Si J'étais juge, Robert, je te ferais bien voir que ce que tu me proposes ne le mérite pas moins. Prendre à quelqu’un son argent dans sa poche, ou lui enlever les fruits de Sa terre, quand on 2st hors d'état de le Payer, je ne sais lequel de ces deux vols est le plus affreux, ROBERT, J’y vois une grande différence,
THIBAUT
Cela peut être, mais donne-toi la peine
d'y réfléchir, et tu Penseras comme moi, ROBERT.
Je rai garde, vraiment. Je fcrais de beaux profits avec cette manière de l'aisonner. Allons, Thibaut, songe un peu mieux à tes affaires. Ton seigneur t’aura de grandes obligations, quand tu te seras réduit à la misère pour lui? Tu n’y gagneras que des mépris de sa part et de plus Mauvais traitemens.
THIBAUT
… Oui ; s’il avait un cœur tel que le tien, J'aurais sujet de le craindre,
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