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PELAGE
Oublie ces malheureux. S'ils ont choisi le mal pour métier, tu es bien bon de t’offenser (3 leur infamie, Ecoute, je n’ai que deux mots. Je sais que tu es hors d’état de payer de M. de Verville. 11 me serait impossible pour le moment de C’avancer la somme qui te manque ; mais tâche d’obtenir du temps, J'ai de quoi répondre : je serai ta caution, et tu garderas ta ferme.
MARGUERITE, à Thibaut, qui reste immobile, frappé d'une vive surprise.
Vois, mon ami, quelle bonté! (.4 Pelage.) O mon cher Voisin, d’où te vient Pour nous une pensée si secourable ?
PELAGE
Elle est toute sim ple. Le brave Thibaut, me suis-je dit, a soulagé de son mieux tous ceux qu'il a vus dans la peine. Il serait bien affreux qu’il ne trouvât personne pour l'en retirer à son tour ; el Je Suis venu.
MARGUERITE, à part.
T1 semble que le ciel nous l'envoie, PELAGX,
Q Q Q C 4 rl Eh quoi ! Thibaut, tu ne dis rien 2 (4 lui tend la main.)
PHILAUT, le prenant avec vivacité, et la serrant dans let siennes.
Ah ! mon cher Pélage, ne crois pas que ce soit par indifférence, Je suis pénétré jusqu’au fond du cœur de tes offres ; mais je ne puis les accepter.
PELAGE
Pourquoi donc ? Elles ne te seront pas inutiles. Dans quelque bonne disposition que M. de Verville soit à ton égard, il deviendra plus facile encore, en se voyant pleinement en sûreté par ma caution.
THIBAUT
Mais qui me servira de caution envers toi-même ?
PELAGÉ.
Ta probité, ton intelligence, et tan amour du travail.
Tu vois ce qu'ils m'ont valu Jusques à présent. Ila suffi d’une mauvaise année Pour me ruiner ; une seconde ne ferait qu’jouter ta ruine à Ja mienne,
PELAGE
N'importe ; j'en cours les risques, THIBAUT,
Et voilà ce que je ne veux point, Cest
rai
ant dans let
s pas que S pénétré res ; mais
eront pas ISposition rd, il de- > Voyant on.
bien assez de souffir voir que mes amis so L'aurais plus un m n brouillard, un n billon de poussière, dans mon esprit.
avec ma famille, sans uffrent pour moi. Je oment de tranquillité, uage, le moindre tour- Jetterait l’'épouvante
PELAGE, quec instance,
Mon cher Thibaut, Si tU savais combien
tu me désoles par tes refus ! Jene pourrai donc rien faire Pour toi !
. THIBAUT, Tu en as fait assez en
Pauvre cœur. Il est déchiré que je vois dans te
autres, 1] y a toujours une grande différence d’être plaint ou d’être ma
ciel, tu n’auras Jamais à regretter de m’a.
voir connu. En quelque endroit que je te rencontre, je n'aurai pas besoin d’enfoncer mon chapeau sur les JEUX, ou de détour.
ner la tête pour n’avoir Pas à rougir de ta
PELAGE
Plus tu résiste, plus je sens croître mon
amitié, Et toi, cruel, tu ne veux Pas me Gonuer la tienne !
ÿ4 L'HONNETE THIBAUT.
: Pense-s-y donc, je t'en supplie. Je sais tes faibles moyens. Serais-je ton ami, en te plongeant dans l'embarras pour m’en soulever ? Non, mon bon voisin, je ne suis coupable de la ruine de personne ; et lon ne pourra Jamais dire que je le sois devenu. Aussi long-tems que je vivrai, je veux M’endormir avec un cœur innocent.
C’est alors qu’une poignée de paille vous fait un lit de roi.
PELAGE
Je ne te presse plus. Je sens que je ne Suis pas digne de finir tes peines. Le ciel sans doute s’en réserve l'honneur. Je ne te demande que la préférence après Jui ; et mes bras et ma petite fortune, tu les trouveras toujours à ton service. Adieu. (Il sort, Thibaut le conduit Jusqu'à la porte, en lui serrant la main.)
men SCENE VIN.
THIBAUT, MARGUERITE
THIBAUT
A ! Marguerite, jai donc un ami ! Je ‘Suis pourtant bien aise qu’il s'éloigne. J'al.
. Je sais ami, en Jur m'en e ne Suis ne ; et je le sois Jivrai, je nnocent, lle vous
ue je ne Le ciel Je ne te lui ; et trouve- Il sort, , en lui
lais peut-être céder à ses prières, de peur de l’'affliger. Nous voilà délivrés d’une ten. tation si violente. Il faut empêcher qu’elle ne revienne. Allons, ma femme, il s’agit de prendre un parti visoureux. Viens avec moi rassembler jusqu’à nos moindres effèts.
Que tout soit prêt avant l'arrivée de monseigneur ! Il pourrait croire que nous avons
Un instañt balancé dans notre devoir. (On
baisse le rideau.)