MARGUERITE, JEANNETTE
JEANNETTE, Ju'énant Un air triste.
Qu ! c’est donc là ce monsieur à qui tout ce que nous avons appartient, à ce que dit mon père ?
MARGUERITE
Oui, ma fille. Nous lui devons beaucoup d'argent ; et, comme nous n’avons pas la moitié de ce qu’il nous en faudrait pour le satisfaire, nous lui abandonaons tout ce qui nous resie.
JEANNETTE
Et qu'est-ce qu’il en fera? Il a une trop belle voiture pour se servir de notre cariole ; et il est trop bien vétu pour porter nos halts,
MARGUERITE
Oui, son: doute, Mais il va les faire
vendre, et en recevoir l'argent. Nous ne
pouvons le satisfaire «ue de cette facon; et cela même ne saurait y suffire.
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JEANNETTE
Croyez-vous qu’il soit assez méchant pour nous jouer ce vilain tour ? Il avait Pair de me regarder avec tant d'amitié !
MARGUERITE
Il n’y a pas de méchanceté dans tout cela, Jeannette ; il n’y a que de la Justice.
JEANNETTE
Cest bien triste pourtant... .Que je regarde, pour la dernière fois, mes habits des grandes fêtes. Aurais-tu pu le croire, ce printemps, ma mère, lorsque tu me donnas ce juste et ce cotillon, que jé ne les horterais que deux ou trois fois? Di.
manche dernier encore, j'avais tant de plaisir de ‘ne voir si proprement ajustée! Et toi, na mé *, aussi, tu en étais si joyeuse ! (Elle buis. la main de sa mère, en la voyant chagrine.) Allons, ne l'aflige pas ; je ne regrette plus mes beaux habits, nous avions su travailler pour avoir ceus là, nous saurons bien travailler de plus belle pour en avoir d’autres... Mais voici monseioneur qui vient; je vais chercher ma sœur dans le jardin,
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78 L'HONNETTE
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