Scène VI HEINECKE, M- HEINECKE, ROBERT
Robert. — Père, et toi, mère, ne m'en veuillez pas. Il faut que je vous... il faut qu'un grand changement s'accomplisse dans votre existence.
Heinecke. — Qu'est-ce qu'il y a?
Robert. — Je me suis assuré qu'Aima est perdue sans ressource, à moins d'être transportée dans un milieu où tout retour à son ancienne vie lui soit impossible. Mais vous, que deviendrezrvous? Vous ne pouvez pas rester seuls ici. Vous y seriez exposés à la convoitise des Michalski... bref, il faut que vous parliez avec moi...
M"* Heinecke, «veo «ffar«m«nt. — Aux Indes?
Robert. — N'importe où I PeutnHre bien aux Indes. Lin fluence de Trasl va très loin... nous pourrons choisir.
Heinecke, rag«us«meDt. ~ S'il le faut, autant aller aux Indes.
M"* Heinecke. — J'en perds la tôle.
Robert. — Ahl Ça vous sera dur, je le sais bien. Mais ne vous découragez pas. Ça n'est terrible qu'en apparence. Aux Tropiques la vie est mille fois plus facile qu'ici. V^ous aurez des domestiques autant que vous en voudrez.
Heinecke. — Mille millions!
Robert. — Et une maison à vous.
Heinecke. — Avec des palmiers?
Robert. — A foison !
M"« Heinecke. — Et les plus beaux fruits du Midi; on les cueille soi-même aux arbres?
Robert. — On se les fait cueillir.
M"" Heinecke. — Et ils ne coûtent rien?
Robert. — Presque rien.
Heinecke. — Et les perroquets volent comme ça autour de vous. Et i'y a des singes... comme au jardin d'Acclimatation ?
Robert. — Alors, vous consentez?
M"' Heinecke. — Qu'est-ce que tu dis, père?
Heinecke. — Ma foi, pour mon compte... C'est dit, nous irons. .
Robert. — le vous remercie... je vous remercie, (a part.) Dieu soit loué, je n'ai pas eu à les contraindre. (Haut.) Et maintenant, ne perdons pas une minute. Vous
avez du papier et de l'encre? 'Haiocck* perpUxe te gratta la tête. 1
M°" Heinecke. — Aima doit en avoir. eu« entra daos la
chambre.'
Heinecke. — Bien sûr! Elle ne fait que ça, écrire des
lettres. 'Il ferme la porte du poêle.)
Robert, k part avec un soupir de soulagement. — Ali ! maintenant, je SUIS doublement curieux de connaître la satisfaction quil va m'o/Trir el <iue je refuserai, que je refuserai romnie It* duel, lis me traiteront de lâche, d'homme sans honneur. Bah! je n'ai pas besoin de leur licinneur: il faut que jor?sure du pain aux inicns.
M** Heinecke. — Tout est préparé sur la table, ou veu.x-tu que je te l'apporte ici?
Robert. — Non, non. Là, on ne me dérangera pas.
M— Heinecke. ~ Tu as l'air fatigué. Tu devrais le reposer un peu.
Robert, aecouaot la tdie. — Si M. Mûhlingk fils envoie un message ou s'il prend la peine de venir lui-même, appelez-moi. ii «ort.;