Scène XIV TRAST, ROBERT, M- HEINECKE
Trast. — Bien, bien! je comprends. Mettant la main sur l'épaule de Robert.)Est-co que M.Mùhlingk n'est pas venu ici?
Robert. — Ami, Dieu te récompense!... c'est le nom que je cherchais.
Trast. — Ouest-ce que tu veux faire?
Robert. — On me réclame des comptes. On les aura.
(u va rapidement vers la table, ouvre sa malle et se iret i y fouiller fébrilement.)
M™" Heinecke. — Remerciez le ciel de ne pas être marié, Monsieur le baron. Il y a des lils bien ingrajs.
Trast, è pan. — Sottise, tu parles par la bouche d'une mère, ise reprenant. Fi douc ! Trast, c'est mal.
M"" Heinecke. — Est-ce que je n'ai pas raison?
TitAST, lui prenant les deux mains dans les siennes. — ^ Une
mère a toujours raison. Elle a trop souffert et trop aimé pourquoi puisse en être autrement.
M""' Heinecke. — Mais... Monsieur le baron, vous me donnez la main, à moi, une pauv' femme?
Trast. — J'ai péché contre les mères et je fais amende honorable; j'ai péché contre la mienne surtout. Croyez-moi, il y a encore des llls pires que le vôtre, ma brave femme.
Robert a pris un portefeuille, feuilleté des papiers et les a mis de c6té. Puis, après. quelques recherches, il tire un revolver qu'il examine.
Trast, k part. — Ah! un revolver! Voilà sa façon de rendre des comptes.
Robert, voyant qu'on l'examine, dissimule le revolver dans la poche intérieure de son vêtement, puis il prend ion chapeau et s'avance, le portefeuille sous le bras. — V'oilâ. Je SUis prêt.
Trast. — .le t'acciunpagne.
Robert. — Moi?
Trast. — E^st-ce que je n'en ai pas le droit?
Robert, après une hésitation. — Bien. Allons.
M"" Heinecke, tendrement, avec des larmes. — Hobcrt!
Robert, cherchant k dominer son émotion. — Je reviendrai encore te dire adieu... mère! Pour le miMnent, j'ai des
choses plus iinporlailte^ /l faire, u se dirige vers la porte. Trast la suit.
RIDEAU