AVANT-PROPOS
L'espace de soixante-treize ans qui nous séparait de l'avant. é dernière édition du “Dictionnairé: de l'Académie, ne s’est point . écoulé sans que les graïñnmairiens : ge soient crus dispensés du res. pect dé à une telle autorité. Ce laps de temps, auront-ils dit, a vu s naître deux révolutions, et la littérature prendre un essor jusque là sans exemple, et se régénérer : or, la langue, au milieu de cette rénovation, de cet ébranlement général, n'a pu demeurer stationnaire. Partant de ce principe, et peut-être plus empressés d'accueillir les nouveautés que den apprécier le mérite, ils nous. ont donné des préceptes souvent peu fondés, et presque toujours trop circonscrits, trop exclusifs : conséquence inverse au motif : qui les avait déterminés, au mouv ément -qüi, autour ee élargissait, agrandissait tout,
ei Mais aujourhui que l'Académie s’est Éronon tee: quelle» a sanctionné telle locution et rejeté telle autre, qu’elle a brisé les entraves et le cercle étroit où l'on tenait une foule de mots comme.
. Ctreints yar les acceptions bornées auxquelles on les limitai
aujourd'hui, enfin, qu'elle a fait justice du caprice des uns et dei la logique des autres, en passant avec toute la force de sa prépondérance le niveau sur toutes les irrégularités, il nous a sem: : blé que ce ne serrit point un bu ragè sans intérêt que celui qui ferait connaître les odifications, les diverses acceptions qu'elle a signalées dans son Édition de 1835, et soYent comme pour * donner un démenti aux maximes qu'on nous enseigne.
En effet, outre que les principes qu'elle pose font disparaître b l'incertitude” qui résultait de la diversité d'opinions de nos gram- | mairiens, elle agrandit chcore la limite de ces principes en fai. ; ; sant des concessions impérieusement réclamées par l'usage.
Aussi, et nous oserons 1 dire, il n'existe aujourd'hui pas. une seule grammaire en harmoni avec les sentiments de l'Académie, pas une qui ne soit à refondre sur une foule de cas. Par exemple, ilen est une ‘trés-suivie, et que l’on pouvait croire une des meil-. leures à en juger sur.son immense succès, et dans laquelle, cepéndant ques dans l'intérêt, de la vérité, dans l'intérêt de a.
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tt * AVANT-PROPOS. :
science), il ne serait pas difficile de trouver plus de quatre-vingts règles incomplètes ou fausses (et ici nous ne jugeons que d'après l'Académie), ct ‘près de trente tout-à-fait en contradiction avec l'opinion de ce tribunal suprême. à
La nôtre, toute baste sur l'opinion de l'Académie, ne pouvait! être entachée des mêmes vices. °?Ce corps savant y a si bien reconnu. l'expression de ses sentiments sur les principes. de notre langue;. que huit de ses membres, savoir, MM. Droz,. Dupaty, Lemercier, Michaud, Charles Nodier, de Pongerville, de. Ségur et Tissot, CY chtispontanément demandé l'adoption au Conseil royal ‘dé l'Instru ion publique. Aujourd'hui que ce Conseil l'a adoptée comme livre classique, et l'a autorisée pour l'usage des collèges, on ne peut être | axé del, {présomption en-avançant que le }succès -Cn est assuré, 1e
Nous y avons sign é la plupart des erreurs dont . venons : de. parler. Nous l'avohs fait, nôn sans ‘craindre d’indi poser le- Conseil royal. Mai , di ns sa justice, ce Conseil n'en a pas moins. adopté notre livre, /:
colléges: c'est là uh fait bien significatif, et dont il est facile de tirer la conséquerfce ; [ctest, noys oserons le dire, l'approbation, la sanction de ngs pri ncipes, et la condamnation de ceux que nous avons attaqhés. | Car, de deux choses l'une: ou Ia critique que nous faisons/de 14 grammaire de M. Chapsal est fondée, ou elle ne l'est pas. | Si elle ne l'était pas, le Conseil royal, au lien d'adopter notre livre, Neût rejeté ; et puisque, au contraire, il l'a adopté, c'est qu'i partage notre opinion.
Nous signalergns, à phrtir de la 19e édition de cette grammaire, deux -amélioratigns d'une très-grande importance : c'est le développement, que "nous aÿohs donné aux deux questions, jusqu'ici plutôt esquivées que tra tées, des collectifs et du participe présent,
‘questions incontestablethent, et sans. comparaison aucune, les plus difficiles, les plus délicates de toute la langue française.
Nous présentons les participes passés réduits à deux rè ‘gles sans RDA et sur le plan suivi par l’un dé nous dans un ouvrage qui compte déjà huit éditions. Nous avons traité de l'emploi“ des temps du subjonctif, point si important et néanmoins si né gligé, avec plus d'étendue que dans aucune de nos gram-
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