‹ L'honneur dans le crime drame en cinq actesChapitre 39 sur 46 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les Mêmes, czcepti BETZI.

BBOCHiLi, bas à Amély. Quoi que je dise quoique je fasse , gardez-vous de me démentir.

amélt . Quel mystère!... vous m’effrayez !

svilly. M’apprendra-t-on enfin les motifs de la violence, exercée sur ma personne?

BBocniLL. Je vous trouve bien hardi d’élever ainsi la voix !

willy. Comme homme et comme Anlais, je suis libre, et je prétends rester lire.

SHooatiL. Cette liberté, que vous revendiquez avec tant d'audace, il vous faudra pourtant y renoncer.

willy. Et qui m’en privera?

BBOOHILL. La loi.

willy. C’est à elle que je m’adresse,

ponr la comervation de mes droits.

bboc.uill. O’e.l à elle que je m’adresse, pour vous eu dërlarer indigne. {Lui montrant Jakman.) Voit i voire juge.

wii.lt. Soit !... Mais mon crime?

broghill. Vous lie l iguerez pas... un vol commis dans ma maisun...

tous. Un vol !...

( Amély frit un mouvement. ) broghill. Songez il votre fils !...

willy. Horreur el mensonge !

(11 veut parler*, U voix lui manque ; il tomba accable dans un fauteuil.)

broghill , avec une modération affectée.

J'ai toujours eu pour principe de n'être la cause volontaire du mal de personne ; mais l'heure de la justice a sonné, et je dois à la société des révélations trop longtems différées. 11 y a près de six mois, une nuit, en entrant dans mon cabinet, je trouvai, ouvert et brisé, uu coffre , contenant quelques valeurs et des bijoux qui avaient appartenu à ma mère... devant ce coffre fut surpris un homme, pâle et tremblant...

c’était 1 accusé... Mon intendant, que voilà, peut attester l’exactitude du fuit... il était présent... je lui ordonnai de se retirer et de garder le plus profond silence. Reste seul avec Willy, j essayai de parler à son ame i je lui demandai I ’aveu sincère de sa faute... Une partie des objets contenus dans le coffre avait déjà disparu, j’en sollicitai la remise. Le croiriez-vous? il nia effrontément que le larcin edi été commis par lui, affirmant qu'attiré par uu bruit étrange, il avait trouvé le coffre brise et renversé à terre, et qu’il s’apprêtait à le relever lors de ma brusque apparition... que sais-je, enfin? Ltonné, sans être convaincu par son assurance , je lui disque, dans une affaire aussi grave, j’étais déterminé à ne pas céder à de simples soupçons ; mais que le tems seul, pouvant me découvrir la vérité, j’insistais sur ce qu’il demeurât à mon service , el lui déclarais que la première tentative d’évasion serait regardée, par moi, cofamc un indice du crime, et que dès-lors je serais sans pitié... Vous savez le reste.

( Vive sensation dans l'assemblée ; Broghill va se rasseoir auprès d'Amely qui, par un mouvement • involontaire, s’éloigne avec effroi.)

j A km A K, à W idy qui, plongé dans une ombre stupeur , semble n 'avoir rien entendu de tout te qui s'est passé, Qu’avez-vous a alléguer pour votre défense t

(Cette question , restée d'abord sans rrsponse, est répétée d’une voix forte et impérative; Willy »c lève alors lentement, et payant la main sur son front de l air d'un homme, qui cherche à rappeler scs souvenirs:)

v* illy • Ma défense !... quelle défense ?

Je quoi suis-je accusé ?... Pourquoi êtesvous là, vous, qui m’interrogez?... et vous tous, qui me regardez en silence, que me voulez-vous ? ( Avec explosion. ) Ah ! je m’en souviens... un vol, n’cst-ce pas? lin vol ? mais je suis innocent... j’en jure par le Dieu du ciel, qui doit me juger un jour; je suis innocent... (A Broghill ) Ditçs leur donc que je suis innocent, vous... ou bien alors, des preuves, monsieur, des preuves...

broghill, froidement. Qu’ou entre dans la chambre voisine; j’y ai fait transporter la malle, appartenant à l'accusé. ( Sur un signe de Jakman , Flot kart et quelques autres entrent dans ta chambre dont la porte est restée ouverte. Br gh II debout sur le seuil. ) Dans cette malle sont encore les objets dérobés.

WILLY, lui frappant brusquement sur l'épaule, et le forçant à se retourner de façon qu ifs se trouvent tous deux- face à face. Comment le savez-vous ?

BROGim.L, troublé par cette question inattendue; mais se remettant tout-à-coup. Pour vous avoir vu les y déposer.

willy. Quand ?

broghill. Ce matin.

willy. N’admirez-vous pas que mylord se soit trouvé là , juste an moment, où je les cachais... Mais tu mens, mylord... tu mens...

broghill , montrant F/okart qui rentre tenant à la main des bijoux et quelques valeurs eu papier. \ oyez !

(B.imeur générale. W illy demeure comme frappé de la foudre. Amély indignée va parler, Broghil! d’un regard lui impose silence.)

willy, qui s'est ranimé peu à peu , s'avançant vers Broghill , et lui présentant sa poitrine. Un coup de couteau, mylord; après ce que vous avez fait, il ne vous reste plus qu’à me tuer comme vous avez tue sir Robert Ashlon... ( Violente interruption. )

Ah ! je l’avais prévu! des cris!.... des

murmures ! ils ne le croient pas ! ils ne veulent pas le croire !... Debout, monsieur, vous m’accusiez tout à 1 heure, c’est moi qui vous accuse à présent.

broghill, avec dédain. Insensé! pensestu qu’une accusation, partie d'où tu es, puisse arriver jusqu'à moi.

willy, amècnmit. Ah ! je comprends loui maintenant; vous aviez raisou, l’abîme était creusé sous mes pas... ( avec

ragé) mais je n’y tomberai pas seul

(A/tanf vers lu table , où s* est placé Jakman.) Monsieur, je suis convaincu que vous ne voudrez pas contribuer à l'injustice atroce, dont je suis victime; je suis convaincu que

1 by Googl

vous ne voudrai pas qu’un innocent soit incarcéré et condamné, pourqu'un coupable vive en paix et en liberté... Je déclare donc que les efTcts représentés et trouvés parmi les miens y ont été furtivement glissés par lord Broghill ; je déclare de plus que lord Broghill est un meurtrier, que j’ai découvert son crime, et que c est dans la crainte d’une révélation qu’il s'est déterminé à me perdre.

broghill, s'élançant sur lui. Te tairastu ?

wtiur. Ah! vous n’étes plus calme maintenant !...

jakmah . Eli! mylord, notre indignation n’a-t-clle pas déjà fait justice de sa folie!.. Ce serait quelque chose de beau en vérité, si quand un gentilhomme dénonce un de ses domestiques pour vol..».

willy. Je ne suis pas le domestique de M. Broghill.

jakmah. Vous êtes à ses gages, et cela suffit pour que la loi repousse voire témoignage. Qu’on le saisisse...

xv n. lt. Infamie sur toi, juge prévaricateur !... j’en appelle à Dieu, ton maître et le mien. ( Etendant le bras vers Broghill , et criant à pleine voix.') Assassin ! assassin de sir Robert Ashton !

broghill. Emmenez cet homme!...

(On uiiit Willy )

jakmah. Oui, oui, qu’on l’entraîne. (A Broghill. Mylord, agréez uos respects.

willy, en passant devant Broghill. Assassin et calomniateur !...

(Tout te monde tort en tumulte. H este seul, Broghill chstieell* et tombe S la renverse, épuisé par la lutte qu’il vient de soutenir. Amély, effrayée, s’élance vers la sonnette.

Fin DU QttATHI SUS ACTS.

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