ACTE I
MATHILDE
N’ai-je pas pour récompeuse leur amour à tous deux ?
Edmond, avec passion.
Mais est-ce donc là l’unique bonheur qui vous soit réservé ?
Mathilde, sans dureté.
Monsieur Edmond, vous ai-je jamais dit qu’il ne me suffit pas?
Oh! pardon, mademoiselle, vous me rappelez à moi-méme... Hélas, il e»t trop vrai ! rien au monde ne serait digne de vous ! mathii.de, vivement.
Je n’ai pa9 dit cela !
Edmond, avec douleur.
Je le pense, moi !
MATHILDE
Et vous êtes un ingrat de le penser. Jamais, vous devriez le savoir, Mathilde de Chennevières ne regardera comme indigne d’elle ce que les siens chérissent et honorent. (Elle fait une révérence et se dirige vers la porte de droite.)
Edmond, à part.
Qu'entends-je !...
Mathilde, souriant.
Adieu, monsieur. ( Elle sort rapidement.)
sc rare x.
EDMOND seul.
AhI mademoiselle, de grâce! un mot encore!... Elle ne m’écoute plus... ai-je bien compris sa pensée! mademoiselle de Chennevières ne trouverait pas au-dessous d’elle le pauvre orphelin, le protégé de son père, Edmond Roger, l’avocat ! Est-ce possible !... cette noble et généreuse famille, pourrait devenir la mienne I Oh ! mon cœur, mon pauvre cœur ne m'abuses-tu pas ?