ACTE I
chez moi la dernière fois qu’elle est venue. ( S'apercevant du trouble d'Elise.) Mais, bon Dieu, chère amie, qu’avez-vous donc ? Vous sentiriez-vous mal ? (Elle se lève et passe à gauche.) Voulez-vous que j’appelle ?
élise, avec effort.
Non, baronne, non, ce n’est rien... un frisson qui m’a saisie tout-à-coup, rien de plus...
LA BARONNE
Etjustement, je n’ai pas mon flacon...
ÉLISE
Je me sens déjà mieux... Vous parliez de Mathilde, n’est-ce pas ?
LA BARONNE
Je ne sais plus... votre pâleur m’a effrayée. Ne soyez pas malade, au moins... j’ai besoin de vous ce soir et de votre chère famille... Pourrais-je me passer de mes meilleurs amis? sans vous, ma soirée serait à mourir I... Tenez, je vais vous laisser... Un peu de repos dissipera votre malaise. C’est sans doute une suite des émotions de ce matin...
élise, se levant.
Oui, baronne, oui... vous avez raison, le retour inattendu de mon fils m'a donné une secousse... je suis si nerveuse maintenant que le moindre événement m'agite...
LA BARONNE
Le sommeil vous remettra tout-à-fait, vous rendra votre éclat , et vous m’arriverez ce soir, charmante comme toujours !
ÉLISE
Vous me flattez, baronne, parce que vous n’avez rien à craindre. Les charmes d’Elise de Chennevières !... autant vaudrait parler de sa jeunesse et de sa galle... Allons, adieu.
LA BARONNE
Au revoir... surtout, n’arrivez pas trop tard... Ma mère attendra monsieur de Chennevières pour faire sa partie... A bientôt. (Elle sort par le fond.)