‹ L'honneur de la maison drame en 5 actesChapitre 5 sur 84 · MATHILDE, ÉLISE · texte numérisé non relu

MATHILDE, ÉLISE

élise, le journal à la main.

Demain !... Eh bien ! Mathilde, qu’as-tu donc?

mathilde, sortant de sa rêverie.

Moi, maman, rien du tout... mais c’est toi qui n’es pas gaie comme je te Voudrais...

ÉLISE

Oh ! si, va, je suis heureuse !

MATHILDE

Il y a si longtemps que nous ne l’avons vu !

ÉLISE

Deux ans, presque !

MATHILDE

Oh! que c’est bien à lui d’avoir demandé un congé!... Non... je te dis que tu as quelque chose... je le vois bien...

L’HONNEUR DE LA MAISON

ÉLISE

Encore un tong jour à attendre !

MATHILDE

Dis moi donc ce qui te chagrine, hein, mère?

Ton père n*a pas l’air d’aimer Paul.

Mathilde, à pari.

C’est vrai ! (Haut.) Qui peut te faire penser cela ?

ÉLISE

Te parle-t-il de lui quelquefois, car toi seule as le pouvoir de le tirer de sa sombre mélancolie, de le faire causer, de le rasséréner... Sans toi, ma pauvre enfant, la maison serait bien triste î

MATHILDE

Mais certainement, ma mère; il m’en parle souvent, il l’aimo autant que moi... et tu te trompes tout-à-fait... Comme tu le dis, mon père est grave presque toujours et parle peu, si ce n’est quand ma gaieté parvient à le distraire... mais sa froideur est générale et ne s'adresse pas à Paul plus qu’à nous autres, je t’assure.

ÉLISE

Ce que tu dis là me fait du bien, chère Mathilde 1 Dieu veuille que ce soit là vérité !j

MATHILDE

Mais je dis vrai, c’est bien sûr ! Que pourrait-il reprocher à mon frère? n’ est-ce pas le plus brave, le meilleur sujet qu’on puisse voir? n’est-ce pas le (Ils le plus respectueux, le plus dévoué?... Depuis son enfance, mon père ne l’a pas vu ; c'est une raison bien suftisante pour qu'il l’ait moins présent à l’esprit que nous deux qui sommes toujours là... Mais Paul n'est qu’endormi dans le cœur de mon père... et il s’y réveillera dès qu’ils s’apercevront.

ÉLISE

Ah I que tu me fais de plaisir, Mathilde !... Combien tu me rassures !... Je vais comme tous les jours passer une heure ou deux dans la chambre de mon fils. Là, je m’assieds )f (levant son portrait, et il me semble que c’est lui, que je cause avec lui... que je l’embrasse !... Ah ! tiens, je me crois folle quand je pense que demain, demain, ce vain rèvesera une réalité. Il sera là lui-même, non plus son image, non... lui... lui! (Elle sortpar lagauche.)

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