‹ L'honneur de la maison drame en 5 actesChapitre 54 sur 84 · PALL · texte numérisé non relu

PALL

Mais, qui peut te faire supposer...

ÉLISE

J’étais là, derrière celte tapisserie... j’ai tout entendu! ( Paul baisse la tête.) Tu croyais donc que j’étais allée dormir? Ah ! tu ne sais pas ce que c’est qu’une mère, va !... (Elle l'embrasse.) Dis-moi la vérité, entends-tu... il me la faut tout entière. Dis-la moi bien atroce, car je ne te croirais plus maintenant... Voyons, Paul, causons... A peine Maubreuil avait-il mis le pied dans le premier salon, lorsque le bruit de cette querelle parvint jusqu’à moi. Un pressentiment m’entratna. Ne me dis pas que je suis étrangère à cette querelle, car je ne te croirais pas, je te le répète... Ne me dis pas que mes terreurs m’égarent... Tu te tais !... Voyons, mon fils, tu ne veux pas répondre à ta mère?., je vais t’aider à tout me raconter. Monsieur de Maubreuil a dû dire... quelque chose de bien infâme sans doute... mais tu ne l’as pas cru, Paul, n’est-ce pas?... mais repète-moi donc ce qu’il a dit, malheureux!...

PAUL

Puisque vous le voulez, ma mère, puisqu'il le faut, vous saurez tout. Un lâche, un misérable vous a insultée, oui, c’est vrai... Il faut que je m’accuse, car je suis coupable aussi... Prononcées par un homme sans valeur, ces paroles auraient été, sans aucun doute, démenties par monsieur de Maubreuil luimême, si ma fureur, ma violence, n’eussent rendu impossible, sous peine de faiblesse, toute rétractation de la part de celui à qui je prétendais l’imposer...

ELISE

Ainsi, vous avez répondu par un acte d’une violence extrême à des paroles dont il vous a plu de rendre monsieur de Maubreuil responsable... Et, maintenant, loin de penser à rétracter vos fureurs, vous songez à vous battre, ce matin, à sept heures !...

PALL. v.

Mais qui te fait croire?...

L’HONNEUR DE LA MAISON

ÉLISE

Mais j’étais là, te dis-je, et je sais tout.

PAUL

Eh bien ! ma mère, si vous avez dit vrai, me ferez- vous reproche d’avoir défendu ce qu'un fils a de plus sacré en co monde, l’honneur de sa mère!...

ÉLISE

Etes-vous bien certain de l’avoir défendu, mon fils? Votre emportement a fait d’une insulte quon pouvait étouffer, un éclat retentissant...

PAUL

Étouffer cette insulte !... mais tu n’y penses pas !... c’eût été me rendre complice des misérables qui ^outrageaient ; étouffer cette insulte ... c’est à peine ce que j’aurais pu faire si j’avais douté de toi, ma mère. Et quand donc aurai-je le droit de punir une lâcheté et de châtier une insolence, si ce n’est lorsque l’insolence et la lâcheté osent flétrir ce qu’il y a de plus respectable et de plus saint? Toi, ma mère, outragée devant moi!..., toi, un ange ! toi, la fille dévouée, l’épouse sans tache, la mère adorable !...

élise, courbée sous la honte.

Oh! mon Dieu !...

PAUL

Toi, enfin, qui dois commandera tous l’estime et le respect!..

ÉLISE

Assez, mon fils, assez... u

paul, avec exaltation. **

Je te verrais souillée par un odieux mensonge, et tu voudrais que moi, ton fils, moi dont l’honneur est inséparable du tien... élise, avec angoisse.

Ah ! tais-toi, Paul, tais-toi !...

PAUL

Tu voudrais que je restasse froid et sans colère on face de l’insulteur. Non ! oh! non... malheur à qui t offense!... et monsieur de Maubreuil expiera chèrement son mensonge... car tout-à-l’heure, je m’accusais à tort... l’autre misérable ne faisait que le répéter, j’en suis sûr I...

élise.

Mais ce combat est impossible !... il est impie 1... Ce duel m’épouvante, te dis-je... tune peux te battre avec cet homme.

TAUL.

Pourquoi donc?... j’ai comme lui mon épée et mon courage: il n’â pas mon droit...

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