MATUI1.DE
Oui, c’est ce vilain journal qui nous prive du plaisir d’apprendre tout ça de loi- même. (Le regardant.) Eh bien I lu uo portes donc pas la croix ?
PAUL
J’en attends le -brevet.
MATHILDE
Dis moi donc ce qui lo chagrine, hein, mère?
ÉLISE
Ton père n’a pas l’air d’aimer Paul.
MATIIILDE, à Jtart.
C’est vrai I {Haut.) Qui peut to faire penser cela ?
ÉLISE
Te parle-t-il de lui quelquefois, car loi seule as lo pouvoir de le tirer de sa sombre mélancolie, de le faire causer, de le rasséréner... Sans toi, ma pauvre enfant, la maison serait bion triste 1 MATIIILDE.
Mais certainement, ma mère; il m’en parle souvent, il l’aime autant que moi... et lu le trompes tout-à-fait... Comme tu le dis, mon père est grave presque toujours et parle peu, si ce n’est quand ma gaieîe parvient à le distraire... mais sa froideur est générale et ne s'adresse pas à Paul plus qu’à nous autres, je l assure.
ÉLISE
Ce que tu dis la me fait du bien, chère Mathilde I Dieu veuille que ce soit la vérité I
MATIIILDE.
Mais jo dis vrai, c est bien sûr ! Que pourrait-il reprocher à mon frère? n est-ce pas le plus brave, le meilleur sujet qu’on puisse voir? n’est-ce pas le (ils le plus respectueux, le plus dévoué?... Depuis son enfance, mon pèro ne l’a pas vu; c’est une raison bien suffisante pour qu'il l’ail moins présent à l’esprit que nous deux qui sommes toujours là... Mais Paul n'est qu’endormi dans le cœur de mon père... et il s’y réveillera dès qu’ils s’apercevront.
* ÉLISE
Ah I que tu me fais de plaisir, Mathilde !... Combien lu me rassures I... Je vais comme tous les jours passer une heure ou deux dans la chambre de mon fils. Là, je m’assieds devant son portrait, et il me semble que c’est lui, que je cause avec lui... quo je l embrasse 1... Ah I liens, jo me crois folle quand je pense que demain, demain, ce vain révesera une réalité. Il sera là lui-même, non plus bon image, non... lui... lui! {Elle sort par la gauche.)