‹ L'honneur de la maison drame en cinq actesChapitre 50 sur 59 · MAUBREUIL, BEAUSÉANT · texte numérisé non relu

MAUBREUIL, BEAUSÉANT

Ah ! queie sois content, cher ami, que lu prennes celte affaire (le la sorte! Je craignais quo tu ne poussasses cela... diable J a wno bien mieux être témoin dans un déjeuner... c'est moi qui K* commanderai, n’esl-ce pas?... Tu sais quo je m’y enten s!

maubreuil, avec colere.

Malheureux I... tu n’as donc pas compris que si je parie ainsi, c’est pour rassurer cetto femme, pour quelle no s'inquiète pas vainement sur les suites inévitables... Mais quelles idées us- lu donc sur l’honneur? Comment ! une main insolcnto a osé menacer cosigne sacré... (Il montre, son ruban .) et tu ne devines p.is que la rage m’étouffe, tu ne comprends pas que c’est la une affaire de vie et do mort ?...

..... beauséant, effrayé.

Ah bah 1...

MAl'BREUL.

Parle ! qu’as-tu dit? car c’est de loi quo vient tout le mal... on t'insultait quand jo suis entré... là n’est pas la question... tu as le cœur débonnaire, apparemment... Enfin... lu peux encore en montrer en me servant do témoin, car il faut bien me contenter de loi... Qui trouver à celle heuro ?... Mais parle donc, bourreau 1 quas-tu dit? qu*as-lu dit?...

beau séant, ires ému.

Je no poux pas lo répondre, mon ami... ta m'épouvantes... maubreuil, awc une colère concentrée.

Parle à présent... jo suis calme... Tu as brisé mon bonheur, ruiné mon espérance... mais quo serviraient mes reproches? ils ne répareraient rien!... Répondras-tu enfin ? pourquoi t'incitait on ? Quelle est la calomnie qu'on voulait me forcer à démentir?...

REAVSÉANT, avec une susceptibilité comique.

Une calomnie !... Ah! Georges... lues dur avec moi ! une calomnie, dis-tu? Tu méconnais ton ami! Moi calomnier, jamais .'...jamais!... Pour qui me prends-tu ?... Jo donnais quelques renseignements à lord Derby, ce jeune étranger, qui no connaît personne a Paris... je lui’ présentais los différents individus qui sc trouvaient la, dans le salon... je lui faisais faire enfin une petite revue de la société... tu étais auprès de mademoiselle de Chcnnevières... et comme il s’étonnait de votre familiarité...

MAUBREUIL

Notre familiarité I...

beauséant, reculant.

Dame ! mon ami, ce n’est pas ta faute, on ne se voit pas soimême... vous aviez l’air très-familiers... alors je lui ai dit... J’ai eu tort, Maubreuil, je l’avoue... mais comme il me pressait de questions... je lui ai confié qu’il n’y avait là rien d’é tonnant, eu égard a votre ancienne liai- on...

MAUBREUIL

Devant son fils, malheureux f...

BEAUSÉANT

Est-ce que je pouvais savoir?

Tu devais savoir au moins qu’une confidence est sacrée, et qu il y a déloyauté a la trahir !...

BEAUSÉANT

Trahir une confidence, mon ami !... moi!... jamais !... Si tu m avais confié dans le temps los relations avec mademoiselle de NeuyiHy, (Avec exonération.) jo serais mort ! je serais mort plutôt que d en rien dire... Mais voilà comment je Tai su. io m en souviens comme si c’était hier... quoiqu’il y ait de ça tout a ! heure vingt-deux ans !... Un jour, je le dis : Maubreuil . tu me semblés assez bien avec mademoiselle de Neuvillv — \h I peux-tu Penser, me réponds-tu... (Tu étais quelquefois boutonne !...) Voyons, Maubreuil, entre nous deux. . tu es son

amant, hein, avoue f... — Non I — Je parie que si F... Je p»

dis quo non I — Donne ta parole d’honneur. — Et tu me juras sur la parole que cela n’était pas ; je te crus... A quinze jours de a , je te rencontre et je le dis : Ah ! pour le coup, mon Georocs tn ne nieras plus celle fois... lu es son amant, avoue-le 1 — Mais non F — Jo parie que si ! — Jo te dis que non ! - Donne ta parole d honneur I — Et pendant un quart d’heure, tu t’exténuas a me prouver quo je no savais ce que je disais... mais tu ne me donnas plus ta parole d'honneur... c'était clair., eile était la maîtresse... Mais lu ne me l'avais pas dit... lu ne me I avais pas confié... J’avais deviné ce secret, ce secret m'appartenait... Kh bien regarde, mon ami, quelfe a été ma conduitel tendant v ingt-deux ans, je n’en ai souillé le mot à âme qui vi- ÏP !:•• . «St vrai q ue (’ a m’était complètement sorti de la tétel Moi! médisant, grands dieux !... Et ce qu’il y a d'agaçant, c’est que tout le monde lo dit ! jo suis toujours fourré dans un tas de cancans, c est vrai... mais est-co ma faute, à moi ? Je no vais pas es chercher... ils viennent à ma rencontre... cl l'on ino ci oit bjtvard I... Ah I lo monde est bien injuste!...

MAUBREUIL

Quoi ' tu trouves une excuse à ta conduito !

J. HOJiNKI It DU |.A MAISON.

BFAlStANT.

Que vcux-tu, mon ami... il ne faut pas m’en vouloir... Est-ce mu faute ?j*ui la bouche facile, voilà tout I...

Allons... assez I le rendez-vous est pour sept heures... il en est six... Tu laisseras le témoin de monsieur de Chennevièrcs régler toutes les conditions du combat...

Quoi ! tu veux...

béai. séant.

MAUBREUIL

Oui, je le veux... ne parlons plus de cela.

BEAI séant, à part.

Quel vilain caractère !... comme l’age voU9 change les hommes!...

un domestique, entrant.

Monsieur de Chcnnevières.

MAUBREUIL

Déjà!... il n’est que six heures... il est impatient... faites entrer...

sçènz IV.

MAl'BREUL, BEAÜSÊAKT, MAURICE.

maubreuil, arec surprise, à part.

Le père !...

BEAl'SÉANT, bas .

Comment se fait-il î...

MAUBREUIL

Ce n’est pas vous que j'attendais, monsieur...

MAURICE

Je le conçois... j'ai devancé l’heure du rendez-vous pour que votre adversaire ignorât ma démarche...

MAUEREUIL.

Ah ! oui, je comprends ! vous venez mo demander la vie de votre fils, m’ofTnr peut-être de vous battre à sa place! Epargnez-vous, monsieur, des prières inutiles... J’ai revu, vous le savez, une mortelle offense... Oh I je comprends et je déplore tout ce que votro situation a d’affreux ! Jugez si la mienne est pénible, puisque je suis forcé do repousser votre demande, do nâvrer le cœur d’un homme que j’estime, de vous déclarer enfin que votre démarche est vaine... Je lie puis consentir a changer d’adversaire... Je ne puis me battre avec un vieillard, quand c’est un joune homme qui m’a insulté.

MAURICE

Vous vous méprenez complètement, monsieur, sur le motif qui m’amène chez vous.

Comment I...

MAURICE

Tai besoin, pour vous le faire connaître, de rester seul avec vous... Veuillez donc, je vous prie, (aire sortir monsieur, et je vous donnerai après l’explication de ma conduite.

bkaésùam, à part.

Faire sortir I...

maibrecil, à Beauséant Laisse-nous un instant...

BEAI SÉANT.

Quoi î ta veux...

MUAI) RECIl..

Guette l’arrivée du fils, et viens m’en avertir...

re au séant, bas.

Tu veux que jo to laisse seul avec...

MiUBJICOIL.

Retire-toi, te dis-je... je le veux !...

BRAUSÉAXT.

Imprudent!... Jo m’en vais. (A part.) Faire sortir! (Il sort.— Maubreuil ferme la porte et r (désuni près de J/au i ice.j

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