CODE ADMINISTRATIF DES HOPITAUX CIVILS
Dispositions communes aux hôpitaux Beaujon^ Saint-Antoine
et Cochin.
— Aucun individu ne pourra être gardé plus de dix jours dans les salles de convalescents de rhôpital. (Conseil général, 7 mars 1802, art. iv).
— Il n’est accordé ni aux malades, ni aux blessés de l’hôpital aucune permission de sortir; cette permission est accordée aux convalescents, dans les trois derniers jours de la convalescence; elle est donnée par l’officier de santé, visée par l’agent de surveillance. (îd., art. v).
— Il est défendu d’apporter de dehors aux malades de l’hôpital aucun aliment ou boisson. (Id., art. vi).
— Tout malade ou convalescent hors de son lit doit être revêtu de la robe de l’hôpital; il ne peut la quitter dans quelque lieu de la maison que ce soit; l’agent doit faire sortir de l’hôpital tout individu qu’il rencontrera dans les salles ou ailleurs non revêtu delà robe de la maison. (Id., art. vu).
— L’agent est personnellement responsable de la dépense qu’occasionneraient les personnes qui, ne devant pas être dans la maison, y logeraient ou y seraient nourries. (Id., art. viii).
— Les malades convalescents blessés ne se promèneront point dans la cour, mais dans les parties du jardin qui leur seront destinées. (Id., art. ix).
— L’agent de surveillance prendra les mesures nécessaires pour qu’on ne puisse pas communiquer des parties destinées au promenoir dans le surplus du jardin, et pour qu’il n’y ait aucune communication de l’hôpital avec le dehors. (Id., art. x).
— Aucun linge ne pourra être séché dans les parties du jardin qui servent de promenoir aux malades; il sera établi un séchoir dans la partie du jardin qui est près de la salle des morts. (Spécial à Beaujon. Id., art. xi).
— A dix heures du soir, la porte extérieure de l’hôpital est fermée et les clefs sont portées à l’agent. (Id., art. xii).
— L’hôpital sera ouvert au public tous les jours, mais seulement depuis deux heures jusqu’à quatre; on pourra converser avec les malades, soit dans les salles, soit dans les promenoirs; mais aucune femme n’entrera dans le promenoir des hommes, et aucun homme n’entrera dans le promenoir des femmes. (Id., art. xiii).
— II n’est fait, soit dans les salles des malades, soit dans celle des convalescents, aucun travail qui gêne les autres malades ou qui cause de la malpropreté, comme les épluchages de graines, herbes, etc. Ces travaux peuvent se faire dans les chauffoirs communs. (Id., art. xv).
— Les convalescents doivent passer au moins deux heures
de la journée, soit dans les chauffoirs communs, soit dans le promenoir, afin d’aérer leurs salles pendant ce temps. (Id., art. xvi).
— Les infirmières ou filles de service mangent ensemble au réfectoire. (Id., art. xviii).
— Pendant les repas une des infirmières ou filles de service reste dans les salles des hommes, qu’elle parcourt successivement; une autre reste dans les salles des femmes et les parcourt également. (Id., art. xix).
— Les personnes qui mangent au réfectoire, filles de service et convalescents, ne peuvent rien emporter du réfectoire.*(Id., art. xxi).
— Les infirmières auront soin d’entretenir la plus grande propreté dans leurs chambres et dans le corridor qui leur est destiné; il leur est défendu de jeter par leurs fenêtres, ainsi que par celles des salles, aucune espèce d’ordure et même de l’eau, à peine de privation de vin pendant le temps que l’agent de surveillance jugera convenable. (Conseil général, 14 avril 1802, art. xxiii).
— Tous les lits des femmes malades, blessées, convalescentes, sont garnis de rideaux. (Id., art. xxiv).
— Il y aura pour supplément de fournitures dans l’hospice 10 matelas, 10 oreillers, 10 couvertures blanches, 10 robes. (Id., art. xxv).
— Il y aura près de la porte d’entrée une salle destinée : 1“ à recevoir les indigents qui se présentent pour recevoir la consultation gratuite des officiers de santé : ils sont admis chaque jour de sept à huit heures du matin; 2“ à recevoir les personnes qui seraient surprises dans la rue d^un accident subit : elles sont déposées dans cette salle; l’agent de
surveillance prend les renseignements possibles sur leur état civil; l’officier de santé leur administre les premiers secours qu’exige leur état physique ; elles sont transportées, aussitôt après, dans leur domicile, ou à l’un des hospices auquel elles doivent être reçues; il y a pour cet effet, à l’hospice, deux brancards toujours en état de service (7 mars 1802, art. 22).
— 11 sera payé entre les niains des Sœurs supérieures des hôpitaux Beaujon, Saint-Antoine, Cochin, une somme de 70 francs pour chaque novice, comprise dans les états d’appointements, ce qui portera leur traitement à 170 francs au lieu de 100 francs. '
Le payement sera porté sur les états d’appointements, comme cela a lieu pour les autres établissements de l’administration (Conseil général 22 juillet 1818).
RAPPORT AÜ CONSEIL GÉNÉRAL DES HOSPICES (1816). Hôpital Beaujon
L’auteur résume la fondation. « L’intention du fondateur cessa bientôt d’être respectée. L’hospice d’orphelins devint un hospice de malades. »
Décret de la Convention, 17 janvier 1795. — Nom de Beaujon rendu plus tard.
Ltat des bâtiments.
« Résumé du rapport de 1803.
« Les dépenses occasionnées par l’entretien annuel des bâtiments depuis 1804 ont été considérables...
« Presque toutes les salles sont entre la cour et le jardin. Plusieurs sont exposées au midi et le courant d’air est généralement favorisé par de doubles croisées... »
Aménagement. Voir le rapport de 1803 qui est résumé ici : « En général on peut dire que cet hôpital est un de ceux où. le service est le plus commode et le plus facile. C’est en même temps un des mieux aérés...
« On assure que la construction de cet hôpital avait coûté 1,500,000 francs à son fondateur, sans y comprendre l’achat du terrain sur lequel il a été construit.
« Il y a maintenant 140 lits à l’hôpital Beaujon.
i( Une femme avait la surveillance générale de la maison en 1803. Elle a continué de l’exercer jusqu’au mois d’août 1813, que l’ancien économe de l’hôpital Saint- Antoine y a été appelé. » — « Le service de la santé se compose d’un médecin, d’un chirurgien, d’un pharmacien et de deux élèves internes. » En dehors de celui-ci, 21 personnes font le service de l’hôpital.
Ue 1803-13, proportion générale de la mortalité, 1 sur 5 1/2.
Du LAURE. — Hisloit'e de Paris, t. V.
Hospice Beaujon, situé rue du faubourg du Roule, n" 54. L’opulent fondateur de la chapelle dont je viens de parler
fît, quelques années après, en 1784, bâtir par le même architecte, le sieur Girardin, un hospice destiné à recevoir 24 orphelins des deux sexes. Il donna 20,000 livres de rente pour leur entretien. Dans la suite, cet hospice eut une autre destination et devint un hôpital pour les malades.
Ce bâtiment a 16 toises de face sur 24 de profondeur; sa hauteur se compose d’un rez-de-chaussée, de deux étages au-dessus et d’un troisième dans le comble. 11 contient 100 lits pour les malades des deux sexes. La construction de cet édifice fait honneur aux talents du sieur Girardin. Dans la suite je produirai sur cet hospice les notions administratives qui le concernent.
Dülaure. — Histoire de Paris, t. VI.
Hôpital Beaujon, situé... fut fondé... etc., pour 24 orphelins... « En outre six places ont été destinées aux enfants qui annonçaient d’heureuses dispositions pour le dessin. Le sieur Girardin a fourni les dessins de cet édifice qui porta d’abord le nom d’ « Hospice Beaujon ». Le 17 janvier 1795, un décret de la Convention changea le nom et la destination de cette m.aison. Elle fut nommée «Hôpital du Roule » et, au lieu d’être un hospice pour les orphelins, elle devint un hôpital pour les malades. Le Conseil général des hospices lui a restitué son premier nom, mais non sa destination primitive.
« Depuis 1813 cet hôpital est desservi par les Sœurs de Sainte-Marthe; il est pourvu de 140 lits, 30 pour les blessés des deux sexes et 110 pour les autres malades.
« Sur 2,511 morts pendant dix ans, on compte 1,356 hommes et 1155 femmes. La proportion générale de la mortalité pendant ce nombre d'années, comparée aux malades, donne à peu près 1 sur 5 1/2. »